Al-A'râf (les Hauteurs) | Une confrontation avec Pharaon 103-137
Al-a`rāf (the Heights) | A Confrontation With Pharaoh 103-137
Ensuite, après ces prophètes, Nous envoyâmes Moïse avec Nos signes vers Pharaon et son peuple, mais ils les rejetèrent avec injustice. Regarde donc quelle fut la fin de ceux qui semaient la corruption. (103)
Then after those We sent Moses with Our signs to Pharaoh and his people, but they wilfully rejected them. Behold what happened in the end to those spreaders of corruption. (103)
Moïse dit : « Pharaon, je suis un Messager du Seigneur des mondes, (104)
Moses said: “Pharaoh, I am a Messenger from the Lord of all the worlds, (104)
et ne doit dire de Dieu que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve claire de la part de votre Seigneur. Laisse donc partir avec moi les enfants d'Israël. » (105)
and may say about God nothing but the truth. I have come to you with a clear evidence from your Lord. So, let the Children of Israel go with me.” (105)
Il répondit : « Si tu es venu avec un signe, présente-le donc, si tu es véridique. » (106)
He answered: “If you have come with a sign, produce it then if you are so truthful.” (106)
Moïse jeta son bâton, et celui-ci devint aussitôt un serpent bien visible. (107)
Moses threw down his staff, and it immediately became a plainly visible serpent. (107)
Et il retira sa main, et elle était [resplendissante de] blancheur aux yeux de ceux qui regardaient. (108)
And he drew forth his hand, and it was [shining] white to the beholders. (108)
Les grands du peuple de Pharaon dirent :
The great ones among Pharaoh’s people said:
« Cet homme est en vérité un magicien d'une grande habileté, »
“This man is indeed a sorcerer of great skill, (109)
« qui veut vous chasser de votre terre ! » [Dit Pharaon] « Que conseillez-vous donc ? » (110)
who wants to drive you out of your land!” [Said Pharaoh] “What, then, do you advise?” (110)
Ils dirent : « Qu'il attende, lui et son frère, un moment, et envoie des hérauts dans toutes les cités (111)
They said: “Let him and his brother wait a while, and send heralds to all cities (111)
« afin de vous amener tout magicien d'une grande habileté. » (112)
to bring before you every sorcerer of great skill.” (112)
Les magiciens vinrent trouver Pharaon et dirent : « Aurons-nous certainement une belle récompense si c'est nous qui sommes les vainqueurs ? » (113)
The sorcerers came to Pharaoh and said: “Surely there will be a handsome reward for us if it is we who prevail.” (113)
« Oui ; et vous serez certainement parmi ceux qui seront proches de moi. » (114)
Answered [Pharaoh]: “Yes; and you will certainly be among those who are close to me.” (114)
Ils dirent : « Ô Moïse ! Ou bien tu jettes [le premier], ou bien nous serons les premiers à jeter ? » (115)
They said: “Moses! Either you shall throw [first] , or we shall be the first to throw?” (115)
Il répondit : « Jetez-vous les premiers. » Et lorsqu'ils jetèrent [leurs bâtons], ils ensorcelèrent les yeux des gens, les terrifièrent et firent une démonstration d'une grande magie. (116)
He answered: “You throw [first].” And when they threw [their staffs], they cast a spell upon people’s eyes and struck them with awe, making a display of great sorcery. (116)
Nous inspirâmes alors à Moïse : « Jette ton bâton ».
We then inspired Moses: “Throw your staff”.
Et il engloutit leurs faux artifices (117)
And it swallowed up their false devices (117)
Ainsi la vérité prévalut, et toutes leurs œuvres furent révélées vaines. (118)
Thus the truth prevailed and all their doings were proved to be in vain. (118)
Ils furent alors vaincus sur place et devinrent totalement humiliés. (119)
They were defeated there and then, and became utterly humiliated. (119)
Les magiciens se jetèrent prosternés,
The sorcerers fell down prostrating themselves, (120)
et ils dirent : « Nous croyons au Seigneur des mondes, (121)
and said: “We believe in the Lord of all the worlds, (121)
le Seigneur de Moïse et d'Aaron. » (122)
the Lord of Moses and Aaron.” (122)
Pharaon dit : « Vous avez cru en Lui avant que je ne vous en donne la permission ! C'est là assurément un complot que vous avez ourdi dans cette cité pour en chasser ses habitants, mais vous saurez bientôt [les conséquences]. » (123)
Pharaoh said: “You believe in Him even before I have given you permission! This is indeed a plot you have contrived in this city in order to drive out its people, but you shall soon come to know [the consequences]. (123)
« Je vous ferai couper les mains et les pieds en alternance, puis je vous crucifierai tous. » (124)
I shall have your hands and feet cut off on alternate sides, and then I shall crucify you all.” (124)
« Ils répondirent : “C'est vers notre Seigneur que nous retournerons assurément. » (125)
They replied: “To our Lord we shall indeed return. (125)
Vous ne vous vengez de nous que parce que nous avons cru aux signes de notre Seigneur lorsqu'ils nous sont parvenus. Seigneur, accorde-nous une patience abondante dans l'épreuve, et fais-nous mourir en tant que soumis à Toi. » (126)
You want to take vengeance on us only because we have believed in the signs of our Lord when they were shown to us. Our Lord, grant us abundance of patience in adversity, and let us die as people who have surrendered themselves to You.” (126)
Les grands du peuple de Pharaon dirent :
The great ones among Pharaoh’s people said:
« Vas-tu permettre à Moïse et à son peuple de semer la corruption sur terre et de t'abandonner, toi et tes divinités ? » Il répondit : « Nous tuerons leurs fils et nous ne laisserons en vie que leurs femmes. Nous sommes certes plus puissants qu'eux. » (127)
“Will you allow Moses and his people to spread corruption in the land and to forsake you and your gods?” He replied: “We shall put their sons to death and shall spare only their women. We shall certainly overpower them.” (127)
Moïse dit à son peuple : « Tournez-vous vers Dieu (seul)
Moses said to his people: “Turn to God (alone)
« Cherchez secours auprès de Dieu et soyez patients. La terre appartient à Dieu : Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin heureuse est pour ceux qui craignent Dieu. » (128)
for help and remain steadfast. The whole earth belongs to God. He allows it to be inherited by whomever He wills of His servants. The future belongs to those who are God-fearing.” (128)
Ils dirent : « Nous avons été opprimés avant que tu ne viennes à nous et depuis que tu es venu à nous. » Il répondit : « Il se peut que votre Seigneur détruise votre ennemi et fasse de vous les héritiers de la terre. Il verra alors comment vous vous conduirez. » (129)
They said: “We have been oppressed before you came to us and since you have come to us.” He replied: “It may well be that your Lord will destroy your enemy and leave you to inherit the earth. He will then see how you conduct yourselves.” (129)
