21.2 L'espionnage
21.2 Spying
L'espionnage consiste à rechercher des informations. Il est dit dans la langue : « il a espionné la nouvelle et l'espionner (est) faire des recherches à son sujet », et c'est de là que vient le terme d'espion. Si l'homme recherche des informations, alors il les a espionnées et il est un espion, qu'il recherche des informations publiques ou cachées. Il n'est pas une condition de la recherche d'informations qu'elle soit cachée, c'est-à-dire secrète, pour qu'il s'agisse d'espionnage ; au contraire, l'espionnage est la recherche de nouvelles, qu'elles soient secrètes ou publiques, c'est-à-dire secrètes et non secrètes. En revanche, s'il voit des choses naturellement sans recherche et sans que son action ne soit une recherche de nouvelles, ou une collecte d'informations pour les publier, ou s'il ne s'intéresse pas aux nouvelles, tout cela n'est pas de l'espionnage tant qu'il ne s'agit pas de rechercher des nouvelles et que la recherche de nouvelles ne fait pas partie de ses actions. Même s'il suit les nouvelles dans ces situations, ce n'est pas de l'espionnage car la recherche d'informations qui constitue l'espionnage n'a lieu que lorsque le suivi et l'examen de celles-ci ont pour objectif de les analyser. Quant à celui qui suit les informations pour les collecter, il ne les examine pas dans le but de les analyser, mais il les collecte pour les publier auprès des gens. En conséquence, on ne dit pas de celui qui suit les nouvelles et les collecte, comme les correspondants de journaux et d'agences de presse, qu'ils sont des espions, sauf si leur travail est l'espionnage et qu'ils utilisent la correspondance de journaux et d'agences comme un outil. Dans cette situation, il est un espion non pas parce qu'il est un correspondant qui suit les nouvelles, mais plutôt parce que son travail est l'espionnage et qu'il utilise la correspondance comme un outil de couverture, comme c'est le cas pour de nombreux correspondants et particulièrement parmi les mécréants belliqueux d'entre eux. Quant aux officiers des départements d'investigation, du bureau d'investigation et leurs semblables qui recherchent des nouvelles, ils sont des espions car leur travail est l'espionnage.
Spying is investigating information. It is said in the language “spied the news and spying it (is) investigating regarding it” and from it is the spy. If the man investigates information then he has spied it and he is a spy, whether he investigates open or hidden information. It is not a condition in investigating information that it be hidden i.e. secret so that it is spying; rather spying is investigating news whether secret or open i.e. secret and non-secret. Whereas if he sees things naturally without investigation and without his action being investigation of news, or collection of information to publish it or is concerned with news, all this is not spying as long at it is not investigating news and investigating news is not part of his actions. Even if he follows news in these situations, it is not spying because investigating of information which is spying is only where following and scrutinising it is for the objective of examining it. As for the one who follows information to collect it, he does not scrutinize it for the objective of examining it but rather he collects it to publish it to the people. Accordingly it is not said about the one who follows news and collects it like the correspondents of gazettes and news agencies that they are spies, except if their work is spying and they take the correspondence of gazettes and agencies as a tool. In this situation he is a spy not because of his being a correspondent who is following the news but rather because his work is spying and he takes correspondence as a tool for cover as is the situation with many correspondents and particularly the belligerent disbelievers among them. As for the officers of investigative departments and the investigative office and their like who investigate news, they are spies because their work is spying.
