14.2 Le développement de la jurisprudence islamique (Fiqh)
14.2 The Development Of Fiqh
La jurisprudence islamique (Fiqh) est l'une des disciplines islamiques les plus importantes ayant le plus grand effet sur la société. C'est l'une des branches les plus importantes de la culture islamique. Cela est dû au fait que la culture islamique est le Coran et la sunna, ainsi que tout ce sur quoi l'on s'appuie et ce qui est établi afin de comprendre le Coran et la sunna. Même si la culture islamique inclut les sciences de la langue arabe, le hadith et l'exégèse (Tafsir), l'élément le plus saillant qui en émane est constitué des pensées relatives au point de vue sur la vie et des solutions qui traitent les problèmes de la vie. En d'autres termes, cela apparaît dans les croyances (‘aqaid) et les règles de la charia, car elles constituent une culture pratique adoptée pour faire face aux problèmes de la vie qui, dans la plupart des cas, contiennent des pensées sur les croyances et des solutions, c'est-à-dire les règles. La jurisprudence islamique (Fiqh) n'est rien d'autre que la connaissance de ces règles.
Fiqh is one of the most important Islamic disciplines having the greatest effect on society. It is one of the most important branches of the Islamic culture. That is because the Islamic culture is the Qur’ān and Sunnah and whatever is relied upon and laid down in order to understand the Qur’ān and Sunnah. Even though the Islamic culture includes the sciences of the Arabic language, hadīth and tafsīr, the most prominent thing that appears from it are the thoughts which relate to the viewpoint about life and the solutions which treat the problems of life. In other words, it appears in the beliefs (‘aqaid) and Sharī’ah rules because they are a practical culture adopted to face lifes problems which, in most cases, contains thoughts about beliefs and solutions i.e, the rules. Fiqh is nothing other than the knowledge of these rules.
La culture islamique et l'apprentissage des règles de la charia ont commencé dès l'époque où le Messager ﷺ a été envoyé. Le Messager ﷺ était l'unique point de référence pour les règles de la charia car il a été envoyé pour enseigner aux gens la religion (Deen) d'Allah. Il ﷺ a dit :
The Islamic culture and the learning of Sharī’ah rules began from the time the Messenger was sent. The Messenger was the only reference point for the Sharī’ah rules because he was sent to teach people Allah’s deen. He said:
« Ô Messager ﷺ ! Proclame ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Et si tu ne le fais pas, alors tu n'auras pas transmis Son Message » [TMQ Mā’idah: 67]
“O Messenger (saw)! Proclaim (the Message) which has been sent down to you from your Lord. And if you do not, then you have not conveyed His Message” [TMQ Mā’idah: 67]
Il a dit (RA) :
He said:
« Et Nous avons fait descendre vers toi (O Muhammad ﷺ) le rappel et l'exhortation (le Qur'ān), afin que tu leur expliques clairement » [TMQ Nahl: 44]
“And We have also sent down unto you (O Muhammad(saw)) the reminder and the advice (the Qur’ān), that you may explain clearly to them” [TMQ Nahl: 44]
À l'exception du Messager ﷺ, aucun musulman n'a le droit de formuler de manière indépendante une opinion concernant un point de vue ou une règle. En raison de la présence du Messager ﷺ parmi eux, le fait de se référer à lui pour quoi que ce soit qu'ils rencontraient était facile ; il n'était pourtant pas permis à l'un d'entre eux de donner son opinion personnelle concernant un événement quelconque. C'est pourquoi, lorsqu'ils étaient confrontés à un événement, qu'un différend surgissait ou que l'un d'entre eux avait une idée, ils se référaient au Messager ﷺ. Et lui ﷺ donnait une opinion, réglait leurs différends et répondait à leurs questions, parfois par un verset (Ayah) et parfois par un hadith. Quant à ce qui a été rapporté selon lequel certains compagnons (Sahabah) ont exercé l'effort d’interprétation (Ijtihad) à l'époque du Messager ﷺ et ont prononcé des jugements selon leur propre effort d’interprétation (Ijtihad) dans certains différends, ou qu'ils ont déduit la règle concernant