Nous avons frappé le peuple de Pharaon de sécheresse et de disette, afin qu'ils se souviennent. (130)
We afflicted Pharaoh’s people with drought and poor harvests, so that they might take heed. (130)
Chaque fois qu'un bien leur arrivait, ils disaient : « C'est là ce qui nous est dû » ; mais dès qu'un malheur les frappait, ils l'imputaient à un mauvais présage venant de Moïse et de ceux qui le suivaient. Pourtant, ce qui leur arrive a été décrété par Dieu, mais la plupart d'entre eux ne le savent pas. (131)
Whenever something fine came their way, they would say: “This is our due”, but whenever affliction befell them, they attributed their ill omen to Moses and those who followed him. Surely, whatever befalls them has been decreed by God, though most of them do not know it. (131)
Ils dirent : « Quel que soit le signe que tu nous présentes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi. » (132)
They said [to Moses]: “Whatever sign you may produce before us in order to cast a spell on us, we shall not believe in you.” (132)
Ainsi Nous leur envoyâmes le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, en signes manifestes ; mais ils s'enflèrent d'orgueil, car ils étaient un peuple de criminels. (133)
So We plagued them with floods, and locusts, and lice, and frogs, and blood: clear signs all; but they gloried in their arrogance, for they were evil-doing folk. (133)
Chaque fois qu'une épidémie les frappait, ils criaient :
Whenever a plague struck them, they would cry:
« Moïse, prie ton Seigneur pour nous, en vertu de l'alliance qu'Il a conclue avec toi. Si tu lèves de nous ce fléau, nous croirons vraiment en toi, et nous laisserons partir avec toi les Enfants d'Israël. » (134)
“Moses, pray to your Lord for us on the strength of the covenant He has made with you. If you lift the plague from us, we will truly believe in you, and we will let the Children of Israel go with you.” (134)
Mais lorsque Nous eûmes levé le châtiment de la peste pour eux, à un terme qu'ils devaient atteindre, voilà qu'ils rompirent leur promesse. (135)
But when We had lifted the plague from them, for a term they were sure to reach, they broke their promise. (135)
Nous les avons donc châtiés et Nous les avons engloutis dans la mer, parce qu'ils traitaient Nos signes de mensonges et s'en détournaient avec indifférence.
So We inflicted Our retribution on them, and caused them to drown in the sea, because they denied Our signs and were heedless of them.
(136)
(136)
Nous avons fait hériter aux gens qui étaient opprimés et considérés comme extrêmement faibles les parties orientales et occidentales de la terre que Nous avions bénie.
We caused the people who were persecuted and deemed utterly low to inherit the eastern and western parts of the land which We had blessed.
Ainsi, la belle promesse de ton Seigneur aux Enfants d'Israël s'accomplit, parce qu'ils avaient fait preuve de patience dans l'épreuve ; et Nous détruisîmes tout ce que Pharaon et son peuple avaient édifié, et tout ce qu'ils avaient bâti. (137)
Thus your Lord’s gracious promise to the Children of Israel was fulfilled, because they were patient in adversity; and We destroyed all that Pharaoh and his people had wrought, and all that they had built. (137)
Aperçu
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Ce passage rapporte une grande partie de l'histoire de Moïse avec Pharaon et son peuple. Il commence lorsque Pharaon et les notables de son peuple sont confrontés au fait que Dieu est le Seigneur de tout l'univers, et se termine par la noyade de Pharaon et de son armée. Entre ces événements, la sourate nous raconte la joute entre Moïse et les magiciens, qui se conclut par le triomphe de la vérité, et la déclaration des sorciers, qui disent croire au Seigneur des mondes, selon la doctrine prêchée par Moïse et son frère Aaron. La sourate nous rapporte les menaces de Pharaon de châtier ces magiciens et de les mettre à mort.
This passage relates much of the history of Moses with Pharaoh and his people. It starts when Pharaoh and the leading figures among his people are confronted with the fact that God is the Lord of all the universe, and ends with the drowning of Pharaoh and his army. In between these events, the sūrah tells us of the contest between Moses and the magicians which ends up with a triumph for the truth, and the declaration by the sorcerers that they believe in the Lord of all the worlds, according to the concept preached by Moses and his brother Aaron. The sūrah tells us of Pharaoh’s threats to punish those magicians and to put them to death.
Néanmoins, la vérité s'était tellement emparée de leurs cœurs qu'ils ne se souciaient plus de Pharaon. Ils étaient prêts à sacrifier leur vie pour leur foi.
Nevertheless, the truth had taken such a hold of their hearts that they no longer cared for Pharaoh. They were prepared to sacrifice their lives for their faith.
La sourate rapporte aussi les persécutions auxquelles furent soumis les enfants d'Israël, et comment Dieu châtia Pharaon et son peuple par de mauvaises récoltes, puis leur envoya des inondations, des nuées de sauterelles, de poux, de grenouilles et du sang. Chaque fois, ils supplièrent Moïse de prier son Seigneur pour qu'Il lève le châtiment. Mais dès que le châtiment était levé, ils revenaient à leurs errements, déclarant qu'ils ne croiraient pas, quels que soient les signes qui leur seraient montrés. Finalement, la loi de Dieu les rattrapa et ils furent noyés, en raison de leur rejet des preuves manifestes qui leur avaient été présentées et parce qu'ils négligeaient le but des épreuves auxquelles Dieu peut soumettre toute communauté. Selon la loi de Dieu, Il éprouve les incroyants par l'adversité et par l'aisance avant de les détruire. Puis, le pouvoir sur la terre fut donné au peuple de Moïse en récompense de sa persévérance dans l'épreuve de l'adversité. Cela signifiait une nouvelle épreuve, celle de l'aisance.
The sūrah also tells us of the persecution to which the Children of Israel were subjected and how God punished Pharaoh and his people with poor harvests and also inflicted on them floods, and pests of locusts, ants, frogs and blood. Each time, they appealed to Moses to pray to his Lord to lift the punishment. However, whenever a punishment was lifted, they reverted to their erring ways, declaring that they would not believe, no matter what signs they were shown. Eventually, God’s law overtook them and they were drowned because of their rejection of the clear evidence shown to them and because they overlooked the purpose of the tests to which God may subject any community. According to God’s law, He tests unbelievers with hardship and affluence before destroying them. Then, power in the land was given to Moses’s people as a reward for their perseverance through the test of hardship. That meant a new test with affluence.