Voici la réalité de l'espionnage et la réalité de l'espion. Quant à la règle de l'espionnage, elle diffère selon les personnes espionnées. S'il s'agit d'espionner des musulmans ou des protégés non musulmans (Dhimmi) qui sont des citoyens comme les musulmans, alors c'est illicite (Haram) et non autorisé. S'il s'agit d'espionner des mécréants belliqueux, qu'ils soient belliqueux dans les faits ou par règle, cela est autorisé pour les musulmans et obligatoire pour le calife. Quant au fait que l'espionnage des musulmans et des citoyens de l'État islamique soit illicite (Haram), cela est établi explicitement par le Coran. Allah (SWT) a dit :
This is the reality of spying and the reality of the spy. As for the rule of spying, it differs according to those spied upon. If it is spying upon Muslims or dhimmis who are citizens like Muslims, then it is haram and not allowed. If it is spying upon belligerent disbelievers, whether they are belligerent in actual fact or by rule, this is allowed for Muslims and obligatory upon the Khalifah. As for spying upon Muslims and citizens of the Islamic State being haram, this is established by the Qur’an explicitly. Allah (swt) said:
« Ô vous qui croyez, évitez une grande partie des suspicions (dhann), car certaines suspicions sont un péché et n'espionnez pas » [TMQ 49:12]
“O you who believe avoid much suspicion (dhann) as some suspicion is sin and do not spy” [TMQ 49:12]
Ainsi, Allah a interdit l'espionnage dans le verset (Ayah). Cette interdiction est générale et couvre tout acte d'espionnage, que ce soit pour soi-même ou pour autrui, que ce soit pour l'État, des individus ou des groupes, et que celui qui l'exerce, c'est-à-dire l'espion, soit le dirigeant ou le dirigé. Le propos est général et couvre tout ce qui peut être qualifié d'espionnage.
So Allah prohibited spying in the ayah. This prohibition is general covering all spying whether it is spying for himself or anyone, whether it is for the State or individuals or groups, and whether the one performing it i.e. the spying is the ruler or the ruled. The speech is general covering everything applying upon it that it is spying.
Une question se pose ici : est-il permis pour le musulman de travailler comme officier dans un département d'enquête, un département d'investigation ou d'autres départements dont le travail, ou une partie de celui-ci, consiste à espionner ? La réponse dépend de la situation. S'il s'agit d'un bureau pour espionner les musulmans ou les protégés non musulmans (Dhimmi) qui sont des citoyens comme les musulmans, alors c'est illicite (Haram) par le texte coranique explicite. C'est interdit pour le protégé non musulman (Dhimmi) comme cela est interdit pour le musulman, car le protégé non musulman (Dhimmi) dans le territoire de l’islam (Dar al-Islam) est tenu d'appliquer les règles islamiques sur lui-même, sauf ce qui concerne les croyances et les actes d'adoration, et cela n'en fait pas partie. Si le bureau consiste à espionner des mécréants belliqueux qui entrent sur nos terres parmi ceux à qui la sécurité a été accordée ou ceux qui sont sous pacte, alors c'est permis, car il est permis d'espionner les mécréants belliqueux, qu'ils soient belliqueux en pratique ou par la règle, et qu'ils soient dans leurs terres ou les nôtres. En conséquence, l'existence de départements d'enquête ou d'investigation et autres n'est pas illicite (Haram) mais obligatoire, et ce qui est interdit (Haram) en eux est l'espionnage des musulmans ou des protégés non musulmans (Dhimmi) qui sont des citoyens des musulmans. Il n'est pas permis à l'État d'avoir un département pour espionner les musulmans et le reste des citoyens ; au contraire, cela leur est interdit. On ne peut pas non plus dire que l'intérêt de l'État nécessite de connaître les informations des citoyens afin de démasquer les complots et de mener aux criminels, car l'État peut savoir cela via la méthode de la police et de la patrouille nocturne et non via la méthode de l'espionnage. Ce n'est pas parce que la raison perçoit un bénéfice ou non dans une chose que cela constitue une raison d'interdiction ou de permission ; seul ce que la Charia considère comme un bénéfice est un bénéfice. Lorsque les versets (Ayah) coraniques viennent interdire explicitement quelque chose, il ne reste aucune place à la discussion pour savoir s'il y a un bénéfice en cela afin de le justifier par la raison pour le rendre licite (Halal), car cela n'a aucune valeur face au texte coranique explicite. Le Coran dit : « Ne soyez pas des espions », ce qui signifie l'interdiction de l'espionnage, et il n'y a aucun moyen de le comprendre autrement que ce que le verset (Ayah) indique et le sens clair de ses mots. Aucune preuve n'est venue pour spécifier la généralité de ce verset (Ayah) ou pour en exclure quoi que ce soit, il demeure donc dans sa généralité couvrant tout espionnage, de sorte que tout espionnage sur les citoyens est illicite (Haram).
