31. Tout acte de corruption est interdit
31. All Bribery Is Forbidden
Quiconque détient une autorité qui l'oblige à accomplir un bienfait parmi les bienfaits des gens, alors l'argent qu'il prend afin de réaliser ce bienfait n'est ni de la corruption ni un salaire de quelque manière que ce soit. La distinction entre le salaire et la corruption est que le salaire est pris en échange de l'accomplissement d'une action qui ne lui est pas obligatoire ; quant à la corruption, elle est prise en échange de l'accomplissement d'une action qu'il est obligé d'accomplir sans contrepartie de la part de celui pour qui l'action est accomplie, ou en échange du non-accomplissement d'une action qu'il est obligé d'accomplir. En conséquence, la corruption est l'argent donné afin de réaliser un bienfait que le bénéficiaire est obligé d'exécuter, ou pour réaliser un bienfait par le fait que le bénéficiaire ne fasse pas ce qu'il est obligé de faire, que le bienfait soit un droit ou quelque chose de nul. Celui qui paie la corruption est appelé le (rashi), celui qui la reçoit est le (murtashi) et le médiateur entre eux est le (raish).
Whoever possesses an authority which obliges upon him to fulfil a benefit among the people’s benefits, then the money which he takes in order to execute the benefit is bribery nor is it a wage in any way whatsoever. The distinction between the wage and bribery is that the wage is taken in exchange for undertaking an action which is not obliged upon him; as for bribery, it is taken in exchange for performing an action he is obliged to perform without exchange from the one for whose sake the action is performed or in exchange for not performing an action obliged upon him to perform. Accordingly bribery is the money given in order to carry out a benefit obliged upon the receiver to execute or to execute a benefit by the receiver not doing that which he is obliged to do, whether the benefit is right or something void. The payer of the bribe is called the (rashi), its receiver is the (murtashi) and the mediator between them is the (raish).
La corruption est interdite par les textes explicites. Ahmad, Abu Dawud, Tirmidhi et ibn Majah ont rapporté d'après Abdullah bin Amur qui a dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit :
Bribery is forbidden by the explicit texts. Ahmad and Abu Dawud and Tirmidhi and ibn Majah narrated from Abdullah bin Amur who said: The Messenger of Allah (saw) said
« Allah a maudit celui qui donne un pot-de-vin (rashi) et celui qui l'accepte (murtashi). »
“Allah cursed the briber (rashi) and bribe-taker (murtashi).”
Ahmad a rapporté de Tawban qui a dit
Ahmad narrated from Tawban who said
« Le Messager d'Allah ﷺ a maudit celui qui donne un pot-de-vin, celui qui le reçoit et l'intermédiaire, c'est-à-dire celui qui marche entre les deux. »
“The Messenger of Allah (saw) cursed the briber, bribe-taker and the mediator meaning the one who walks between the two.”
Ces hadiths sont généraux et couvrent tous les types de corruption, qu'il s'agisse de rechercher un droit ou quelque chose de nul, qu'il s'agisse de chercher à repousser un mal ou à obtenir un bénéfice, ou de supprimer une injustice imposée ; tout cela est interdit. Il ne faut pas dire que la corruption est interdite parce qu'elle consiste à rechercher quelque chose de vain ou à négliger la vérité, car si tel était le cas, elle serait interdite. En revanche, si elle consiste à rechercher la vérité ou à lever une injustice, elle serait autorisée. Cela ne doit pas être dit, car cela signifierait que l'interdiction de la corruption est fondée sur une cause juridique (Illah), de sorte que si la cause existe, la règle existe, et quand elle disparaît, la règle disparaît. Cela n'est pas correct car tous les textes qui sont venus interdire la corruption ne sont pas fondés dans leur interdiction sur une quelconque raison. Il n'existe ni dans ces textes, ni dans aucun autre texte, ce qui pourrait en être déduit comme cause juridique (Illah). Par conséquent, son interdiction provient d'un texte explicite non fondé sur une raison, il n'y a donc absolument aucune raison pour cela. Il ne faut pas non plus dire que lorsque la corruption est prise au propriétaire d'un droit pour accomplir ce droit, elle est permise, car il s'agit de prendre de l'argent pour accomplir une action autorisée qui est l'accomplissement du droit. Cela ne doit pas être dit car les textes qui ont interdit la corruption sont généraux, ils restent donc dans leur généralité couvrant tous les types de corruption. Ainsi, si quelqu'un veut spécifier et exclure certains types de corruption, cette question nécessite un autre texte pour les spécifier, car un texte n'est spécifié que par un texte du Livre ou de la sunna. Aucun texte n'est venu, elle reste donc générale sans spécification. Par conséquent, tous les types de corruption sont interdits sans distinction entre le fait de rechercher un droit ou de rechercher quelque chose de vain, de lever ou d'imposer une injustice, de repousser un mal ou d'obtenir un bénéfice ; tout cela entre dans la généralité du texte.
