Quelle est la réalité de cette Tareeqah par rapport au ‘Ilm des fondements de la jurisprudence (Usul al-Fiqh) ?
What is the reality of this Tareeqah in relation to the ‘Ilm of Usool ul-Fiqh?
Le premier à poser fermement les piliers de cette méthode fut l'imam Ash-Shafi'iy dans sa Risaalah, qui fut écrite dans le domaine de l'Usul al-Fiqh. Cette méthode se distingue par l'établissement des Qawaa’id Al-Usooliyah, leur vérification de manière purement théorique, et la conduite d'un examen approfondi de ce qu'elles incluent en termes de désaccord ou de divergence sans tenir compte d'une quelconque école juridique (Madhhab). Son but est donc de produire les principes les plus solides, que cela soit au service d'une école juridique (Madhhab) particulière ou en opposition à celle-ci. C'est parce qu'elle prédomine sur la jurisprudence islamique (Fiqh) et ne lui est pas subordonnée. Il était rare que ceux suivant cette Tareeqah s'occupent des branches, à moins que ce ne soit pour apporter plus de clarté ou fournir des exemples (‘Mabaahith Fee Usool ul-Fiqh’ par Dr. Al-‘Abd Khaleel Abu ‘Eid p26).
The first one to firmly lay down the pillars of this method was Al Imaam Ash-Shaafi’iy in his Risaalah which was written in the subject area of Usool ul-Fiqh. This method is distinguished in respect to establishing the Qawaa’id Al-Usooliyah, verifying them in a purely theoretical manner, conducting a thorough examination of what they include in terms of disagreement or difference without paying consideration to any Madh’hab. The aim of it is therefore to produce the strongest principles whether that would be in service of a particular Madh’hab or was in opposition to it. That is because it dominates over the Fiqh and is not subservient to it. It was rare that those following this Tareeqah would preoccupy themselves with the branches unless this was to provide further clarity or provide examples (‘Mabaahith Fee Usool ul-Fiqh’ by Dr. Al-‘Abd Khaleel Abu ‘Eid p26).
Par conséquent, il y avait parmi les membres de cette Tareeqah ceux qui étaient en désaccord avec Ash-Shaafi’iy (sur certains points) même s'ils étaient des disciples de son école juridique (Madhhab). Ainsi, par exemple, nous avons vu qu'Ash-Shaafi’iy ne considérait pas Al-Ijmaa’ As-Sukootiy comme une preuve, tandis qu'Al-Aamadi, qui appartenait à l'école juridique (Madhhab) shaaf’iyte, estimait que Al-Ijmaa’ As-Sukootiy est une Hujjah (preuve et source).
Consequently, there were those of this Tareeqah who disagreed with Ash-Shaafi’iy (in areas) even if they were followers of his Madh’hab. So for instance we saw that Ash-Shaafi’iy did not take Al-Ijmaa’ As Sukootiy whilst Al-Aamadi who was of the Shaaf’iy Madh’hab outweighed that Al-Ijmaa’ As-Sukootiy is a Hujjah (proof and source).
Cette Tareeqah (méthode) a bénéficié aux fondements de la jurisprudence (Usul al-Fiqh) et les principes usuliyya n'étaient pas asservis au partisanisme envers l'école juridique (Madhhab). Au contraire, ils étaient étudiés d'une manière 'Ilmiy et profonde, et étaient asservis à la précision et à l'examen approfondi. En ce sens, des principes corrects et solides en ont résulté, fondés sur des preuves ou des démonstrations (Baraaheen) claires et définitives.
This Tareeqah (method) benefited Usool ul-Fiqh and the Usooli principles were not subservient to partisanship to the Madh’hab. Rather it was studied in a ‘Ilmiy and deep manner and was subservient to precision and thorough examination. As such correct and strong principles resulted from that built upon definite clear evidences or proofs (Baraaheen).