Comme l'histoire commence
As the Story Begins
« Puis, après eux, Nous envoyâmes Moïse avec Nos signes à Pharaon et à son peuple, mais ils les rejetèrent injustement. Regarde donc quelle fut la fin des semeurs de corruption. » (Verset 103) Nous apprenons d'abord que la mission de Moïse vint après ces communautés auxquelles des prophètes antérieurs furent envoyés. La sourate nous a donné un récit de chacune de ces communautés et de ce qu'il advint de leur peuple, qui avait rejeté les messages de ces prophètes.
“Then after those We sent Moses with Our signs to Pharaoh and his people, but they wilfully rejected them. Behold what happened in the end to those spreaders of corruption.” (Verse 103) We first learn that Moses’s mission came after those communities to whom earlier prophets were sent. The sūrah has given us an account of each of those communities and what happened to their people who rejected the messages of those Prophets.
La sourate commence maintenant le récit de Moïse, depuis le moment où il s'est trouvé face à Pharaon et aux dirigeants de son gouvernement pour leur transmettre le message divin. Elle nous expose ensuite très brièvement l'essentiel de leur réponse et fait allusion au sort qu'ils ont subi. Le peuple de Pharaon a rejeté avec obstination et injustice les signes que Dieu lui avait montrés, sans examen ni réflexion appropriés. On constate que le Coran emploie souvent des termes tels que « injuste, inique, oppression ou transgression » à la place de « mécréance » ou « association d'associés à Dieu ». Ici, le texte arabe utilise l'expression « ils ont recouru à l'injustice » pour ce que le texte traduit rend par « rejet délibéré ». En réalité, l'association d'associés à Dieu ou le rejet de la foi divine est la pire forme d'injustice et la plus abominable des transgressions. Ceux qui rejettent la foi adoptent une attitude injuste envers la vérité fondamentale de l'unicité de Dieu. Ils se font aussi du tort à eux-mêmes en s'exposant à la destruction dans cette vie, ainsi qu'à un châtiment sévère dans la vie future. Ils sont également injustes envers les autres êtres humains, car ils cherchent à les détourner de la soumission à Dieu, le seul Seigneur de l'univers, pour les contraindre à se soumettre à des divinités et à des autorités différentes. Il ne peut y avoir d'injustice plus grande que celle-ci. Ainsi, mécroire en Dieu, c'est être injuste, et, comme le déclare le Coran : « Certes, les infidèles sont les injustes. » (2 : 254) De même, celui qui rejette la foi est un transgresseur, car il se détourne du droit chemin menant à Dieu pour suivre d'autres voies qui ne mènent qu'à l'enfer.
The sūrah now begins the story of Moses from when he confronted Pharaoh and the leaders of his government with the divine message. It then tells us very briefly the sum of their response, and refers to the fate they suffered. Pharaoh’s people wilfully and wrongfully rejected the signs shown to them by God, without proper consideration or reflection. We find that the Qur’ān often uses terms like, `wrongful, unjust, oppression or transgression’ in place of `disbelief’ or `associating partners with God’. Here the Arabic text uses the phrase `resorted to injustice’ for what is rendered in the translated text as `wilful rejection’. The fact is that the association of partners with God or rejecting divine faith is the worst type of injustice and the most ghastly transgression. Those who reject faith adopt a wrongful attitude towards the basic truism of God’s oneness. They also wrong themselves by exposing themselves to destruction in this life, as well as severe punishment in the life to come. They are also unjust to other human beings because they try to take them away from submission to God, the only Lord in the universe, in order to force them to submit to different deities and authorities. There can be no worse injustice than this. Hence, to disbelieve in God is to be unjust, and, as the Qur’ān states, “Truly, the unbelievers are the wrongdoers.” (2: 254) Similarly, a person who rejects faith is a transgressor, because he turns away from the straight path leading to God in order to follow other paths that lead only to hell.
La Vérité, toute la Vérité
The Truth, the Whole Truth
Cette ouverture du récit représente une méthode coranique particulière de relater les récits historiques. Elle est certainement la méthode la plus appropriée pour cette sourate, car elle s'accorde bien avec son thème central. Elle nous annonce d'emblée le dénouement. Elle passe ensuite aux détails, afin que nous puissions suivre les événements jusqu'à leur conclusion. Que s'est-il donc passé, alors, entre Moïse et Pharaon ?
This opening of the story represents a particular Qur’ānic method of relating historical accounts. It is certainly the most appropriate method for this sūrah, because it fits in well with its central theme. It tells us the outcome right at the beginning. It then moves on to give the details, so that we may follow the events right up to their conclusion. What happened, then, between Moses and Pharaoh?
Moïse dit : « Pharaon, je suis un Messager du Seigneur des mondes, et je ne dois dire de Dieu que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve évidente de votre Seigneur. Laissez donc partir avec moi les Enfants d'Israël. » Il répondit : « Si tu es venu avec un signe, montre-le, si tu es véridique. » Moïse jeta son bâton, et il devint aussitôt un serpent bien visible. Puis il retira sa main, et elle apparut blanche aux regards. Les notables du peuple de Pharaon dirent : « Cet homme est certes un magicien très habile, qui veut vous chasser de votre terre ! » [Pharaon dit :] « Que conseillez-vous donc ? » Ils répondirent : « Donne-lui, ainsi qu'à son frère, un délai, et envoie des hérauts dans toutes les villes pour te ramener chaque magicien très habile. » (Versets 104-112)
Moses said: ‘Pharaoh, I am a Messenger from the Lord of all the worlds, and may say about God nothing but the truth. I have come to you with a clear evidence from your Lord. So, let the Children of Israel go with me.” He answered: “If you have come with a sign, produce it then if you are so truthful.” Moses threw down his staff and it immediately became a plainly visible serpent. And he drew forth his hand, and it was [shining] white to the beholders. The great ones among Pharaoh’s people said: “This man is indeed a sorcerer of great skill, who wants to drive you out of your land!” [Said Pharaoh] “What, then, do you advise?” They said: “Let him and his brother wait a while, and send heralds to all cities to bring before you every sorcerer of great skill.” (Verses 104-112)
Voici la première rencontre entre la vérité et le mensonge, entre la foi et le rejet. C'est une scène qui met face à face le Messager, qui appelle les gens à croire au Seigneur des mondes, et les tyrans qui prétendent exercer, et de fait exercent, la seigneurie sur leur peuple.
Here is the first encounter between truth and falsehood, faith and rejection. It is a scene which brings the Messenger, who calls on people to believe in the Lord of all the worlds, face to face with the tyrants who claim, and indeed practise, lordship over their people.