certains événements par leur propre effort d’interprétation (Ijtihad), cela ne fait pas de ces efforts d’interprétation (Ijtihads) une source pour les règles de la charia. Ils constituent plutôt une compréhension de la charia conformément à l'ordre du Messager ﷺ. Ils constituent l'application de la charia, en s'appuyant sur le Coran et la sunna tels que compris par ces interprètes qualifiés (Mujtahidin). Cela est démontré par les circonstances dans lesquelles ces efforts d’interprétation (Ijtihads) ont eu lieu. Il a été rapporté que le Prophète ﷺ a envoyé ‘Ali ibn Abi Talib au Yémen en tant que juge. Il ﷺ lui a dit :
With the exception of the Messenger no Muslim has the right to independently put forward an opinion regarding any viewpoint or ruling. Due to the Messenger’s presence among them referring to him regarding anything they came across was easy, It was still not permitted for any of them to give his personal opinion regarding any event. That is why, when they came across an event or a dispute arose or one of them had an idea they would refer to the Messenger . And he would give an opinion, settle their disputes and answer their questions, sometimes with an ayah and sometimes with a hadīth. As for what has been reported that certain Sahabah exercised Ijtihād in the time of the Messenger and pronounced judgements according to their own Ijtihād in certain disputes or that they deduced the rule regarding certain events through their own Ijtihād. This does not make these Ijtihāds a source for Sharī’ah rules. Rather they constitute an understanding of the Sharī’ah in accordance with the order of the Messenger . They constitute the application of the Sharī’ah, relying on the Qur’ān and Sunnah as understood by those mujtahidin. This is demonstrated by the circumstance in which these Ijtihāds took place. It has been reported that the Prophet sent ‘Ali ibn Abi Talib to Yemen as a judge. He told him:
« Puisse Allah guider ton cœur et affermir ta langue. Lorsque deux plaideurs s'assoient devant toi, ne prononce pas de jugement avant d'avoir écouté le second de la même manière que tu as écouté le premier. Il est plus convenable (pour toi de faire cela) afin que le jugement te devienne manifeste » [Rapporté par Abu Dawud d'après 'Ali Ibn Abi Talib]
“May Allah guide your heart and affirm your tongue. When two disputants sit before you, do not pronounce judgment until you have listened to the latter just as you did with the former. It is more proper ( for you to does this) so that the judgment becomes manifest to you” [Reported by Abu Dawud on the authority of ‘Ali Ibn Abi Talib
Il a été rapporté que le Prophète ﷺ a envoyé Mu’az ibn Jabal au Yémen et qu'il ﷺ lui a dit :
It has been reported that the Prophet sent Mu’az ibn Jabal to Yemen and he said to him:
« Avec quoi jugerez-vous lorsque vous rencontrerez un jugement que vous ne trouverez ni dans le Livre d'Allah ni dans la sunna de Son Messager ﷺ ? Quel jugement rendrez-vous ? Mu’az a dit : "Je ferai un effort d’interprétation (Ijtihad)". Le Messager ﷺ a dit : "Louange à Allah qui a fait que le Messager de l'homme de la part du Messager d'Allah ﷺ soit en accord avec ce qu'Allah et Son Messager ﷺ agréent" » [Recorded by Abu Dawud]
“With what will you judge when you come upon a judgement which you do not find in the Book of Allah or the Sunnah of His Messenger. What judgment will you give? Mu’az said: ‘I will exercise my own Ijtihād The Messenger said: ’‘Praise be to Allah who has made the messenger of the Messenger of Allah to accord with what Allah and His Messenger are pleased with” [Recorded by Abu Dawud]
Il est rapporté que des personnes se disputaient une cabane entre elles, de sorte que Hudhayfa fut envoyé pour trancher leur litige. Bukhari & Muslim rapportent d'après ‘Amr bin al-‘Aas qu'il a entendu le Prophète ﷺ dire :
It is reported that some people were disputing over a hut between themselves so Hudhayfa was sent to judge between them. Bukhari & Muslim report on the authority of ‘Amr bin al-‘Aas that he heard the prophet say:
« Si le juge rend un jugement et fait un effort d’interprétation (Ijtihad) et qu'il a raison, il aura deux récompenses. S'il rend un jugement et fait un effort d’interprétation (Ijtihad), et qu'il commet une erreur, il aura une récompense. »
“If the judge passes a judgment and makes ijtihaad and is right, he will have two rewards. If he passes a judgment and makes ijtihaad, and makes a mistake, he will have one reward”
Tous ces rapports et autres exemples de ce genre indiquent que les Ijtihādat que les musulmans ont accomplies durant les jours du Messager ﷺ étaient conformes à son ordre ﷺ. Par conséquent, il en était la source. Ainsi, le temps du Messager ﷺ était un temps durant lequel la source de toute la culture islamique existait. Cela a perduré depuis le moment où il fut envoyé jusqu'à sa mort, sur une période n'excédant pas vingt-deux ans et quelques mois, durant laquelle tout le Coran fut révélé et la sublime sunna fut achevée. Ce sont les seuls textes considérés comme la source des pensées, des règles et de la culture en Islam.
All of these reports and other such examples indicate that the Ijtihādat that the Muslims performed during the days of the Messenger were in accordance with his order. Therefore, he was their source. Thus, the time of the Messenger was a time in which the source of the entire Islamic culture existed. That continued from the time he was sent until his death, in a period of time not exceeding twenty two years and a few months in which the whole Qur’ān was revealed and the sublime Sunnah was completed. These are the only texts considered as the source of thoughts, rules and culture in Islam.
Avec la mort du Messager ﷺ durant la onzième année de l'émigration (Hijrah) commença l'ère des compagnons (Sahabah). C'est une ère d'exégèse (Tafsir) et d'ouverture des portes de la déduction (istinbat) pour les questions qui ne possédaient pas de texte (clair). Les compagnons (Sahabah) virent que tous les textes du Coran et de la sunna n'étaient pas largement diffusés parmi les gens de sorte qu'ils soient accessibles à chaque personne, car les textes du Coran étaient écrits sur des parchemins spéciaux conservés dans la maison du Messager ﷺ et préservés dans les maisons de certains compagnons (Sahabah), et la sunna n'avait pas encore été écrite. Ils constatèrent que les textes du Coran et de la sunna légiféraient des règles pour des événements et des questions qui se produisaient au moment de la législation. Des règles n'étaient pas légiférées pour des événements et des questions qui n'avaient qu'une possibilité de se produire. Des besoins, des événements et des questions survinrent parmi les musulmans qui ne s'étaient pas produits durant l'époque du Messager ﷺ ; il n'y avait pas de textes pour les problèmes survenant plus tard qui en énonceraient la règle. De même, ils virent que tout musulman n'était pas qualifié pour se référer lui-même aux textes du Coran et de la sunna et pour en comprendre la règle indiquée, puisque les masses ne peuvent comprendre les textes que par l'intermédiaire de quelqu'un qui leur fera comprendre les règles de la religion (Deen). Par conséquent, ils réalisèrent qu'il leur incombait de diffuser le Noble Coran et les ahadith du Messager ﷺ parmi les musulmans. Ils entreprirent donc la responsabilité de compiler le Coran et, à partir de cette compilation, ils en firent de nombreuses copies qu'ils circulèrent parmi les musulmans, et ils prirent des précautions pour assurer la fiabilité de la narration de la sunna et la confiance dans l'examen des rapporteurs. Ils réalisèrent également qu'il leur incombait de démontrer aux musulmans la clarification et l'explication nécessaires des textes du Coran et de la sunna. Ils commencèrent donc à enseigner la religion (Deen) aux gens, puis ils adoptèrent l'avis selon lequel ils devaient fournir aux gens des avis juridiques pour les événements et les questions qui leur arrivaient et pour lesquels il n'y avait pas de texte (clair). Ainsi, ils commencèrent à déduire des règles qui étaient nécessaires pour les questions qui survenaient. En raison de cela, ils assumèrent l'obligation de la religion (Deen) de la meilleure manière possible.
