21.6 Traités d'urgence
21.6 Emergency Treaties
Les musulmans peuvent se retrouver dans des situations graves qui les contraignent à des choses qui ne sont pas autorisées, mais que la nécessité impose. L'État islamique peut traverser des crises internes ou externes qui le contraignent à conclure des traités qui ne mènent pas directement à la transmission de l'appel à l'islam (Da’wah) ou au combat dans le sentier d'Allah (SWT), mais qui facilitent la création de conditions permettant de la transmettre à l'avenir, ou empêchent le mal de l'arrêt de l'appel à l'islam (Da’wah), ou préservent l'entité des musulmans. La nécessité impose la conclusion de ce type de traités, par conséquent, il est permis au calife de les conclure et ils sont appliqués aux musulmans. Ces traités surviennent dans deux situations que les juristes (fuqaha) ont clairement énoncées, à savoir :
Muslims can fall into severe situations which compel them to matters which are not allowed but the necessity obliges it. The Islamic State can fall into internal or external crises which compel it to contract treaties which do not lead directly to conveying the da’wah or fighting in the way of Allah (swt) but they facilitate creating conditions which will enable conveying it in the future or prevent the evil of stopping the da’wah or preserve the entity of the Muslims. Necessity compels these types of treaties to be contracted therefore it is allowed for the Khalifah to contract them and they are executed upon Muslims. These treaties occur in two situations which the jurisprudents (fuqaha) stated clearly, and they are:
La première situation : si certains membres des gens de la guerre demandent un traité aux musulmans pour des années spécifiques, à condition que les gens de la guerre versent l'impôt foncier (Kharaj) chaque année pour un montant déterminé et que les règles islamiques ne soient pas appliquées sur eux dans leurs terres ; cela n'est pas consenti comme étant une acceptation de la mécréance, à moins que l'État ne soit pas capable d'empêcher l'oppression et qu'il voie dans ce traité un bien pour les musulmans ; à ce moment-là, il est permis de le conclure par nécessité. Dans cette situation, il n'y a ni assistance ni soutien de la part de l'État islamique pour eux, car ils ne sont pas contraints par ce traité aux règles islamiques et ne cessent pas d'être des gens de la guerre lorsqu'ils n'obéissent pas aux règles de l'Islam. Par conséquent, leur soutien n'est pas obligatoire pour les musulmans. Le Messager d'Allah ﷺ a conclu un traité avec Yuhanna bin Rub’ah alors qu'il se trouvait à Tabuk, aux frontières de Bilad AsSham. Il l'a laissé dans sa zone selon sa religion, et il n'est pas entré sous la bannière des musulmans et de leur règle. Ce traité de durée limitée garantit la sécurité de cet État par l'État islamique. Quiconque parmi les musulmans y entre le fait avec la sécurité du traité et non une sécurité individuelle, et il ne lui est pas permis de s'opposer à ses habitants. Quiconque entre dans les terres musulmanes parmi les citoyens de cette terre entre avec la sécurité du traité et ne nécessite pas de nouvelle sécurité autre que le traité, et nul parmi les musulmans n'est autorisé à s'opposer à lui. Les commerçants ne sont pas empêchés de transporter des marchandises vers cet État, sauf les outils utilisés en guerre comme les armes, le matériel de guerre et ce qui est similaire, car ils sont des gens de la guerre même si les musulmans ont un traité avec eux.
The first situation: If some people of the people of war seek a treaty from the Muslims for specific years on condition that the people of war give kharaj every year for a specified amount and that the Islamic rules are not executed upon them in their lands; this is not done as it is consenting upon disbelief unless the State is not able to prevent oppression and sees in this treaty good for Muslims, then at this point it is allowed to contract it out of necessity. In this situation there is no assistance or support for them from the Islamic State because they are not compelled by this treaty with the Islamic rules and do not depart from being people of war when they do not obey the rules of Islam. So undertaking support for them is not obliged upon the Muslims. The Messenger of Allah (saw) made a treaty with Yuhanna bin Rub’ah while he was at Tabuk in the boundaries of Bilad AsSham. He left him in his zone upon his religion, and he did not enter under the banner of Muslims and their rule. This treaty of limited period makes the security of this State guaranteed by the Islamic State. Whoever enters it from the Muslims enters it with the security of the treaty and not an individual security, and it is not allowed for him to oppose its people. Whoever enters the Muslim lands from the citizens of this land enters with the security of the treaty and does not require a new security other than the treaty, nor is anyone from the Muslims allowed to oppose him. Traders are not prevented from carrying merchandise to this State except tools used in war like weapons and war materials and what is similar to this because they are people of war even if the Muslims have a treaty with them.