« Lorsque vous consulterez ce livre de ma part, continuez jusqu'à ce que vous descendiez à Nakhlah, entre Makkah et Taif. Tenez-vous en embuscade pour Quraysh et rapportez-nous leurs nouvelles. »
“When you look into this book of mine, go until you descend upon Nakhlah between Makkah and Taif. Lie in wait for Quraysh and find out their news for us.”
Dans ce livre, le Messager ﷺ ordonna à Abdullah bin Jahsh de faire de l'espionnage pour lui sur les Quraysh et de l'informer de leurs nouvelles. Cependant, il laissa le choix à ses compagnons de voyager ou non ; quant à lui (Abdullah), l'exécution de l'opération lui était obligatoire. Ainsi, le Messager ﷺ avait demandé à tous de pratiquer l'espionnage mais avait rendu cela obligatoire pour Abdullah et laissé le choix aux autres. C'est une preuve que la demande concernant le chef d'un groupe est une demande décisive, tandis qu'en ce qui concerne les autres avec lui, c'est une demande non décisive. C'est également une preuve que l'espionnage par les musulmans sur l'ennemi est autorisé. L'espionnage sur l'ennemi fait partie des choses dont l'armée islamique ne peut se passer. Il n'est pas possible d'accomplir la formation d'une armée pour la guerre sans qu'il n'y ait des espions pour elle sur l'ennemi, ainsi la présence de l'espionnage dans l'armée devient obligatoire pour l'État du point de vue (min bab) de
In this book the Messenger (saw) command Abdullah bin Jahsh to spy for him upon Quraysh and to inform him of their news. However he gave a choice to his companions whether to travel or not; as for him (Abdullah), it was obliged upon him to execute the operation. So the Messenger had requested all to perform spying but obliged Abdullah and gave a choice to the rest. This is evidence that the request in relation to the leader of a group is a decisive request, and in relation to the rest together with him it is an indecisive request. It is also evidence that spying by Muslims upon the enemy is allowed. Spying upon the enemy is from the matters which the Islamic army cannot do without. It is not possible to accomplish the formation of an army for war without there being spies for it upon the enemy, so the presence of spying in the army becomes obligatory upon the State from the category (min bab) of
« Ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie est obligatoire. »
“That without which an obligation cannot be fulfilled is obligatory.”
Ceci est la règle concernant l'espionnage en ce qui concerne le fait qu'il soit illicite (Haram), permis ou obligatoire. Quant à la règle concernant la punition de l'espion qui espionne pour le compte des mécréants belliqueux, celle-ci diffère selon la citoyenneté de l'espion et sa religion (Deen). Quant au mécréant belliqueux lorsqu'il est un espion, sa règle est la mort, en un mot décisif, et il n'y a pas d'autre règle pour lui que celle-là. Il est tué simplement par le fait de savoir qu'il est un espion, c'est-à-dire par la simple preuve qu'il est un espion. Cela est dû à ce qu'Al-Bukhari a rapporté de Salamah bin Al-Akwa’ qui a dit :
This is the rule of spying in relation to it being haram or allowed or obligatory. As for the rule on punishing the spy who spies for the belligerent disbelievers, this differs in relation to the citizenship of the spy and his deen. As for the belligerent disbeliever when he is a spy, his rule is killing as one decisive word and there is no rule for him other than that. He is killed merely upon knowing he is a spy i.e. upon mere proving that he is a spy. This is due to what Al-Bukhari narrated from Salamah bin Al-Akwa’ who said:
« Un espion des polythéistes vint au Prophète ﷺ alors qu'il était en voyage. Il s'assit avec ses compagnons (Sahabah) en discutant, puis il s'est précipité. Le Prophète ﷺ dit : "Cherchez-le et tuez-le." Je les ai précédés pour le trouver et je l'ai tué, alors il m'a fait don de son butin. »
“There came to the Prophet (saw) a spy of the polytheists while he was travelling. He sat with his (saw) Sahabah discussing then he hastened. The Prophet (saw) said: Seek him and kill him. I preceded them to him and killed him, so he gifted me his booty.”
