12.8 Le hadith accepté (maqbul) et le hadith rejeté (mardud)
12.8 The Accepted Hadīth (maqbul) And The Rejected Hadīth (mardud)
Il devient clair, en divisant le hadith en Sahih, hasan et da'eef, que le hadith hasan et le Sahih sont tous deux avancés comme preuve, tandis que le hadith da'eef ne l'est pas. Ce qui rend le hadith acceptable ou rejetable est la prise en compte du sanad, du transmetteur et du matn. Si un narrateur n'est pas omis de la chaîne de transmission (Isnad), dont l'omission conduirait à l'incapacité d'attester la fiabilité du narrateur omis, et que la probité du narrateur n'est pas remise en cause, et que le matn n'est pas faible et ne contredit aucune partie du Qur’ān, de la sunna transmis par de multiples voies (Mutawatir) ou du consensus (Ijma’) définitif, alors dans ce cas, le hadith est accepté, appliqué et adopté comme une preuve de la charia, qu'il soit Sahih ou hasan. Quant au cas où le hadith est contraire à ces qualifications, il est rejeté et n'est pas invoqué comme preuve. Par conséquent, le hadith rejeté est le hadith qui est rejeté en raison de l'omission d'un narrateur de la chaîne de transmission (Isnad), ce qui entraîne l'incapacité d'attester la fiabilité de ce narrateur, ou en raison de la remise en cause de la probité d'un narrateur, ou en raison de la faiblesse du matn du hadith ou de sa contradiction avec le Qur’ān, le hadith et le consensus (Ijma’) qui sont définitifs. Divers types de hadith entrent dans la catégorie du hadith mardud (rejeté), voici leurs caractéristiques :
It becomes clear from dividing the hadīth into Sahih, hasan and da'eef that the hadīth hasan and Sahih are both advanced as proof and the da'eef hadīth is not. What makes the hadīth acceptable or rejectable is the consideration of the sanad, transmitter and matn. If a narrator is not ommited from the sanad whose ommision will lead to the inibility to attest the reliablity of the ommitted narrator and the narrator's probity is not impunged and the matn is not weak and does not contradict any part of the Qur’ān or the mutawatir Sunnah or definite ijma', then in this case the hadīth is accepted, acted upon and adopted as a Sharī’ah evidence whether it was Sahih or hasan. As for when the hadīth is contrary to these qualifications it is rejected and not educed as proof. Therefore, the rejected hadīth is the hadīth which is rejected due to the ommision of a narrator from the sanad which results in the inability to attest the reliabilty of this narrator or due to a narrator's probity being impungned, or due to the weakness of the (matn) of the hadīth or its contradiction with the Qur’ān, hadīth and ijma' which are definite. Various types of hadīth come under the hadīth mardud (rejected), following are their characteristics:
1. Mu'allaq : lorsqu'un ou plusieurs narrateurs sont manquants consécutivement au début de la chaîne de transmission (Isnad) d'une manière tout à fait évidente. Le terme « plusieurs » est plus général afin d'inclure la totalité ou une partie de la chaîne de transmission (Isnad). Est également incluse l'omission de toute la chaîne par le muhaddith ou le compilateur de hadith, comme lorsqu'il dit : Le Messager d'Allah ﷺ a dit ou a fait telle ou telle chose.
1. Mu'allaq: when there is one or more narrators consecutively missing from the beginning of the sanad in a manner that is quite obvious. The term 'more' is more general to include the whole or part of the isnād. Also included is the ommision of the whole chain by the muhaddith or the hadīth compiler, such as when he says: The Messneger of Allah said or did such and such thing.
2. Mu'dal : Il s'agit d'une chaîne dans laquelle deux narrateurs ou plus sont manquants à un ou plusieurs endroits. Cela inclut le cas où le tabi at-tabi'i omet un tabi'i et un sahābi de l'isnad (chaîne de transmission). Cela n'inclut pas les propos des auteurs parmi les juristes (Faqih) lorsqu'ils disent :
2. Mu'dal: Is a chain in which two or more narrators are missing from one or more places. It includes when the tabi at-tabi'i omits a tabi'i and sahābi from the isnād. It does not include the statement of authors from the fuqaha when they say:
« Le Messager d'Allah ﷺ a dit »
“The Messenger of Allah said”
Ou leur parole
Or their statement
« À propos du Messager d'Allah ﷺ ».
