20.1 Le calife et le jihad
20.1 The Khalifah And Jihad
Le jihad est une obligation absolue, et il n'est restreint ni conditionné par quoi que ce soit. Le verset (Ayah) le concernant est absolu :
Jihad is an absolute obligation, and it is not restricted or conditional upon anything. The ayah concerning it is absolute:
« Le combat vous est prescrit » [TMQ 2:216].
“Fighting is prescribed upon you” [TMQ 2:216].
La présence du calife n'interfère pas avec l'obligation du jihad ; au contraire, le jihad est obligatoire qu'il y ait un calife ou non. Cependant, lorsqu'il y a un calife dont le califat a été contracté légalement et qui ne l'a pas délaissé pour quelque raison que ce soit, la question du jihad est déléguée au calife et à son effort d’interprétation (Ijtihad) tant qu'il est le calife, même s'il est pervers, tant qu'il demeure au quartier général du califat. Les citoyens sont obligés d'obéir à son avis à ce sujet, même s'il devait commander à l'un d'entre eux de combattre aux côtés d'un émir pervers, en raison de ce qu'a rapporté Abu Dawud avec sa chaîne de transmission d'après Abu Hurairah (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ :
The presence of the Khalifah has no interference upon the obligation of jihad; rather jihad is obligatory whether there is a Khalifah or not. However, when there is a Khalifah whose Khilafah has been contracted legally and who has not left it for any reason, the matter of jihad is delegated to the Khalifah and his ijtihad as long as he is the Khalifah even if he was wicked as long as he remains in the headquarters of the Khilafah. The citizens are obliged to obey his opinion over this even if he were to command any one of them to fight together with a wicked Amir due to what Abu Dawud narrated with his chain from Abu Hurairah (ra): The Messenger of Allah (saw):
« Le jihad est obligatoire pour vous avec chaque émir, qu'il soit vertueux ou pervers. »
“Jihad is obligatory upon you together with every Amir, whether he is righteous or wicked.”
Il est obligatoire pour le calife des musulmans de déployer ses efforts à tout moment pour sortir personnellement ou envoyer des armées ou des expéditions musulmanes, puis de se confier en la belle promesse d'Allah (SWT) de le soutenir dans la parole d'Allah :
It is obliged upon the Muslims’ Khalifah to expend his effort at every time to go out personally or send Muslim armies or expeditions, then be confident in the beautiful promise of Allah (swt) to support him in Allah’s statement:
« Ô vous qui croyez ! Si vous soutenez Allah, Il vous soutiendra » [TMQ 47:7].
“O you who believe, if you support Allah then He will support you” [TMQ 47:7].
Il est obligé de commencer à organiser l'armée aux extrémités du pays afin d'être suffisant contre ceux qu'ils affrontent parmi les mécréants. Il n'est pas permis au calife de laisser une quelconque frontière vide de tout groupe de musulmans suffisants pour combattre l'ennemi ; au contraire, il est obligatoire que toutes les frontières soient occupées par l'armée islamique à tout moment. Il est obligé d'établir tout ce qui défendra les musulmans et la terre des musulmans contre le mal de l'ennemi, tels que des forteresses, des tranchées ou toute autre chose, et il est obligé de préparer tout ce qu'il peut de tous les types de force pour protéger l'État islamique et la terre islamique contre les mécréants et leurs complots.
He is obliged to begin organizing the army in the country’s extremities so as to be sufficient against those who they are facing from the disbelievers. It is not allowed for the Khalifah to leave any frontier empty of a group of Muslims who are sufficient to fight the enemy; rather it is obligatory that all frontiers be packed with the Islamic army at all times. It is obliged that he establishes all that will defend the Muslims and the Muslims’ land from the enemy’s harm such as fortresses, trenches or anything, and it is obliged that he prepares what he can of all types of strength to protect the Islamic State and Islamic land from the disbelievers and their conspiracies.