La deuxième situation : celle-ci est l'opposé de la première situation dans laquelle les musulmans versent de l'argent à leur ennemi en échange de son silence à leur sujet. Les juristes (Faqih) ont mentionné que si l'ennemi assiège les musulmans et exige un traité pour un nombre d'années spécifié à la condition que les musulmans versent aux mécréants un montant spécifique chaque année, il n'est pas correct pour le calife d'accepter cela en raison du mépris et de l'humiliation qui en découlent pour les musulmans, sauf en cas de nécessité. Ceci est (le cas) lorsque les musulmans craignent l'extermination pour eux-mêmes, et que le calife estime qu'il y a un bien dans cette trêve. À ce stade, il n'y a pas de mal à cela en raison de ce qui a été rapporté.
The second situation: This is opposite to the first situation wherein the Muslims pay money to their enemy in return for their silence regarding them. The fuqaha mentioned that if the enemy sieges the Muslims and require a treaty for specified years on condition that the Muslims pay the disbelievers a specific amount every year, it is not correct for the Khalifah to comply to them upon that due to the contemptibility and humiliation therein for Muslims except under necessity. This is (when) the Muslims fear extermination for themselves, and the Khalifah views there is good in this truce. At this point, there is no harm in that due to what was narrated

« Que les polythéistes assiégèrent la tranchée et que les musulmans furent éprouvés comme Allah (SWT) l'a dit : {En ce lieu, les croyants furent éprouvés et ébranlés d'un violent ébranlement} [TMQ 33:11]. Le Messager d'Allah ﷺ envoya vers ‘Uyaynah bin Hasan et lui demanda de revenir avec ceux qui l'accompagnaient en lui donnant un tiers des fruits de Madinah, mais il refusa, n'en voulant que la moitié. Lorsque ses messagers apparurent pour rédiger la trêve devant le Messager d'Allah ﷺ, les deux chefs des auxiliaires (Ansar), S'aad bin ‘Ubadah et S'aad bin Mu’adh (ra), se levèrent et dirent : "Ô Messager d'Allah ﷺ, si cela provient de la révélation, alors exécutez ce qui vous est ordonné, mais s'il s'agit d'une opinion que vous avez formulée, alors eux et nous étions dans l'ignorance préislamique (Jahiliyyah) quand ni eux ni nous n'avions encore de religion (Deen), et ils ne mangeaient pas des fruits de Madinah que par achat ou par hospitalité. Alors, quand Allah nous a honorés avec la religion (Deen) et a envoyé Son Messager parmi nous, devrions-nous leur donner ce dunya tout en étant méprisables ? Non, nous ne leur donnerons rien d'autre que le sabre." Alors il ﷺ dit : "J'ai vu les Arabes tirer d'un seul arc, alors j'ai voulu les détourner de vous. Si vous refusez cela, alors ce sera vous et eux. Partez, car nous ne vous donnerons rien d'autre que le sabre !" »
“That the polytheists surrounded the trench and Muslims were in trial like Allah (swt) said: ‘Therein the believers were tested and shaken with a severe shaking’ [TMQ 33:11].The Messenger of Allah (saw) sent to ‘Uyaynah bin Hasan and requested that he return with those together with him upon giving him a third of the fruits of Madinah but he refused except a half. When his messengers appeared to write the truce in front of the Messenger of Allah, the two chiefs of the Ansar, S'aad bin ‘Ubadah and S'aad bin Mu’adh (ra) stood and they said: ‘O Messenger of Allah, if this is from revelation then execute what you are commanded with but if it is an opinion which you considered, then they and we were in jahiliyyah when neither they nor we had a religion yet they did not eat of the fruits of Madinah except through purchase or hospitality. So when Allah honoured us with the deen and sent His Messenger among us, should we give them this dunya while being contemptible? No, we will not give them except the sword. So he (saw) said: ‘I saw the Arabs shooting from one bow so I liked to divert them from you. If you reject that, then it is you and those. Go away for we will not give you except the sword!’”
Ceci indique que le Messager d'Allah ﷺ s'était initialement incliné vers la trêve en raison de ce qu'il percevait de la faiblesse des musulmans. Lorsqu'il vit la force en eux grâce à ce que S'aad bin ‘Ubadah et S'aad bin Mu’adh (qu'Allah soit satisfait d'eux) ont dit, il s'en est abstenu, ce qui indique qu'il n'y a pas de mal à conclure un traité avec des mécréants en leur versant de l'argent lorsqu'il existe un risque de préjudice. En effet, s'ils conquéraient les musulmans, ils prendraient toute la richesse et les familles comme captives (sabaya) ; ainsi, verser une partie de la richesse pour préserver les musulmans, leurs familles et leurs biens est moins méprisable et plus bénéfique.
This indicates that the Messenger of Allah (saw) initially inclined to the truce due to what he sensed of the Muslims’ weakness. When he saw the strength in them due to what S'aad bin ‘Ubadah and S'aad bin Mu’adh (ra) said, he refrained from that which indicates that there is no harm from contracting a treaty with disbelievers paying them money when there is danger of harm. This is because if they conquered Muslims they would take all the wealth and the families as captives (sabaya), so paying some wealth to safeguard Muslims and their families and wealth is less contemptible and more beneficial.