‘Umar hésita : doit-on tuer de nombreuses personnes pour le meurtre d'une seule personne ? ‘Ali lui dit : Que penses-tu si un groupe participait au vol d'un chameau égorgé de telle sorte qu'ils se le répartissent entre eux ? Couperais-tu leurs mains ? Il dit : Oui. ‘Ali dit : eh bien, c'est la même chose. Ainsi, ‘Umar agit selon l'opinion d'‘Ali et écrivit à son ‘Amil : « tue-les tous les deux, car si toute la population de San’aa y avait participé, je les aurais fait tuer. »
‘Umar hesitated: are many people to be killed for the murder of one person? ‘Ali said to him: What do you think if a group participated in the theft of a slaughtered camel such that they distributed it amongst themselves. Would you cut their hands? He said: Yes. Ali said: well it is the same thing. So Umar acted upon Ali’s opinion and wrote to his ‘Amil: ‘kill them both for if the whole population of San’aa participated I would have had them killed.
De même, lorsqu'ils étaient en désaccord sur la question de la part commune, lorsqu'une femme mourait en laissant un mari, une mère, des frères utérins et des frères germains. ‘Umar donnait au mari la moitié, à la mère un sixième et aux frères utérins un tiers. Ainsi, rien ne restait pour les frères germains. On lui dit : « Supposons que notre père soit un âne. Ne sommes-nous pas d'une même mère ? » Il changea alors d'avis et leur accorda une part. Ils cherchaient à s'informer de l'intérêt (Maslahah) pour lequel le texte était descendu, si celui-ci pouvait être compris à partir du texte. Un autre exemple est lorsque Allah (SWT) a dit :
Similarly when they disagreed about the question of joint share, when a woman died leaving a husband, mother, uterine brothers and full brothers. ‘Umar used to give the husband half, the mother a sixth, and the uterine brothers a third. So nothing remained for the full brothers. It was said to him: Suppose our father was a donkey. Are we not from one mother? So he changed his view and gave them a share. They used to acquaint themselves with the maslaha (benefit) for which the text came, if it was understood from the text. Another example is when Allah said:
« Les aumônes obligatoires (Zakah) ne sont destinées qu'aux Fuqara (pauvres), aux al-masakin (nécessiteux), à ceux qui sont chargés de les collecter, ainsi qu'à ceux dont on cherche à gagner les cœurs. » [TMQ Tawba: 60]
“As-sadaqat (zakat) are only for the Fuqara (poor), and al-masakin (needy) and those employed to collect (the funds); and for to attract the hearts of those who have been inclined (towards Islam)” [TMQ Tawba: 60]
Ainsi, Allah (SWT) a fait de ceux dont les cœurs devaient être réconciliés (envers l'Islam) une dépense provenant des sources de l'aumône obligatoire (Zakah). Il a été établi que le Prophète ﷺ avait l'habitude de donner de l'argent aux personnes dont les cœurs avaient été réconciliés avec l'Islam. Après la mort du Messager ﷺ, il est rapporté au sujet de ‘Umar qu'il a interdit le paiement de ceux dont les cœurs avaient été réconciliés (al-mu’allaftu qulubuhum). Il leur a dit :
So Allah made those whose hearts have to be a reconciled (towards Islâm) an expenditure from the sources of zakat. It has been established that the Prophet used to give money to people whose hearts had been reconciled with Islam. After the death of the Messenger it is narrated about ‘Umar that he forbade the payment of those whose hearts had been reconciled (al-mu’allaftu qulubuhum). He told them:
« Allah (SWT) a rendu l'Islam fort et l'Islam n'a donc pas besoin de vous ; soit vous vous attachez à l'Islam, soit entre vous et nous se trouve l'épée. »
‘Allah has made Islam strong and so Islam is in no need of you, either you stick to Islam or else between you and us is the sword.’