Et dans Muslim, il a été rapporté d'après Ikrimah avec les paroles :
And in Muslim it has been narrated from Ikrimah with the words:
« Il prit une lanière de cuir de son ventre et attacha le chameau avec, puis il commença à manger avec les gens et à regarder (autour de lui avec curiosité). Nous étions dans un état de pauvreté car certains d'entre nous étaient à pied (n'ayant aucun animal de monture). Tout à coup, il nous quitta précipitamment. »
“He took a strip of leather from its girth and tethered the camel with it and then he began to take food with the people and look (curiously around). We were in a poor condition as some of us were on foot (being without any riding animals). All of a sudden, he left us hurriedy”
Et dans la narration d'Abu Nu’aym dans Al-Mustakhraj par l'intermédiaire de Yahya bin Al-Hamani d'après Abu Al-‘Umays
And in the narration of Abu Nu’aym in Al-Mustakhraj via the way of Yahya bin Al-Hamani from Abu Al-‘Umays
« Rattrapez-le, car c'est un espion. »
“Overtake him for he is a spy.”
Il est explicite sur le fait que le Messager ﷺ, sur la seule base du fait qu'il a été présenté devant lui comme étant un espion, a dit
The is explicit in that the Messenger (saw) on the basis of merely being established before him that he is a spy said
« Trouvez-le et tuez-le »
“Find him and kill him”
Ceci est une connotation indiquant que la demande est une demande décisive. Ainsi, sa règle devient le fait de tuer en tant que mot décisif unique, et elle est générale pour tous les mécréants belliqueux, qu'il soit sous un pacte, sous un engagement de sécurité ou autre qu'un mu’ahid ou un musta’man. Tous sont des mécréants belliqueux dont la règle est d'être tués s'ils sont des espions.
This is a connotation that the request is a decisive request. So its rule becomes killing as one decisive word and it is general for all belligerent disbelievers whether he is under a covenant or with a pledge of security or other than a mu’ahid or musta’man. All are belligerent disbelievers whose rule is to be killed if they are spies.
Quant aux mécréants protégés non musulmans (Dhimmi), lorsqu'il agit comme espion, le cas est examiné. S'il a été stipulé comme condition lors de son entrée sous la protection de la dhimma qu'il ne doit pas espionner et que, s'il espionne, il sera tué, alors la condition est appliquée. Ainsi, s'il devient un espion, il est tué conformément à la condition. Cependant, si cela n'a pas été stipulé comme condition à son égard, il est alors permis au calife de faire de la mort sa punition, de sorte qu'il soit tué s'il devient un espion, d'après ce qu'Ahmad a rapporté de Furrat bin Hayyan.