Confrontation et mobilisation
Confrontation and Mobilization
Pharaon pensa que s'il parvenait à prouver que Moïse était un menteur, toutes ses affirmations pourraient être réfutées et tout danger écarté. Mais Moïse avait la réponse complète :
Pharaoh felt that if he could prove that Moses was a liar, then all his claims could be refuted and all danger would be removed. But Moses had the complete answer:
« Moïse jeta son bâton, et celui-ci devint aussitôt un serpent bien visible. Et il retira sa main, et elle parut blanche aux regards. » (Versets 107-108) Cela constitua une surprise totale pour Pharaon et les notables de son peuple. Le bâton devint un véritable serpent, « bien visible ». Il est décrit dans une autre sourate comme « un serpent qui se déplaçait rapidement »15 (20 : 20). De plus, Moïse avait le teint mat, mais lorsqu'il sortit sa main de sa poche, elle apparut très blanche, sans aucune trace de maladie. Cela constituait en soi un signe miraculeux, car il lui suffisait de remettre la main dans sa poche pour qu'elle retrouve son teint mat d'origine.16
“Moses threw down his staff, and it immediately became a plainly visible serpent. And he drew forth his hand, and it was [shining] white to the beholders.” (Verses 107-108) This came as a complete surprise to Pharaoh and the elders of his people. The staff became a real serpent which was “plainly visible”. It is described in another sūrah as “a scurrying snake”.15 (20: 20) Moreover, Moses was a man of dark complexion, but when he took his hand out of his pocket, it was seen as very white, without any sign of illness. This in itself was a miraculous sign, because he only had to put his hand in his pocket again for it to regain its original dark complexion.16
Moïse avait les signes et les preuves pour confirmer ses propos selon lesquels il était un Messager du Seigneur de l'univers, mais Pharaon et son peuple accepteraient-ils une telle prétention dangereuse et reconnaîtraient-ils Dieu, le Seigneur de tous les mondes ? Sur quelle base Pharaon fonderait-il alors son pouvoir de roi d'Égypte ? Quelle justification ses conseillers auraient-ils pour occuper des postes aussi influents alors que c'est Pharaon lui-même qui les leur avait accordés ? Comment tout ce système pourrait-il se justifier si toute autorité dans l'univers appartenait à son Seigneur, le seul Dieu ? Si cette Seigneurie est reconnue, alors la loi de Dieu doit prévaloir, et Dieu serait le seul à devoir être obéi. Quelle serait alors la position de Pharaon, dès lors que son pouvoir ne repose ni sur la loi de Dieu ni ne s'appuie sur Ses commandements ? Lorsque les gens reconnaissent la Seigneurie de Dieu, ils ne peuvent avoir d'autre seigneur qui leur impose son pouvoir et sa législation. Ils se soumettent à la loi de Pharaon lorsque Pharaon est leur seigneur. Quiconque peut imposer sa législation à une communauté en est le seigneur, et ses membres acceptent simplement sa religion, quelle qu'elle soit.
Faire face à la sorcellerie et au mensonge
Squaring Up to Sorcery and Falsehood
Le récit coranique passe sous silence toutes les mesures prises par Pharaon et ses conseillers pour rassembler les magiciens de tous les coins du royaume. Le rideau tombe après la première scène pour se relever ensuite, le concours se déroulant sous nos yeux, afin de présenter cette histoire comme si elle se déroulait maintenant, devant nous. C'est là une caractéristique du style inimitable du Coran.
The Qur’ānic account skips over all the measures taken by Pharaoh and his aides in gathering all the sorcerers from every corner of the kingdom. The curtain falls after the first scene to be raised again with the contest progressing in full view in order to show this history as if it is happening now, in front of us. This is a characteristic of the inimitable style of the Qur’ān.
« Les magiciens vinrent trouver Pharaon et dirent : “Y aura-t-il pour nous une récompense si nous sommes les vainqueurs ?” Il répondit : “Oui, et vous serez alors parmi les plus proches de moi.” » (Versets 113-114) Ce ne sont que des professionnels. Pour eux, la magie comme le sacerdoce sont des métiers. Leur objectif ultime, en exerçant l’un comme l’autre, est de jouir d’une somme d’argent considérable. Se mettre au service des dirigeants et soutenir la tyrannie est la tâche qu’assume le clergé professionnel. Chaque fois que la situation générale d’un pays ou d’une communauté s’éloigne de la pure soumission à Dieu, en reconnaissant à Lui seul toute souveraineté, et chaque fois qu’une forme d’autorité fausse et arbitraire remplace la loi de Dieu, ceux qui exercent cette autorité ont besoin de ce clergé professionnel. L’autorité fausse est toujours prête à rémunérer ce clergé pour ses services. C’est un marché qui sert les intérêts mutuels des deux parties : le clergé reconnaît cette autorité fausse au nom de la religion, et ceux qui détiennent le pouvoir leur versent des salaires et leur confèrent de hautes positions.
“The sorcerers came to Pharaoh and said: ‘Surely there will be a handsome reward for us if it is we who prevail.’ Answered [Pharaoh]: ‘Yes; and you will certainly be among those who are close to me.’” (Verses 113-114) They are mere professionals. To them, both sorcery and priesthood are professions. Their ultimate aim in carrying on with both vocations is to enjoy a handsome financial reward. Being in the service of rulers and overpowering tyranny is the task undertaken by professional clergy. Whenever the general situation in a country or a community moves away from pure submission to God, acknowledging all sovereignty to Him alone, and whenever a form of false, arbitrary authority replaces God’s law, those exercising such an authority find themselves in need of such professional clergy. The false authority is always ready to remunerate such clergy for their services. It is a deal which serves the mutual interests of both parties; the clergy acknowledge that false authority in the name of religion, and those exercising power provide them with wages and give them high positions.
Aucune permission de croire en Dieu
No Permission to Believe in God
Aucun tyran exerçant un pouvoir absolu ne pourra jamais comprendre comment la lumière pénètre les cœurs humains, ni comment les gens peuvent jouir de la sérénité que procure la foi et éprouver le bonheur qu'elle apporte. Les tyrans continuent d'exercer le pouvoir pendant longtemps, voyant que les gens acceptent tout ce qu'ils disent. Avec le temps, ils finissent par croire que leur autorité s'étend aux esprits, aux cœurs et aux âmes des gens, alors que ceux-ci ne se soumettent en réalité qu'à Dieu. Ainsi, Pharaon fut totalement stupéfait de voir les magiciens embrasser la foi si rapidement, d'autant qu'il ne pouvait pas voir la foi pénétrer dans leurs cœurs et ne pouvait pas comprendre le fonctionnement de leur esprit. Mais il comprit rapidement la gravité de cette évolution et le danger qu'elle faisait peser sur son autorité même. Ces magiciens, qui étaient en fait les serviteurs des temples dans toute l'Égypte, avaient été rassemblés afin de prouver que le message de Moïse et d'Aaron était faux. Ce sont pourtant ces mêmes magiciens qui acceptèrent ce message et déclarèrent leur soumission à Dieu, le Seigneur de l'univers, ainsi qu'au Seigneur de Moïse et d'Aaron.