Umar était d'avis que la réconciliation des cœurs envers l'Islam était présente parce que l'État était faible, car l'expression « réconcilier les cœurs » (ta’leeful al-qulub) l'indique. Car quand réconciliez-vous les cœurs, si ce n'est lorsque vous êtes dans un état de besoin envers eux (les gens) ? Umar a adopté l'opinion selon laquelle le besoin de réconcilier les cœurs a pris fin lorsque l'Islam est devenu fort ; sans le besoin de réconcilier les cœurs, la cause juridique (Illah) ne s'applique pas et, en raison de cela, le statut légal (Hukm) ne s'applique pas non plus.
Umar was of the view that the reconcilings of hearts towards Islam was there because the state was weak because the expression, for the expression ‘reconciling hearts’ (ta’leeful al-qulub) indicates this. For when do you reconcile hearts except when you are in a state of need for them (the people) ? Umar took the opinion that the need to reconcile hearts ended when Islam became strong, without the need to reconcile hearts, the ‘illah (legal cause) does not apply and due to this the hukm also does not apply.
Les compagnons (Sahabah) avaient l'habitude d'étudier et de questionner les gens au sujet des textes de la charia concernant les questions qu'ils ne connaissaient pas, et ils (qu’Allah les agrée) étaient tous réunis dans le Hijaz, discutant du Coran et de la sunna. S'ils ne trouvaient pas de statut légal (Hukm) dans le Coran et la sunna pour la question qu'ils recherchaient, ils demandaient aux musulmans si l'un d'entre eux savait quel jugement le Messager d'Allah ﷺ avait rendu pour cette question. C'est pourquoi ils avaient l'habitude de se référer les uns aux autres et de se réunir pour discuter des questions et donner un avis à leur sujet. Abu Bakr et ‘Umar avaient l'habitude de déduire des règles et de se référer aux gens. Al-Baghawi a rapporté dans son Masabih al-Sunnah :
The Sahabah used to investigate and ask the people about the Sharī’ah texts regarding matters they did not know and they (may Allah be pleased with them) used to be all gathered together in the Hijaz, discussing the Qur’ān and Sunnah. If they did not find a hukm in the Qur’ān and Sunnah for the issue they were looking for they would ask Muslims if any of them knew what the Messenger of Allah passed as a judgement for the issue. That is why they used to refer to each other and get together to discuss the issues and give an opinion for it. Abu Bakr and ‘Umar used to deduce rules and refer to the people. Al-Baghawi has narrated in his Masabih al-Sunnah:

« Lorsqu'un litige était rapporté à Abu Bakr, il consultait le Livre d'Allah ﷻ. S'il y trouvait de quoi trancher entre eux, il rendait ce jugement ; et si cela ne se trouvait pas dans le Qur'ān et qu'il connaissait une sunna du Messager d'Allah ﷺ concernant cette affaire, il rendait son jugement par elle. À défaut de cela, il sortait et interrogeait les Musulmans : "Telle et telle affaire m'est parvenue, connaissez-vous un jugement rendu par le Messager d'Allah ﷺ à ce sujet ?" Probablement, tout le groupe était d'accord en mentionnant un jugement du Messager d'Allah ﷺ. Abu Bakr disait alors : "Louange à Allah ﷻ qui a fait qu'il y ait parmi nous des gens ayant mémorisé (des questions) concernant notre Prophète ﷺ. »
‘When a dispute was reported to Abu Bakr he used to look into the Book of Allah . If he found something to judge between them he gave that judgement and if it is not found in the Qur’ān and he knew a Sunnah from the Messenger of Allah regarding that matter he would give judgement by it. Failing that he would go out and ask the Muslims; such and such matter has come to me do you know of any judgement given by the Messenger of Allah pertaining to this?’ Probably the whole group would agree mentioning a judgment by the Messenger of Allah . Abu Bakr would say: ‘Praise be to Allah Who has made people amongst us memorise (issues) concerning our Prophet .