As for the dhimmi disbelievers when he is a spy, then it is looked into. If it was made a condition when he entered into the dhimma that he should not spy and if he spied he will be killed, then the condition is acted upon. So if he became a spy, he is killed according to the condition. However, if that is not made a condition upon him then it is allowed for the Khalifah to make killing as his punishment so he is killed if he becomes a spy due to what Ahmad narrated from Furrat bin Hayyan

« Que le Prophète ﷺ a ordonné son exécution alors qu'il était un protégé non musulman (Dhimmi). Il était un espion pour Abu Sufyan et un allié. Il passa donc devant un cercle des auxiliaires (Ansar) et dit : "Je suis musulman." Ils dirent : "Il prétend être musulman", alors le Messager d'Allah ﷺ dit : "Il y a parmi vous des hommes dont nous acceptons la foi. Parmi eux se trouve Furrat bin Hayyan." »
“That the Prophet (saw) commanded his killing and he was a dhimmi. He was a spy for Abu Sufyan and an ally. So he passed by a circle of the Ansar and said: ‘I am a Muslim.’ They said: ‘He claims he is a Muslim’ so the Messenger of Allah (saw) said: ‘There are men among you whom we trust to their belief. Among them is Furrat bin Hayyan.”
Ceci est explicite sur le fait que le Messager ﷺ a ordonné l'exécution d'un espion protégé non musulman (Dhimmi). Cependant, cela est autorisé pour l'imam et non obligatoire pour lui, contrairement au cas de l'espion s'il s'agit d'un mécréant belliqueux. La preuve que l'exécution d'un espion protégé non musulman (Dhimmi) par l'État est autorisée et non obligatoire est que le hadith n'est pas associé à une connotation indiquant la fermeté, il s'agit donc d'une demande non décisive. Il existe une connotation qui indique le caractère non décisif de la demande, à savoir que le texte du hadith indique que le Messager ﷺ ne s'est pas empressé de tuer Furrat après la simple connaissance qu'il était un espion, alors que pour le mécréant belliqueux mentionné dans le hadith de Salama bin Al-Akwa’, le Prophète ﷺ avait ordonné son exécution dès lors qu'il lui fut simplement établi qu'il était un espion et il dit aux musulmans : « Cherchez-le et tuez-le. » La preuve qu'il ne s'est pas empressé de le tuer est que le Messager ﷺ le connaissait, ce qui apparaît dans les propos du hadith « il était un protégé non musulman (Dhimmi) et il était un espion », c'est-à-dire qu'il était connu, et (également) dans les propos du Messager ﷺ « parmi eux se trouve Furrat bin Hayyan. » En plus de cela, le Messager ﷺ a dit au sujet du mécréant belliqueux : « Cherchez-le et tuez-le », alors qu'au sujet de Furrat bin Hayyan, il a ordonné son exécution mais n'a pas demandé aux musulmans de le chercher. Il apparaît clairement là la distinction entre les deux, en ce que la demande d'exécuter le belliqueux est une demande décisive et la demande d'exécuter le protégé non musulman (Dhimmi) est une demande non décisive, ce qui indique la permission d'exécuter l'espion protégé non musulman (Dhimmi) et la permission de ne pas l'exécuter.
This is explicit that the Messenger commanded the killing of a dhimmi spy. However this is allowed for the Imam and not obligatory upon him as is the case when the spy if he is a belligerent disbeliever. The evidence that the killing of a dhimmi spy by the State is allowed and not obligatory is that the hadith is not associated with a connotation indicating decisiveness so it is an indecisive request. There is a connotation which indicates the non-decisiveness in the request which is that the text of the hadith indicates that the Messenger (saw) did not hasten to kill Furrat after the mere knowledge that he is a spy whereas the belligerent disbeliever mentioned in the hadith of Salama bin Al-Akwa’, the Prophet had commanded his killing upon it being merely established before him that he is a spy and he said to the Muslims: “Seek him and kill him.” The evidence that he did not hasten to kill him is that the Messenger (saw) used to know him, which appears in the saying of the hadith “he was a dhimmi and he was a spy” i.e. he was known, and (also) the saying of the Messenger “of them is Furrat bin Hayyan.” In addition to that, the Messenger said in the matter of the belligerent disbeliever: “Seek him and kill him” whereas in the matter of Furrat bin Hayyan he commanded his killing but did not request the Muslims to seek him. It is clear therein the distinction between both of them in that the request to kill the belligerent is a decisive request and the request to kill the dhimmi is an indecisive request which indicates the permissibility of killing the dhimmi spy and the permissibility of not killing him.