No tyrant enjoying absolute power can ever understand how light penetrates human hearts, or how people can enjoy the reassurance of faith and experience the happiness it imparts. Tyrants continue to exercise power for a long time, seeing that people accept whatever they say. With the passage of time they come to believe that their authority extends over people’s minds, hearts and souls, when these actually submit only to God. Hence, Pharaoh was totally surprised to see the sorcerers accept the faith so quickly, especially as he could not see the faith penetrating into their hearts and could not realize how their minds worked. But he was quick to recognize how serious this development was and that it threatened his very authority. Those sorcerers, who were actually the attendants in temples throughout Egypt, were gathered in order to prove Moses’s and Aaron’s message as false. It was those same sorcerers who accepted that message and declared their submission to God, the Lord of the universe and of Moses and Aaron.
Pharaon sentit son trône trembler, et il est bien connu que le trône et la couronne représentent tout ce qui fait la vie d'un tyran. Les tyrans sont toujours prêts à commettre n'importe quel crime, sans hésitation, afin de conserver le pouvoir : {Pharaon dit : « Vous croyez en Lui avant même que je ne vous en donne la permission ! Ce est bien là un complot que vous avez ourdi dans cette ville pour en chasser ses habitants ; mais vous saurez bientôt [les conséquences]. Je vous ferai couper les mains et les pieds en croix, les uns du côté droit et les autres du côté gauche, puis je vous crucifierai tous. »} (Versets 123-124)
Pharaoh felt his throne shake, and it is well known that the throne and the crown represent all that is in the life of a tyrant. Tyrants are always ready to commit any crime, without hesitation, in order to retain power: “Pharaoh said: ‘You believe in Him even before I have given you permission! This is indeed a plot you have contrived in this city in order to drive out its people, but you shall soon come to know [the consequences]. I shall have your hands and feet cut off on alternate sides, and then I shall crucify you all.’” (Verses 123-124)
Une victoire décisive
A Decisive Victory
C'était un moment décisif dans l'histoire de l'humanité, car il a été témoin de la faillite de la force brutale. Ces individus libres qui, quelques instants auparavant, demandaient à Pharaon leur récompense et espéraient gagner ses faveurs, étaient désormais capables de s'élever au-dessus de l'étendard de Pharaon, sans avoir aucune crainte de lui, accordant peu d'attention à ses menaces et se préparant à affronter la persécution. Rien dans leur vie ni dans le monde matériel qui les entourait n'avait changé. Seul un contact subtil relie un être humain mortel à la puissance de l'immortalité. Les cœurs et les âmes étaient désormais capables de ressentir la puissance de Dieu, et les consciences étaient prêtes à recevoir la direction divine et sa lumière. Ce contact subtil entraîne un changement fondamental dans le monde matériel et élève l'homme à un niveau qu'il n'aurait jamais pu imaginer possible. Les avertissements et les menaces sonnent alors creux, vains. La foi suit son chemin avec constance, sans hésitation et avec une entière assurance.
It was a decisive moment in the history of mankind because it witnessed the bankruptcy of brute force. Those free individuals who only a few moments earlier were asking Pharaoh for their reward and hoping to win favour with him were now able to rise above Pharaoh’s standard, having no fear of him, paying little attention to his threats and preparing themselves to face persecution. Nothing in their lives or in the material world around them had changed. Only a subtle touch that connects a mortal human being to the power of immortality. Hearts and souls were now able to feel God’s power, and consciences were ready to receive divine guidance and its light. That subtle touch brings about a fundamental change in the material world and elevates man to a standard he could never have dreamed possible. Warnings and threats, then, sound hollow, meaningless. Faith goes along its way steadily, unhesitatingly and with complete reassurance.
Ici, le rideau tombe et le récit coranique de cette rencontre s'achève. La scène a atteint son paroxysme. Sa description saisissante sert le but psychologique qui sous-tend le récit de cet épisode. Telle est la méthode du Coran, qui s'adresse aux cœurs et aux âmes par le message de la foi et par le langage de l'expression artistique, dans une harmonie que seul le Coran sait atteindre.
At this point the curtain falls and the Qur’ānic account of this encounter is over. The scene has reached its climax. Its powerful description serves the psychological purpose behind relating this account. It is the method of the Qur’ān that addresses hearts and souls with the message of faith and the language of artistic expression in a degree of harmony that only the Qur’ān can achieve.
La première remarque que nous devons faire, en concluant notre examen de la scène où les magiciens ont proclamé leur soumission à Dieu, est que Pharaon et ses principaux conseillers ont immédiatement compris que cela représentait une menace pour leur système de gouvernement. Cela tient au fait que le fondement de la foi est en contradiction avec la base sur laquelle Pharaon a établi son autorité. Nous en avons déjà discuté, mais nous tenons à rappeler ici ce principe fondamental. Il ne peut y avoir de coexistence, ni dans l'esprit d'une même personne, ni dans un même pays, ni sous un même régime, entre deux conceptions : la Seigneurie de Dieu sur tous les mondes, et l'exercice du pouvoir par un être humain qui se met à édicter sa propre législation pour son peuple.