S'il ne parvenait pas à trouver une sunna du Messager d'Allah ﷺ, il rassemblait les chefs de peuple, parmi les meilleurs d'entre eux, et les consultait. S'ils parvenaient à un consensus sur une question, il jugeait en fonction de celui-ci. Il a été rapporté qu'‘Umar consultait les compagnons (Sahabah) malgré sa connaissance de la jurisprudence islamique (Fiqh), au point que lorsqu'un incident lui était soumis, il disait : « Appelez ‘Ali pour moi, appelez Zayd ». Il les consultait et réglait le différend selon ce sur quoi ils s'étaient accordés. En raison de la référence mutuelle des compagnons (Sahabah), les divergences d'opinion entre eux étaient rares, car chaque Sahābi exprimait à un autre Sahābi sa propre perspective et les preuves qu'il avançait. Leur avis dans l'ensemble était vrai et correct, et chacun se référait à l'autre. Et même si leurs avis différaient sur certaines règles, leurs divergences étaient rares et portaient sur leur compréhension et non sur la méthode de compréhension.
If he failed to find a Sunnah of the Messenger of Allah he gathered the heads of people and the best amongst them and consulted them. If they had a consensus on a matter he would judge with that. It has been reported that ‘Umar used to consult the Sahabah despite his knowledge of fiqh to the extent that when an incident would be refered to him he would say: Call ‘Ali for me, call Zayd. He used to consult them and settle the dispute with whatever they were agreed upon. Due to the Sahabah’s reference to each other differences of opinion between them were rare because each Sahābi expressed to another Sahābi his own perspective and the evidences he educed. Their view on the whole was true and correct and each one referred to the other. And even though their views differed in certain rules but their differences were rare and it was in their understanding and not in the method of understanding.
Lorsque les conquêtes s'étendirent et que les compagnons (Sahabah) se retrouvèrent dispersés dans diverses villes, rendant leurs rencontres difficiles, chaque fois qu'un incident survenait sans texte explicite, chaque compagnon (Sahabah) donnait son propre avis sans l'exprimer aux autres ou se référer à autrui, en raison de la difficulté de se réunir puisque les villes étaient éloignées les unes des autres, et aussi par la nécessité de donner un avis sur un incident survenant dans la ville afin de rendre un jugement à partir de celui-ci. Dans chaque ville musulmane, il y avait un ou plusieurs compagnons (Sahabah). Ils étaient le point de référence pour les règles. Ils déduisaient les règles qui n'avaient pas de texte et assumaient la tâche de clarifier et d'expliquer le texte, tout comme ils prenaient la responsabilité d'enseigner le Coran et la sunna aux gens. La sunna n'avait pas encore été mise par écrit, par conséquent, les avis des compagnons (Sahabah) différaient sur un même incident et chacun avait une preuve pour l'avis qu'il avait déduit et avec lequel il rendait des verdicts juridiques. Cependant, tous ces avis étaient des règles de la charia et étaient acceptables pour tous, puisque leur désaccord ne portait que sur leur compréhension. Quant à leur méthode d'effort d’interprétation (Ijtihad), elle consistait à considérer le texte du Coran et du hadith, à examiner les textes, et à s'assurer que les maslahas (intérêts) reconnues sont les seules indiquées par la charia, et à faire une analogie avec les questions et les maslahas. L'unité de la méthodologie dans l'effort d’interprétation (Ijtihad) ne permettait pas à la différence de compréhension d'avoir un quelconque effet. Au contraire, elle fut l'une des raisons de la croissance et de l'expansion de la jurisprudence islamique (Fiqh). Leurs verdicts juridiques (fatwas) étaient conformes aux incidents et aux questions qui se présentaient. L'étendue de leur désaccord ne s'élargissait pas et ne dépassait pas les furu' (branches de la jurisprudence islamique (Fiqh)). Le désaccord des compagnons (Sahabah) dans les furu' est attribuable à deux raisons :