“About the Messenger of Allah ”.
Ce n'est pas du *mu'dal* car il ne s'agit pas d'une transmission, mais plutôt de la citation et de l'extraction d'une preuve qui est correcte.
It is not mu'dal becaue it is not a transmission, rather it constitues qouting and educing a proof which is correct.
3. Munqati' : Lorsqu'un seul narrateur manque avant le Sahābi dans l'un des maillons. S'il y a plus d'un maillon tel que le narrateur qui omet ne dépasse pas un seul narrateur par maillon, alors il sera considéré comme munqati' dans ces maillons. Est également considéré comme munqati' la chaîne dans laquelle se trouve un narrateur obscur (mubham). Un exemple d'un transmetteur omis est ce qui a été rapporté par 'Abd al-Razzaq d'al-Thawri d'Abu Ishaq de Zayd ibn Yathi' de Hudhayfa, qui remonte au Prophète ﷺ qu'il a dit :
3. Munqati': When a single narrator is missing before the Sahābi from one of the places. If there is more than one place such that the narrator who ommits does not ommit more than one narrator from each place then it will be munqati' in these places. Also considered to be munqati' is the chain in which there is a obscure narrator (mubham). An example of a transmitter being ommitted is what has been narrated by 'Abd al-Razzaq from al-Thawri from Abu Ishaq from Zayd ibn Yathi' from Hudhayfa, which goes back to the Prophet that he said:
« Si tu lui confies (l'autorité), certes il est fort et digne de confiance. »
“If you assigned it (authority) to Abu Bakr, indeed he is powerful and honest.”
La chaîne de transmission (Isnad) présente des ruptures à deux endroits. Premièrement, 'Abd al-Razzaq n'a pas entendu d'al-Thawri mais l'a plutôt rapporté d'al-Nu'man Ibn Abi Shayba al-Jundi qui a rapporté d'al-Thawri et, deuxièmement, al-Thawri n'a pas entendu d'Abu Ishaq mais l'a plutôt rapporté de Shurayk qui a rapporté d'Abu Ishaq. Le hadith est donc rejeté. Un exemple de rapporteur non identifié est ce qui est rapporté par Abu al-'Ala ibn 'Abd Allah ibn Shukhayr de deux hommes de Shaddad ibn Aws :
The isnad has breaks in two places. Firstly, 'Abd al-Razzaq did not hear from al-Thawri but rather narrated it from al-Nu'man Ibn Abi Shayba al-Jundi who narrated from al-Thawri and secondly, al-Thawri did not hear from Abu Ishaq but rather narrated it from Shurayk who narrated from Abu Ishaq. The hadīth, therefore, is rejected. An example of a transmitter being nondescript is what is narrated by Abu al-'Ala ibn 'Abd Allah ibn Shukhayr from two men from Shaddad ibn Aws:
« Ô Seigneur ! Je Te demande de me raffermir dans cette affaire. »
“O Lord! I ask you to make me staedfast in the matter”.
Par conséquent, le hadith est rejeté en raison de la présence de narrateurs inconnus (majhul) dans la transmission.
Therfore, the hadīth is rejected due to the presence of unknown (majhul) narrators in the transmision.
4. Shadh : Il s'agit du cas où un rapporteur fiable rapporte un hadith qui contredit ce que d'autres ont rapporté. Un récit n'est pas shadh si un rapporteur fiable transmet quelque chose que personne d'autre n'a rapporté. En effet, la narration d'un rapporteur fiable est acceptée même si d'autres ne l'ont pas rapportée, et elle est utilisée comme preuve. C'est comme le hadith :
4. Shadh: It is when a reliable transmitter narrates a hadīth which condradicts what others have narrated. It is not shadh if a reliable narrator transmits something no one else has narrated. Because the narration of a reliable transmitter is accepted even if others have not narrated it and it is used as a proof. It is like the hadīth:
« Les actions ne sont jugées que selon les intentions. »
“Actions are judged according to intentions”.