Qu'est-ce qui constitue la corruption
What Constitutes Corruption
Reprenons maintenant le fil de l'histoire, alors que le rideau se relève sur une quatrième scène où se trame un complot. Les conseillers de Pharaon estimaient qu'ils ne pouvaient absolument pas laisser impunis Moïse et ceux qui croyaient avec lui, eux qui formaient une petite minorité. Ils se mirent à comploter et à inciter. Ils voulaient que Pharaon prenne des mesures énergiques contre Moïse et ses partisans, lui faisant entrevoir le spectre de la perte de tout son pouvoir et de sa position s'il adoptait une attitude conciliante. Ils le mirent en garde contre la possibilité que la nouvelle foi, fondée sur l'unicité de Dieu et sur sa Seigneurie sur l'univers, puisse être autorisée à s'enraciner dans la société. Pharaon fut furieux et commença à lancer ses menaces, convaincu qu'il avait le pouvoir d'écraser la rébellion : « Les grands parmi le peuple de Pharaon dirent : “Vas-tu laisser Moïse et son peuple répandre la corruption sur terre et t'abandonner, toi et tes divinités ?” Il répondit : “Nous tuerons leurs fils et nous ne laisserons en vie que leurs femmes. Nous les dominerons certainement.” » {(Verset 127)}
Let us now pickup the thread of the story as the curtains are drawn back to reveal a fourth scene where conspiracy is taking place. Pharaoh’s advisers felt that they simply could not allow Moses and those who believed with him, a small minority as they were, to go unpunished. They began to plot and instigate. They wanted Pharaoh to take strong action against Moses and his followers, raising before him the spectre of losing all his power and position, should he take a lenient attitude. They warned him against the possibility that the new faith, based on God’s oneness and Lordship of the universe, could be allowed to establish roots in society. Pharaoh was furious and began to issue his warnings feeling that he had the power to suppress the rebellion: “The great ones among Pharaoh’s people said: `Will you allow Moses and his people to spread corruption in the land and to forsake you and your gods?’ He replied: ‘We shall put their sons to death and shall spare only their women. We shall certainly overpower them.’” (Verse 127)
Pharaon ne revendiquait pas la divinité au sens où il serait le créateur et le maître de l'univers, ni qu'il détiendrait un pouvoir sur les forces de la nature. Il prétendait seulement être le dieu de son peuple asservi, en ce sens qu'il gouvernait selon sa propre loi et que ses sujets étaient soumis à sa volonté dans toutes leurs affaires. Cette prétention est encore celle de tout dirigeant qui impose sa propre loi et fait prévaloir sa propre volonté. C'est la seigneurie, dans ses deux acceptions, linguistique et pratique.
Pharaoh did not claim Godhead in the sense that he was the creator and controller of the universe, or that he had power over natural forces. He simply claimed to be the god of his subjugated people, in the sense that he ruled them according to his own law and that they were subject to his will in all their affairs. This is still claimed by every ruler who enforces his own law and imposes his own will. This is lordship in both its linguistic and practical senses.
Comment la vérité ébranle les tyrans
How the Truth Unnerves Tyrants
Pharaon tirait autrefois son autorité de la religion fondée sur le culte de ces divinités, en se présentant comme le fils préféré de ces dieux. Il ne s'agissait pas d'une filiation physique, car les gens savaient très bien que Pharaon était né de parents humains. C'était une relation symbolique, qui lui assurait l'autorité nécessaire pour exercer son pouvoir. Si Moïse et son peuple devaient adorer Dieu, le Seigneur des mondes, en abandonnant les divinités adorées par les Égyptiens, ils détruiraient en pratique le fondement de l'autorité spirituelle de Pharaon sur son peuple. Il faut ici se rappeler que le peuple lui-même était transgresseur, et que c'est pour cela qu'il lui obéissait, comme Dieu Lui-même le dit : « C'est ainsi qu'il rendit son peuple insensé, et ils lui obéirent. Ils étaient en effet des pervers. » (43 : 54)
Pharaoh used to derive his authority from the religion based on the worship of those gods, making out that he was the favourite son of those gods. It was not a physical parenthood, because people knew very well that Pharaoh was born to a human couple. It was a symbolic relationship, which ensured for him the authority to exercise his power. If Moses and his people were to worship God, the Lord of all the worlds, forsaking those deities worshipped by the Egyptians, then they are practically destroying the foundation of Pharaoh’s spiritual authority over his people. We must remember here that the people themselves were transgressors, and hence their obedience to Pharaoh, as God Himself states: “Thus did he make fools of his people, and they obeyed him. They were indeed transgressors.” (43: 54)
Telle est bien la juste interprétation de l'histoire. Pharaon n'aurait pas pu être obéi par son peuple lorsqu'il les a tournés en ridicule, s'ils n'avaient pas été eux-mêmes des transgresseurs.
This is indeed the correct interpretation of history. Pharaoh could not have been obeyed by his people when he made fools of them, had they not been transgressors.
Un croyant ne laisse simplement pas la tyrannie le tromper et n'obéit à la tyrannie en aucun cas, car il sait qu'une telle obéissance ne peut être cautionnée par la foi véritable. C'est précisément ce qui représentait une menace pour le régime et le pouvoir de Pharaon, lorsque Moïse appelait les gens à croire en Dieu, le Seigneur de l'univers. Cette menace s'incarna dans la réponse positive des magiciens, ainsi que dans l'adhésion à la nouvelle foi d'une minorité du propre peuple de Moïse. De même, toute organisation sociale fondée sur la seigneurie de certains êtres humains sur d'autres se sent menacée par tout appel visant à reconnaître la seule Seigneurie de Dieu, ou à déclarer qu'il n'existe aucune divinité en dehors de Dieu. Nous parlons ici du sens véritable de cette déclaration, celle qui fait entrer les gens dans le giron de l'islam, et non de son sens édulcoré qui prévaut de nos jours.
À qui appartient l'avenir
To Whom the Future Belongs
La sourate laisse Pharaon et sa clique ourdir leur complot et présente une nouvelle scène qui nous donne l'impression que Pharaon a mis ses menaces et ses avertissements à exécution. Nous voyons maintenant Moïse s'adresser à son peuple avec le langage et la ferveur d'un prophète qui connaît vraiment son Seigneur et la manière dont Sa volonté s'accomplit. Il leur inculque la nécessité de supporter l'adversité avec patience et de demander l'aide de Dieu pour la surmonter. Il les éclaire sur les lois que Dieu a établies dans l'univers, leur faisant comprendre que toute la terre appartient à Dieu seul et qu'Il la fait hériter à tout groupe de Ses serviteurs selon Sa volonté. L'épreuve ultime sera inévitablement infligée à ceux qui ne craignent que Dieu. Ils se plaignent à lui qu'avant son arrivée ils ont subi une vague de persécutions et de tortures semblable à celle qu'ils endurent maintenant depuis sa venue. Ils ont le sentiment que cette persécution n'a pas de fin. Il déclare qu'il espère sincèrement que Dieu détruira leur ennemi et fera d'eux les héritiers de la terre, afin de voir comment ils se comporteront lorsqu'il leur sera confié la mission de bâtir la vie humaine sur terre : « Moïse dit à son peuple : "Tournez-vous vers Dieu (seul) pour demander secours et restez fermes. La terre entière appartient à Dieu. »
The sūrah leaves Pharaoh and his clique to cook up their conspiracy and portrays a new scene that imparts to us the impression that Pharaoh put his threats and warnings into effect. Now we see the Prophet Moses speaking to his people in the language and with the passion of a prophet who truly knows His Lord and how His will works. He impresses on them the need to endure adversity with patience and to seek God’s help to overcome it. He enlightens them about the rules God has put in place in the universe, making it clear to them that the whole earth belongs to God alone and that He causes it to be inherited by any group of His servants according to His will. The ultimate trial will inevitably be given to those who fear none other than God. They complain to him that before he came they endured a wave of persecution and torture similar to that which they now suffer after his arrival. They feel that such persecution is endless. He declares that he sincerely hopes that God will destroy their enemy and cause them to be the heirs of the land to see how they conduct themselves when they are given the trust of building human life on earth: “Moses said to his people: ‘Turn to God (alone) for help and remain steadfast. The whole earth belongs to God.