These ahadith are general covering all bribery whether it is seeking a right or something null whether it is seeking to repel a harm or gain a benefit, to remove imposing injustice; all are forbidden. It is not said that bribery is forbidden because it is seeking something void or neglecting the truth, so if it like this then it is forbidden. Whereas if it is in seeking the truth of lifting injustice, then it is allowed. This is not said because this means that forbidding bribery came reasoned so if it exists the rule (‘illah) exists and when it departs the rule departs. This is not correct because all the texts which came forbidding bribery are not reasoned in their forbiddance by any reason. There does not exist therein or in any text what could be deduced there from as a reason. Accordingly its forbiddance is by the unreasoned explicit text so there is absolutely no reason for it. Nor is it said that when bribery is taken from the owner of a right to fulfil the right, it is permitted as it is taking money to perform an allowed action which is fulfilling the right. This is not said because the texts which forbade bribery came general so they remain in their generality covering all types of bribery. So if one wants to specify and exclude some types of bribery, this matter requires another text to specify them because the text is not specified except by a text of the Book or Sunnah. No text came so it remains general without specification. Hence all types of bribery are forbidden without distinction between its being in seeking a right or seeking something void, lifting or imposing injustice, repelling harm or achieving a benefit, all these enter under the generality of the text.
« Allah a maudit celui qui donne un pot-de-vin et celui qui l'accepte dans le jugement »
“Allah cursed the briber and bribe-taker in judgement”
Ceci est donc restreint dans le jugement, de sorte que l'absolu s'applique sur le restreint. Cela n'est pas dit parce que le mot dont la description est considérée comme une description est le mot absolu/non restreint et non le mot général. Quant au mot général, la spécification s'y produit et non la restriction ; ainsi, si une restriction l'accompagne, elle relève du type de l'énonciation claire (tansees) de l'une de ses unités (afrad) et non du type de la restriction. Par conséquent, les mots corrupteur, corrompu et médiateur sont des mots généraux et non des mots non restreints, ainsi sa déclaration « en jugement » n'est pas une restriction pour eux de telle sorte que les autres hadiths s'y rapportent. Il s'agit plutôt d'énoncer clairement une unité parmi ses unités et c'est la règle, de sorte que tous les hadiths restent généraux et demeurent dans leur généralité. Ainsi, toute corruption est interdite, que ce soit envers le juge, le fonctionnaire ou d'autres. Corrompre le policier pour repousser un préjudice est semblable à corrompre le juge, et la corruption du directeur d'une entreprise pour y être employé ou pour ne pas être licencié est semblable à la corruption du collecteur d'impôts ou du propagateur afin qu'il ne la transmette pas. Corrompre le chef des travailleurs pour alléger le travail pour eux ou autre chose est semblable à la corruption de l'employé du commerçant qui lui est donnée par le client en échange de lui choisir de nouvelles marchandises parmi les marchandises, ou l'employé de l'imprimerie par l'auteur d'un livre pour perfectionner son œuvre sans le propriétaire de l'imprimerie. Tout cela est de la corruption et tout est interdit car c'est de l'argent pris en échange de l'accomplissement d'une action qu'il est obligé d'accomplir sans contrepartie de la part de celui pour le compte de qui il accomplit l'action. Entre dans la corruption ce que certains d'entre eux paient à quelqu'un ayant une autorité avant un fonctionnaire pour utiliser son influence auprès de lui afin de satisfaire son besoin, mais ce n'est pas le fonctionnaire qui prend l'argent, mais plutôt celui qui prend l'argent est celui qui parle au fonctionnaire, ainsi l'argent lui est versé en échange de sa discussion avec lui. Ceci est également un acte de corruption car cet argent est donné en échange de l'accomplissement d'un bénéfice de la part de celui sur qui il est obligatoire de l'accomplir ; il s'agit donc de corruption, que celui qui a accompli le bénéfice l'ait pris ou non. Il n'est pas une condition pour vérifier que l'argent est de la corruption que celui qui accomplit directement l'exécution du bénéfice soit celui qui le reçoit ; au contraire, la condition pour que l'argent soit de la corruption est que cet argent soit donné en échange de l'accomplissement de l'action, que la personne qui le reçoive soit lui-même, son ami, l'autorité qui le précède, son parent, son patron ou un autre que ceux-là, puisque la valeur pour vérifier que l'argent est de la corruption réside dans le fait qu'il soit pris en échange de l'accomplissement d'un bénéfice devant être exécuté sans contrepartie de la part de celui qui l'exécute.