Seul 'Umar l'a rapporté, et de lui seul 'Alqama l'a rapporté. Un unique rapporteur, Muhammad ibn Ibrahim al-Tamimi, l'a rapporté de lui, de qui seul Yahya ibn Said al-Ansari l'a rapporté. À partir de Yahya ibn Said, il y eut une prolifération de voies de transmission. Par conséquent, le shadh n'est que lorsqu'un rapporteur fiable transmet quelque chose qui contredit ce qui a été rapporté par d'autres, c'est-à-dire lorsqu'un rapporteur accepté transmet un rapport qui va à l'encontre du rapport de ceux qui sont plus susceptibles d'être corrects dans leur transmission.
Only 'Umar narrated it and from him only 'Alqama narrated it. A single narrator Muhammad ibn Ibrahim al-Tamimi narrated from him from who only Yahya ibn Said al-Ansari narrated. From Yahya ibn Said there was a proliferation of transmission routes. Therefore, the shadh is only when a reliable narrator transmits somthing which contradicts what has been narrated by others i.e, when the accepted narrator transmits a report which goes against the report of those more likely to be correct in their transmission.
5. Mu'allal : Il s'agit d'un hadith qui présente un défaut (cause juridique [‘Illah]). C'est le hadith dont on découvre qu'il possède un défaut qui altère son authenticité, bien qu'il semble apparemment sain. Il remonte à une chaîne de transmission (Isnad) dont les rapporteurs sont fiables et qui semble apparemment réunir les conditions d'authenticité.
5. Mu'allal: It is a hadīth which has a defect ('illah). It is the hadith which is discovered to have a defect which impairs its authenticity, although it apparently seems to be sound. It goes back to the isnād whose transmitters are reliable and which apparently includes the conditions of authenticy.
6. Munkar : Ce qu'un seul rapporteur non fiable rapporte seul. Le munkar est la narration d'un rapporteur faible qui contredit le rapport d'un rapporteur moins faible.
6. Munkar: What a single unreliable transmitter narrates alone. The munkar is the narration of a weak narrator which contradicts the report of a transmitter who is less weaker.
7. Mawdu' : le hadith mawdu' est le hadith forgé et fabriqué. Le hadith fabriqué est le mal des ahadith faibles. La narration de toute personne dont l'état est connu n'est pas autorisée, sauf lorsqu'elle est liée à la clarification de son statut fabriqué. Un hadith est connu pour être fabriqué lorsque le faussaire reconnaît sa fabrication ou quelque chose qui équivaut à un aveu. La fabrication peut être comprise par l'indication de l'état du transmetteur, comme le fait que le narrateur suive les caprices de certains dirigeants dans ses mensonges, ou lorsqu'il attribue le hadith alors qu'il est pris comme un menteur consommé parce que ce rapport ne provient d'aucune voie autre que la sienne, que personne n'est d'accord avec lui et qu'il n'a aucun témoin ; ou bien nous pouvons discerner la mendacité de l'état de ce qui a été narré, c'est-à-dire de l'état du matn, s'il est faible dans sa formulation ou son sens, ou s'il contredit une partie du Qur’ān, de la sunna transmis par de multiples voies (Mutawatir) ou du consensus (Ijma’) certain. Il existe différents types de faussaires de hadiths. Ceux qui causent le plus de tort sont ceux associés au zuhd (ascétisme pieux). Ils fabriquaient dans l'espoir d'obtenir une récompense pour ce qu'ils prétendaient. Le danger est que les gens ont accepté leurs fabrications, leur faisant confiance et comptant sur elles. Ainsi, lorsqu'un faussaire fabriquait un propos, les gens le narraient. Probablement, il prenait un propos des sages ou d'autres et l'attribuait faussement au Messager d'Allah ﷺ. Parmi les ahadith fabriqués figurent les ahadith sur l'excellence du Qur’ān sourate par sourate, en particulier les narrations (prétendument) selon 'Ubay ibn Ka'ab et la chaîne de transmission (Isnad) : Abu 'Isma > 'Ikrama > Ibn 'Abbas. Son caractère fallacieux a été établi par l'étude (références croisées) des savants et par l'aveu d'Abu 'Isma. Il a été narré qu'il a dit :
« J'ai vu que les gens s'étaient détournés du Qur’ān pour s'occuper de la jurisprudence islamique (Fiqh) d'Abu Hanifah et des maghazi de Muhammad ibn Ishaq, alors j'ai forgé ces ahadīth en cherchant la récompense dans l'au-delà. »
I saw that the people had turned away from the Qur’ān and occupied themselves with the fiqh of Abu Hanifah and the maghazi of Muhammad ibn Ishaq, so I forged these ahadīth seeking reward in the Hereafter.'