Il permet qu'elle soit héritée par qui Il veut parmi Ses serviteurs. L'issue favorable appartient à ceux qui craignent Dieu. » Ils dirent : « Nous avons été opprimés avant que tu ne viennes à nous et depuis que tu es venu à nous. » Il répondit : « Il se peut que votre Seigneur détruise votre ennemi et fasse de vous les héritiers de la terre. Il verra alors comment vous vous conduisez. » (Versets 128-129)
Qui apporte le mauvais présage
Who Brings Bad Omen
Nous avons frappé le peuple de Pharaon de sécheresse et de disette de fruits, afin qu'ils se souviennent. Lorsqu'un bien leur arrivait, ils disaient : « C'est là ce qui nous est dû » ; mais lorsqu'un mal les atteignait, ils attribuaient leur malheur à Moïse et à ceux qui le suivaient. Certes, leur sort est décidé auprès de Dieu, mais la plupart d'entre eux ne le savent pas. (Versets 130-131)
We afflicted Pharaoh’s people with drought and poor harvests, so that they might take heed. Whenever something fine came their way, they would say: “This is our due”, but whenever affliction befell them, they attributed their ill omen to Moses and those who followed him. Surely, whatever befalls them has been decreed by God, though most of them do not know it. (Verses 130-131)
Voici une nouvelle scène du récit dans laquelle Pharaon et son peuple commencent à goûter les fruits de l'injustice et de la tyrannie, tandis que les promesses que Moïse a faites à son peuple, fondées sur sa confiance en son Seigneur, se réalisent. Les avertissements, mis en avant tout au long de la sourate et confirmés tout au long du récit, se révèlent également vrais.
Here we have another scene in the story whereby Pharaoh and his people begin to taste the fruits of injustice and tyranny, while the promises Moses has given to his people, based on his trust in his Lord, come true. The warnings, stressed in the entire sūrah and endorsed throughout the story, are also seen to be true.
La scène commence sur une note paisible, mais l'on sent peu à peu l'orage se former. Lorsque le rideau est sur le point de tomber, la tempête atteint son paroxysme, semant la destruction et anéantissant les tyrans. Nous apprenons également que les enfants d'Israël ont été bien récompensés pour leur constance, tandis que Pharaon et son peuple ont été châtiés pour leur transgression. Les promesses et les avertissements de Dieu se sont réalisés. La loi de la nature qu'Il a établie, condamnant les incroyants à la destruction après les avoir éprouvés par l'adversité et l'aisance, a également opéré pleinement :
The scene starts on a quiet note, but we can feel the storm gathering slowly. When the curtains are about to fall, the storm is at its highest, wreaking destruction and wiping the tyrants out. We also learn that the Children of Israel have been well rewarded for their steadfastness, while Pharaoh and his people were punished for their transgression. Both God’s promises and warnings have come true. The law of nature which He has established, sentencing unbelievers to destruction after testing them with hardship and affluence, has also operated in full:
Nous avons frappé le peuple de Pharaon de sécheresse et de disette de fruits, afin qu'ils réfléchissent. Lorsqu'un bien leur venait, ils disaient : « C'est là ce qui nous est dû ». Mais lorsqu'un malheur les atteignait, ils l'attribuaient au mauvais présage de Moïse et de ceux qui le suivaient. Certes, ce qui leur arrive est décrété par Dieu, mais la plupart d'entre eux ne le savent pas. Ils dirent [à Moïse] : « Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi. » Alors Nous leur envoyâmes le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme autant de signes évidents ; mais ils s'enflèrent d'orgueil, car c'était un peuple de criminels. Chaque fois qu'un fléau les frappait, ils disaient : « Ô Moïse, prie pour nous ton Seigneur, en vertu de l'alliance qu'Il a conclue avec toi. Si tu écartes de nous ce fléau, nous croirons assurément en toi et nous laisserons partir avec toi les enfants d'Israël. » Mais lorsque Nous eûmes écarté d'eux le fléau, à un terme qu'ils devaient atteindre, ils rompirent leur promesse. Alors Nous tirâmes vengeance d'eux et Nous les noyâmes dans la mer, parce qu'ils traitaient Nos signes de mensonges et s'en détournaient avec indifférence. Nous fîmes hériter les peuples opprimés et tenus pour méprisables des contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avions bénie. Ainsi s'accomplit la belle promesse de ton Seigneur aux enfants d'Israël, parce qu'ils avaient patienté dans l'épreuve ; et Nous détruisîmes tout ce que Pharaon et son peuple avaient édifié et tout ce qu'ils avaient élevé. (Versets 130-137)
pour leurs méfaits. Mais la plupart d'entre eux ne le reconnaissent pas. Ces incroyants de l'Antiquité étaient les mêmes que ceux qui, de nos jours, se prévalent du « pragmatisme scientifique » pour justifier leur déni de la volonté de Dieu et de Son contrôle sur ce qui se trouve au-delà de notre monde. Semblables à eux sont ces « socialistes scientifiques » qui attribuent leurs mauvaises récoltes à une nature hostile ! Tous sont ignorants, dépourvus de savoir.
for their misdeeds. But most of them do not recognize this. These ancient unbelievers were the same as those who in our present day claim for themselves `scientific pragmatism’ in order to justify their denial of God’s will and His control of what lies beyond our world. Similar to them are those ‘scientific socialists’ who attribute their poor harvests to an antagonistic nature! All of them are ignorant, devoid of knowledge.
Les promesses des incrédules Mais le peuple de Pharaon était trop arrogant, persistant constamment dans ses voies mauvaises et ne prêtant aucune attention aux signes de Dieu ni à aucune épreuve à laquelle il était soumis. Ils dirent à Moïse : « Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi. » (Verset 132) C'est une attitude d'arrogance qui ne tiendra compte d'aucun rappel et ne répondra à aucune preuve. C'est l'attitude de celui qui ne veut ni regarder ni examiner, car il affirme son obstination à rejeter le message, avant même qu'une preuve ne lui soit montrée. Ainsi, il se sent capable de écarter la preuve entièrement. C'est une attitude que les incrédules manifestent fréquemment après avoir été submergés par la vérité et ses preuves évidentes, alors même qu'ils reconnaissent que leurs intérêts, leurs richesses, leur autorité et leur pouvoir se trouvent ailleurs et sont mieux servis en niant la vérité dans son ensemble.