« Que le Prophète ﷺ a nommé ibn al-Lutaybiyya pour les aumônes (Sadaqah) de Banu Sulaym. Lorsqu'il vint auprès du Messager d'Allah ﷺ et qu'il lui fit son compte, il dit : "Ceci est ce qui vous revient et ceci est un cadeau qui m'a été offert." Alors le Messager d'Allah ﷺ dit : "Pourquoi ne t'es-tu pas assis dans la maison de ton père et la maison de ta mère jusqu'à ce que tes cadeaux te parviennent, si tu es sincère ?" Puis le Messager d'Allah ﷺ se leva et prononça une khutbah devant les gens. Il loua Allah et Le glorifia, puis dit : "Quant à ce qui suit, en vérité, j'ai nommé des hommes parmi vous pour une affaire sur laquelle Allah m'a nommé. Puis l'un de vous vient à moi en disant : 'Ceci est pour vous et ceci est un cadeau qui m'a été présenté.' Pourquoi ne s'est-il pas assis dans la maison de son père et la maison de sa mère jusqu'à ce que ses cadeaux lui parviennent, s'il est sincère ? Car par Allah, aucun d'entre vous ne prendra quoi que ce soit de cela sans son droit dû, sans qu'il ne vienne le portant le Jour du Jugement. »
“That the Prophet (saw) appointed ibn al-Lutaybiyya upon the sadaqat of Banu Sulaym. When he came to the Messenger of Allah (saw) and he accounted him, he said: This is what is for you and this is a gift gifted to me. So the Messenger of Allah (saw) said: ‘Why did you not sit in the house of your father and the house of your mother until your gifts came to you if you are truthful?’ then the Messenger of Allah (saw) stood and gave a khutbah to the people. He praised Allah and extolled Him then said: ‘As for what follows, verily I appointed men from among you upon matter over which Allah appointed me. Then one of you comes to me saying: ‘This is for you and this is a gift presented to me.’ Why did he not sit in the house of his father and the house of his mother until his gifts came to him if he is truthful? For by Allah, none of you will take anything from it without due right except that he will come carrying it on the Day of Judgement.’”
D'après Buraydah, le Prophète ﷺ a dit :
From Buraydah from the Prophet (saw) who said:
« Quiconque nous avons nommé pour un travail et pour lequel nous avons pourvu la subsistance (rizq), tout ce qu'il prend après cela est une richesse illicite »
“Whoever we appointed upon work and provided sustenance (rizq) for him, then whatever he takes after that is illicit wealth”
Ou bien le Messager ﷺ l'avait qualifié de suht (illicite), ce qui est de l'argent interdit. Al-Khateeb a extrait dans Talkhis Al-Mutashabbih d'après Anas que le Prophète ﷺ a dit :
Or the Messenger (saw) had called it suht (illegal) which is forbidden money. Al-Khateeb extracted in Talkhis Al-Mutashabbih from Anas that the Prophet (saw) said:
« Le don des gouverneurs est un suht (illicite). »
“The gift of governors is suht (illegal).”