« Parmi vous se trouvent des hommes en qui nous avons confiance pour leur foi, et Furrat bin Hayyan en fait partie. »
“Among you are men whom we trust them to their belief, and Furrat bin Hayyan is among them”
Ainsi, la cause juridique (Illah) de l'abstention de le tuer est son passage à l'Islam. Al-Bukhari a rapporté d'après Ali bin Abu Talib (ra) qui a dit :
So the reason (‘illah) abstaining from killing him is his becoming a Muslim. Al-Bukhari narrated from Ali bin Abu Talib (ra) said:

« Le Messager d'Allah ﷺ m'a envoyé, ainsi qu'Az-Zubayr bin Al-‘Awwam et Al-Miqdad bin Al-Aswad, et a dit : "Partez jusqu'à atteindre le jardin de Khakh. Il s'y trouvera une litière de femme avec un livre, alors prenez-le de sa part." Nous y sommes donc allés avec nos chevaux à un pas rapide jusqu'à ce que nous arrivions au jardin où se trouvait la litière de la femme. Nous avons dit : "Retirez le livre", et elle a dit : "Il n'y a pas de livre avec moi." Nous avons alors dit : "Soit vous retirez le livre, soit nous retirerons les vêtements", alors elle l'a retiré de ses tresses. Nous l'avons apporté au Messager d'Allah ﷺ et il y était écrit : "De Hatib bin Abu Balta’ah à certains parmi les gens de Makkah, pour les informer de certains aspects de l'affaire du Messager d'Allah ﷺ." Le Messager d'Allah ﷺ a alors dit : "Qu'est-ce que cela, ô Hatib ?" Il a dit : "Ô Messager d'Allah, ne vous précipitez pas contre moi. J'étais un homme allié aux Quraysh, et je n'étais pas de leur corps (c'est-à-dire de leur tribu). Ceux qui sont avec vous parmi les émigrés (Muhajirun) ont des parents à Makkah qui protègent leurs familles et leurs biens. J'ai donc souhaité que, si le lien avec eux m'échappait, je puisse avoir une main pour protéger mes parents. Je n'ai commis ni mécréance ni apostasie, et je n'ai pas été satisfait de la mécréance après l'Islam." Le Messager d'Allah ﷺ a alors dit : "Il vous a dit la vérité." ‘Umar a dit : "Ô Messager d'Allah, laissez-moi trancher le cou de cet hypocrite." Il a dit : "Il a participé à Badr, et vous ne savez pas qu'Allah a peut-être pardonné aux gens de Badr en disant : 'Faites ce que vous voulez, car je vous ai pardonné'." »
“The Messenger of Allah (saw) sent me, Az-Zubayr bin Al-‘Awwam and Al-Miqdad bin Al-Aswad and said: ‘Go forth until you reach the garden of Khakh. There will be a woman’s litter and with her is a book, so take it from her.’ So we went with our horses in a rapid gait until we ended in the garden where there was a woman’s litter. We said: ‘Remove the book’ and she said: ‘There is no book with me.’ So we said: ‘You will remove the book or we will remove the clothes’ so she removed it from her plaits. We brought it to the Messenger of Allah (saw) and therein was: ‘From Hatib bin Abu Balta’ah to some people of the people of Makkah informing them with some of the matter of the Messenger of Allah (saw). So the Messenger of Allah (saw) said: ‘What is this, O Hatib?’ He said: ‘O Messenger of Allah, do not be hasty with me. I was a man allied to Quraysh, and I was not from her body (i.e. tribe). Those with you from the Muhajirin have relatives in Makkah who protect their families and property. So I wished if the relation with them escaped me that I take a hand with which to protect my relatives. Nor did I commit disbelief or apostasy nor was I pleased with disbelief after Islam. So the Messenger of Allah (saw) said: ‘He has spoken the truth to you.’Umar said: ‘O Messenger of Allah, leave me to strike the neck of this hypocrite.’ He said: “He witnessed Badr, and you do not know but that Allah may have overlooked the people of Badr and said: ‘Do whatever you wish for I have forgiven you.’”