Ceci est une sélection des types de hadiths rejetés, mais il ne s'agit pas de tous les types possibles qui pourraient être mentionnés. Il existe de nombreux types de hadiths rejetés pour lesquels mentionner une partie suffit en tant que principe par lequel le hadith acceptable et le hadith rejeté sont connus. Un hadith n'est pas rejeté parce qu'il ne remplit pas les conditions de la catégorie Sahih tant que son sanad, ses rapporteurs et son matn sont acceptables, c'est-à-dire lorsqu'il est hasan puisque les rapporteurs sont de fiabilité moindre que les rapporteurs du hadith Sahih, ou s'il y avait un mustur (un rapporteur dont le dossier est apparemment irréprochable) ou s'il avait une mauvaise mémoire, ou s'il a été renforcé par une qarina (indication) ou si son acceptation est prépondérante, comme lorsqu'il est renforcé par un autre rapporteur qui est d'accord avec lui ou s'il y a un témoin, c'est-à-dire par un rapporteur que l'on suppose être isolé ou par un autre hadith. On ne doit pas être trop strict dans le rejet d'un hadith tant qu'il est possible de l'accepter selon les exigences du sanad, des rapporteurs et du matn. Surtout lorsque la majorité des savants (Ulama) l'ont accepté et que les fuqaha l'ont généralement utilisé, il est alors digne d'être accepté même s'il ne remplit pas les conditions du Sahih parce qu'il entre dans la catégorie du hasan. Tout comme on ne doit pas être trop strict dans le rejet d'un hadith, il n'est pas permis en même temps d'être négligent à l'égard du hadith, en acceptant le hadith qui est rejeté en raison du sanad, du rapporteur ou du matn.
These are a selection of the types of rejected ahadīth but they are not all the possible types that could be mentioned. There are many types of rejected ahadīth for which mentioning a part is suffient as a principle by which the acceptable and rejected hadīth is known. A hadīth is not rejected because it does not meet the conditions for the catagory of Sahih as long as its sanad, transmitters and matn are acceptable i.e, when it is hasan since the narrators are of lesser reliability than the narrators of the Sahih hadīth or if there was a mustur (a transmitter whose record is apparently blameless) or he had a bad memory or it has been strengthend by a qarina (indication) or its acceptance is prepodentarent such as when it is strengthend by another narrator agreeing with it or there is a witness i.e by a narrator who is assumed to be isolated or by another Hadith. One should not be overstrict in rejecting a hadīth as long as it is possible to accept it according to the requirements of the sanad, tarnsmitters and matn. Especially when the majority of the ‘Ulamā have accepted it and the fuqaha have generally used it, then it is worthy to be accepted even if it did not meet the conditions of the Sahih because it comes under the hasan. Just as one should not be overstrict in rejecting a hadīth at the same time it is not allowed to be negligent with respect to the hadīth, accepting the hadīth which is rejected due to the sanad, transmitter or matn.