Il est rapporté d'après Masruq, d'après ibn Masoud, qu'on lui a demandé si le suht (argent illicite) était la corruption ? Il a dit : « Non, mais le suht est qu'un homme cherche assistance pour commettre une injustice et qu'il vous offre un cadeau. Ne l'acceptez pas. » Abu Wail Shaqeeq bin Salamah, l'un des imams des successeurs (Tabi’un), a dit : « Si le juge accepte le cadeau, alors il a mangé du suht (richesse illicite). Et s'il accepte la corruption, alors il a atteint par là [le péché]. » Tous ces ahadith — le hadith d'Abu Hamid, le hadith de Buraydah et le hadith d'Anas — sont tous explicites sur le fait que les cadeaux présentés à celui qui supervise les actions générales sont interdits, qu'ils soient offerts après l'accomplissement d'une action spécifique ou avant son accomplissement, ou qu'ils lui soient présentés parce qu'il est l'autorité dans n'importe quel domaine, ou qu'ils lui soient présentés parce qu'il détient une autorité auprès de celui qui détient l'exécution des bénéfices ; tout cela est interdit. Le mot cadeaux est apparu dans le hadith de :
It is related about Masruq from ibn Masoud that he was asked about suht (illegal), is it bribery? He said: ‘No, but suht (illegal) is that a man seeks assistance upon an injustice so he gives you a gift. Do not accept it.’ Abu Wail Shaqeeq bin Salamah, one of the Imams of the Tabi’in, said: “If the judge takes the gift, then he has eaten suht (illegal wealth). And if he takes bribery, then he has reached thereby.’ All these ahadith—the hadith of Abu Hamid and the hadith of Buraydah and the hadith of Anas—all of them are explicit in that the gifts presented to the one supervising the general actions are forbidden whether it is presided after performing a specific action or before performing it, or it is presented to him because he is the one in authority in any matter, or it is presented to him because he has authority with the one in whose hands are executing the benefits; all these are forbidden. The word gifts came in the hadith of:
« Les cadeaux faits aux gouverneurs sont (suht) (illicites) »
“The gifts to the governors is (suht) (illegal)”
Cela englobe de manière générale tous les cadeaux destinés aux gouverneurs. Par analogie, cela s'applique à tous les gouverneurs qui supervisent l'exécution de l'intérêt des gens et qui sont obligés de l'exécuter sans rien demander en échange de celui pour qui cet intérêt est réalisé ; il leur est interdit de recevoir un cadeau ou qu'un cadeau leur soit offert de la part de ceux pour qui cet intérêt est réalisé. Le policier, le chef d'une compagnie, le chef des travailleurs, et quiconque leur est semblable ; il leur est interdit de recevoir des cadeaux et les cadeaux pour eux sont (suht) (illicites).
Is general covering all gifts to governors. Analogised upon all the governors who are supervising the execution of the people’s benefit who are obliged to execute them without exchange taken from the one for whom it is executed; it is forbidden for them to take a gift or a gift be taken from those for whom this benefit is being executed. The policeman, head of a company, leader of workers, and whoever is like them; it is forbidden for them to take gifts and the gifts for them are (suht) (illegal).
Cependant, le cadeau fait à ces personnes est interdit s'il n'est pas dans l'usage de celui qui fait le cadeau de leur en offrir. Toutefois, s'il était dans son usage de leur faire des cadeaux, qu'ils supervisent l'exécution des prestations ou non, alors le cadeau leur est permis sans aucun blâme. Cela est dû au fait que le Messager de Allah ﷺ dit dans le hadith :
However, the gift to these people is forbidden if it is not the custom of the one giving the gift to present it to them. However, if it was of his custom to gift to them whether they were supervising the execution of benefits or not, then the gift is permitted for them without any blame in it. This is because the Messenger (saw) says in the hadith:
« Pourquoi ne vous êtes-vous pas assis dans la maison de votre père et dans la maison de votre mère jusqu'à ce que vos présents vous parviennent, si vous êtes véridiques ? »
“Why did you not sit in the house of your father and the house of your mother until your gifts came to you if you are truthful?”
Son interprétation est que le don qui lui est fait alors qu'il se trouve dans la maison de son père et de sa mère, sans être gouverneur, est permis. Cela signifie que ce don, dont l'affaire est que son donateur le ferait au sujet si celui-ci n'exerçait pas de supervision, est permis dans la situation où il supervise l'exécution des bénéfices, tout comme il est permis dans la situation où il ne supervise pas l'exécution des bénéfices. Ainsi, les hadiths de prohibition ne s'appliquent pas à cela et il en est exclu par l'interprétation du hadith.
Its understanding is that the gift which is gifted to him while he sits in the house of his father and his mother without being a governor is permitted. This means that this gift, whose affair is that its presenter would gift it to the person if he were not supervising, is permitted in the situation of his supervising the execution of benefits as it is permitted in the situation of his not supervising the execution of benefits. So the ahadith of prohibition do not apply upon it and it is excluded by the understanding of the hadith.