Il a été établi dans ce hadith concernant Hatib qu'il était un espion contre les musulmans et que le Messager ﷺ ne l'a pas tué, ce qui indique que l'espion musulman n'est pas tué. On ne doit pas dire que la règle est spécifique aux gens de Badr car le hadith est motivé (mu’allil) par le fait qu'il faisait partie des gens de Badr. Cela ne doit pas être dit car même si le texte présentait ce qui nécessite une motivation et que son contexte était d'une manière telle qu'une motivation puisse en être comprise ; néanmoins, dans le hadith d'Ahmad concernant Furrat bin Hayyan, la peine de mort a été levée à son égard parce qu'il est devenu musulman après avoir été un protégé non musulman (Dhimmi), ce qui invalide la motivation de ce hadith et en fait une description de la réalité, car Furrat bin Hayyan ne faisait pas partie des gens de Badr. On ne doit pas non plus dire que le hadith de Furrat bin Hayyan dans Abu Dawud contient Abu Hammam Ad-Dalal Muhammad bin Muhabbib dans sa chaîne et que ses hadiths ne sont pas considérés comme des preuves, et qu'il rapporte de Sufyan Ath-Thawri. On ne doit pas dire cela car Ahmad a rapporté ce hadith de Sufyan bin Bushr bin As-Sirri Al-Basri, et il fait partie de ceux qu'Al-Bukhari et Muslim ont convenu de considérer comme une preuve avec ses hadiths. Ainsi, le hadith est établi et sert de base d'extrapolation, et c'est une preuve que l'espion musulman n'est pas tué mais est puni par l'emprisonnement ou autre chose selon l'avis du juge ou du calife.
It was established in this hadith about Hatib that he was a spy against the Muslims and the Messenger did not kill him, which indicates that the Muslim spy is not killed. One should not say that the rule is specific to the people of Badr because the hadith is reasoned (mu’allil) on his being of the people of Badr. This should not be said became even if the text came with what requires reasoning and its context was in a way that reasoning is understood from it; nevertheless (in) the hadith of Ahmad about Furrat bin Hayyan, killing was lifted from him because he became a Muslim after he was a dhimmi which invalidates the reasoning of this hadith and makes it a description of a reality because Furrat bin Hayyan was not from the people of Badr. Nor should one say that the hadith of Furrat bin Hayyan in Abu Dawud has Abu Hammam Ad-Dalal Muhammad bin Muhabbib in its chain and his hadith are not considered as proofs, and he is narrating from Sufyan Ath-Thawri. One should not say this because Ahmad has narrated this hadith from Sufyan bin Bushr bin As-Sirri Al-Basri, and he is from those whom Al-Bukhari and Muslim agreed to consider as proof with his hadith. So the hadith is established and is extrapolated upon, and it is an evidence that the Muslim spy is not killed but is punished with imprisonment or something else according to the view of the judge or Khalifah.
Tout ceci concerne l'espionnage des musulmans et des protégés non musulmans (Dhimmi) au profit de l'ennemi mécréant belliqueux. Quant à l'espionnage des musulmans (mais) non pour l'ennemi, c'est-à-dire non pour le mécréant belliqueux, mais plutôt par intérêt pour l'espionnage ou pour les musulmans ou l'État ; bien que ce soit illicite (Haram), la Charia n'a pas spécifié de peine particulière pour ce péché, de sorte que sa sanction devient une peine discrétionnaire (ta’zeer).