Exemple :
Example:
Je vais maintenant vous exposer la manière d'établir ou d'affirmer une Qaa’idah (principe) parmi les Qawaa’id des fondements de la jurisprudence (Usul al-Fiqh) adoptées par les Hanbalites, tirée du livre ‘Raudat An-Nazhar Wa Jannat ul-Manaazhir’ en fondements de la jurisprudence (Usul al-Fiqh) écrit par Al-Imaam Muwaffiq ud-Deen Abdullah Ibn Ahmad Ibn Qudaamah Al Maqdasiy, qui est décédé en l'an 630 AH. Ceci selon la Tareeqah (méthodologie) des Mutakallimeen :
I will now relate to you the manner of establishing or affirming a Qaa’idah (principle) from the Qawaa’id of Usool ul-Fiqh undertaken by the Hanaabilah taken from the book ‘Raudat An-Nazhar Wa Jannat ul-Manaazhir’ in Usool ul-Fiqh authored by Al-Imaam Muwaffiq ud-Deen Abdullah Ibn Ahmad Ibn Qudaamah Al Maqdasiy who passed away in the year 630 AH. This was upon the Tareeqah (methodology) of the Mutakallimeen:
La Qaa’idah (le principe) :
The Qaa’idah (principle):
Le consensus (Ijma’) d'Ahl-ul-Madinah (les gens de Médine) n'est pas une Hujjah (preuve/source de preuve).
The Ijmaa’ of Ahl-ul-Madinah (the people of Madinah) is not a Hujjah (proof/source of evidence).
Al-Burhaan (la preuve/la démonstration) :
Al-Burhaan (the proof/evidence):
« Le consensus (Ijma’) des gens de Médine n'est pas une preuve (Hujjah), et Maalik a dit que c'est une preuve car il représente la source de la science (‘Ilm), le foyer de la révélation (Wahy) et que les enfants des compagnons (Sahabah) y résidaient. En tant que tel, il est impossible que leur accord porte sur autre chose que cela (c'est-à-dire l'Islam) et qu'ils s'écartent de ce sur quoi ils se trouvaient... » Il dit ensuite : « Et leur affirmation selon laquelle il est impossible que la vérité (Haqq) les quitte est évaluée. Cela est dans le cas où il n'est pas impossible qu'un homme entende un hadith du Prophète ﷺ tout en voyageant ou à Médine, puis l'abandonne avant de le transmettre à autrui, et les mérites de Médine n'obligent pas la réunion d'un consensus (Ijma’) par ses habitants. Car, en vérité, La Mecque est meilleure qu'elle et elle n'a aucune trace (ou impact) en ce qui concerne le consensus (Ijma’), et leur consensus (Ijma’), s'il devait être considéré comme une preuve (Hujjah), aurait dû représenter une preuve (Hujjah) en tout temps. Ceci alors qu'il n'y a aucune différence ou désaccord concernant le fait que leur parole ne soit pas sur laquelle on s'appuie en notre époque actuelle, sans même parler du fait qu'elle soit considérée comme un consensus (Ijma’). »
“The Ijmaa’ of Ahl-ul-Madinah is not a Hujjah and Maalik said that it is a Hujjah because it represents the source of knowledge (‘Ilm), the home of the Wahi and the children of the Sahaabah resided within it. As such it is impossible for their agreement to be upon other than it (i.e. Islaam) and for them to go outside from what they were upon...” He then says: “And their statement that it is impossible for the Haqq (truth) to leave them is judged (evaluated). This is in the case where it is not impossible for a man to hear a Hadeeth from the Nabi (saw) whilst travelling or in Al-Madinah and then leave it before transmitting it to others and the merits of Al-Madinah do not oblige the convening of an Ijmaa’ (consensus) by its people. For verily Makkah is better than it and it has no trace (or impact) in respect to the Ijmaa’ and their Ijmaa’, if it was to be considered a Hujjah, would have been obliged to represent a Hujjah in all times. This is whilst there is no difference or disagreement in respect to their statement not being relied upon in this current time of ours let alone it being regarded as an Ijmaa”.
Dans cet exemple, Ibn Qudaamah a donc utilisé un jugement rationnel ou intellectuel pour affirmer ou établir que le consensus (Ijma’) des gens de Médine n'est pas une preuve (Hujjah), alors qu'il avait été adopté comme une preuve (Hujjah) par les partisans ou les promoteurs de l'école juridique (Madhhab) malikite.
In this example Ibn Qudaamah therefore used rational or an intellectual judgement to affirm or establish that the Ijmaa’ of Ahl-ul Madinah is not a Hujjah which had been taken by the followers or proponents of the Maaliki Madh’hab as a Hujjah.