Il est obligatoire que le calife supervise personnellement la direction pratique de l'armée dans sa politique militaire et son administration. Lorsqu'il y nomme un chef doté d'une expertise militaire, il ne le place que comme son représentant, puisque le calife n'est pas seulement le commandant de l'armée d'Allah, mais plutôt son chef pratique. Le Messager ﷺ supervisait lui-même la direction de l'armée, et lorsqu'il envoyait des expéditions, il le faisait en sa qualité de chef d'armée. Umar (qu'Allah l'agrée) envoyait des informations détaillées à ses chefs en Perse et au Sham, ce qui indique que le calife est le chef pratique de l'armée. Son obéissance est obligatoire pour chaque individu dans l'armée, qu'il soit soldat ou chef, tout comme elle est obligatoire pour chaque citoyen. Muslim a rapporté, par une chaîne de transmission d'Abu Hurairah (qu'Allah l'agrée), que le Prophète ﷺ a dit :
It is obliged that the Khalifah personally supervises the practical leadership of the army in its military policy and administration. When he places upon it a leader with military expertise he only places him as his representative, since the Khalifah is not only Allah commander of the army but rather its practical leader. The Messenger (saw) supervised the army leadership himself, and when he would send expeditions would do so in his capacity as an army leader. Umar (ra) would send detailed information to his leaders in Persia and Sham which indicates that the Khalifah is the army’s leader practically. His obedience is obligatory upon every individual in the army whether he is a soldier or leader, just the same as it is obligatory upon every individual citizen. Muslim has narrated from a chain of Abu Hurairah (ra) that the Prophet (saw) said:
« Celui qui m'obéit obéit à Allah, et celui qui me désobéit désobéit à Allah. Celui qui obéit au chef m'obéit, et celui qui désobéit au chef me désobéit. L'imam est comme un abri dont les musulmans doivent défendre la sécurité et où ils doivent chercher protection. »
“He who obeys me, obeys Allah, and he who disobeys me, disobeys Allah. He who obeys the chief, obeys me, and he who disobeys the chief, disobeys me. The Imam is like a shelter for whose safety the Muslims should fight and where they should seek protection.”
Le sens de l'imam étant un bouclier est qu'il est un bouclier parce qu'il empêche l'ennemi de nuire aux musulmans. Cependant, le calife ne doit pas donner un ordre décisif qui n'aurait d'effet que dans la capacité des gens ; s'il sait qu'ils ne seront pas capables de l'accomplir, il ne leur ordonne pas strictement de le faire. Il ne doit pas non plus conduire les musulmans au suicide, ni leur ordonner quelque chose dont il craint la trahison de leur part.
The meaning of the Imam being a shield is (that he) is a shield because he prevents the enemy from harming Muslims. However the Khalifah should not command a decisive command that has no effect except within the people’s capability; if he knows that they will not be able to perform he does not command them with it strictly. Nor should he carry the Muslims to suicide, nor command them with something for which he fears betrayal from them.
C'est lorsqu'il y a un calife ; si le calife est absent, le jihad n'est en aucun cas retardé puisque son utilité disparaît avec son retard. Si le calife envoie une armée et nomme sur elle un émir qui est tué ou qui meurt, il incombe alors à l'armée d'en nommer un parmi eux, comme l'ont fait les compagnons (Sahabah) du Prophète ﷺ dans l'armée de Mu’tah, ce sur quoi le Messager ﷺ a consenti. Si l'armée a un émir, aucun membre de l'armée ne peut quitter le camp pour quelque motif que ce soit sans la permission de l'émir. Et s'il ordonne de faire quelque chose ou de délaisser quelque chose, son obéissance est obligatoire et il est interdit de le contredire en raison de la parole d'Allah :
This is when there is a Khalifah; if the Khalifah is absent, jihad is not delayed in any way whatsoever since its benefit disappears with its delay. If the Khalifah sends an army and commands over them an Amir who is killed or dies, then it is upon the army to appoint one of them as did the Prophet’s Sahabah in the army of Mu’tah upon which the Messenger (saw) consented. If the army has an Amir, none of the army can leave the camp for any purpose except with the Amir’s permission. And if he commands the doing of something or the leaving of something, his obedience is obligatory and it is forbidden to contradict him due to Allah’s statement:
« Les croyants ne sont que ceux qui croient en Allah et en Son Messager ﷺ, et lorsqu'ils sont avec lui pour une affaire collective, ils ne partent pas avant d'avoir sollicité sa permission » [TMQ 24:62].
“The believers are only those who believe in Allah and His Messenger, and when they are with him in a collective matter do not go until they seek his permission” [TMQ 24:62].
Ce qui s'applique ici au Prophète ﷺ s'applique au calife, et l'émir est mesuré par analogie au calife et (également) en raison de sa parole ﷺ :
What applies here to the Prophet applies to the Khalifah, and the Amir is measured by analogy upon the Khalifah and (also) due to his (saw) statement:
« Quiconque obéit à l'émir m'a certes obéi, et quiconque désobéit à l'émir m'a certes désobéi. »
“Whoever obeys the Amir has verily obeyed me, and whoever disobeys the Amir has verily disobeyed me.”