The Promises of Unbelievers But Pharaoh’s people were too arrogant, always persisting with their evil ways and paying no heed to God’s signs or to any test to which they were put. They said to Moses: “Whatever sign you may bring before us in order to cast a spell on us, we shall not believe in you.” (Verse 132) It is an attitude of arrogance that will heed no reminder and will not respond to any proof. It is the attitude of a person who does not want to look or evaluate, because he declares his insistence on rejecting the message, even before proof is shown to him. Thus, he feels able to dismiss the proof altogether. This is an attitude which is frequently demonstrated by unbelievers after they have been overwhelmed by the truth and its clear proofs, while they recognize that their interests, wealth, authority and power belong elsewhere and are better served by denying the truth altogether.
À ce stade, la puissance suprême de Dieu intervient : « Alors Nous leur envoyâmes le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang : autant de signes évidents. » (Verset 133) Tous ces signes évidents étaient destinés à être une épreuve et un avertissement. Leur signification était très claire, et chacun d'eux transmettait le même message, chaque nouveau signe confirmant ceux qui l'avaient précédé. Ces signes évidents leur furent montrés séparément, mais la sourate les mentionne tous ensemble ici. Chaque fois qu'une de ces plaies les frappait, ils couraient vers Moïse en le suppliant de prier son Seigneur pour les sauver. À chaque fois, ils promettaient de laisser partir les enfants d'Israël avec lui, s'il soulageait seulement leur affliction. Ils reconnaissaient qu'ils n'avaient eux-mêmes aucun moyen de mettre fin à leur épreuve : « Chaque fois qu'un fléau les frappait, ils disaient : “Moïse, prie pour nous ton Seigneur, en vertu de l'alliance qu'Il a conclue avec toi. Si tu écartes de nous ce fléau, nous croirons sincèrement en toi et nous laisserons partir avec toi les enfants d'Israël.” » (Verset 134) Chaque fois, ils rompaient leur promesse et retournaient à leurs mêmes façons d'agir et à leurs mêmes pratiques d'avant que le fléau ne les frappe. Mais la plaie n'était levée que conformément à la volonté de Dieu, afin de les laisser tranquilles un temps, jusqu'à ce que leur terme fixé soit arrivé : « Lorsque Nous leur eûmes écarté le fléau, pour un terme qu'ils devaient atteindre, ils rompirent leur promesse. » (Verset 135)
Châtier les incroyants endurcis
Wreaking Vengeance on Hardened Unbelievers
Malgré leur religion païenne, leur ignorance totale et leur transgression qui permit à Pharaon de les prendre pour des sots, ils se précipitèrent néanmoins vers le prophète Moïse, à maintes reprises, le suppliant de prier son Seigneur en raison de l'alliance qu'il avait conclue avec Lui. Ils estimaient que c'était le seul moyen de faire lever le fléau. Mais ceux qui détenaient le pouvoir refusaient de tenir leurs promesses, car toute leur autorité reposait sur leur prétention que Pharaon était le Seigneur de son peuple. Ils craignaient ce qui adviendrait si la Seigneurie de Dieu venait à être reconnue. Cela aurait signifié que tout le système, qui attribuait la souveraineté et le pouvoir législatif à Pharaon, s'effondrerait, cédant la place à un système qui reconnaîtrait la souveraineté comme appartenant à Dieu seul.
Despite their pagan religion, their total ignorance, and their transgression which enabled Pharaoh to take them as fools, they still rushed to the Prophet Moses, time and again, beseeching him to pray to his Lord on account of the covenant he had with Him. They felt that was the only way for the plague to be lifted. But those in power refused to honour their promises because their whole authority was based on their claim that Pharaoh was the Lord of his people. They feared what would have happened if God’s Lordship was to be recognized. That would have meant that the entire system, which assigned sovereignty and legislative authority to Pharaoh, would collapse, giving way to a system which recognized sovereignty as belonging only to God.
Dans la jāhiliyyah actuelle (ignorance préislamique moderne), Dieu peut permettre que des parasites menacent les récoltes, mais les gens ne reviennent pas du tout à Dieu. Si les agriculteurs éprouvent le sentiment naturel qui survient aux êtres humains, même aux incroyants, dans les moments d'épreuve, à savoir que c'est Dieu qui envoie ces fléaux, et s'ils se tournent vers Dieu en Le priant de lever cette calamité, les défenseurs de la fausse « science » leur disent que leur attitude est profondément enracinée dans la superstition et la métaphysique. Ils adoptent une attitude très sarcastique afin de les ramener à un état de rejet bien pire que celui des anciens païens.
In present-day jāhiliyyah, God may allow pests to threaten harvests, but people do not turn back to God at all. If the farmers experience the natural feeling which occurs to human beings, even unbelievers, in times of hardship, that it is God who sends these plagues, and if they turn to God praying to Him to lift this affliction, the advocates of false `science’ tell them that their action is deeply rooted in superstition and metaphysics. They adopt a very sarcastic attitude in order to turn them back to a state of rejection that is far worse than that of ancient pagans.
La fin survient alors conformément à la loi de Dieu qui châtie les mécréants après les avoir éprouvés à la fois par l'adversité et par l'aisance.
Les spécialistes des animaux distinguent les serpents des couleuvres, mais ils appartiennent à la même espèce.
15 Animal specialists differentiate between serpents and snakes, but they belong to the same species.
Cela signifie que la transformation de la main de Moïse n'était que temporaire, car sa main reprenait sa couleur d'origine jusqu'à ce qu'il ait besoin de montrer à nouveau le signe de Dieu. — Note de l'éditeur.
16 This means that the transformation of Moses’s hand was only temporary, as his hand would resume its original colour until he needed to show God’s sign again. — Editor’s note.
17 L'auteur écrivait dans la seconde moitié du vingtième siècle. Inutile de dire que sa remarque sur les dictateurs contemporains s'applique aujourd'hui de la même manière. — Note de l'éditeur.
17 The author was writing in the second half of the twentieth century. Needless to say, his remark about contemporary dictators applies today in the same manner. — Editor’s note.
18 Lorsque l'ancienne Union soviétique et le bloc communiste connurent de mauvaises récoltes, Khrouchtchev ne trouva d'autre explication que de dire : « la nature s'oppose à nous. » Cela venait de l'homme qui insistait pour nier toute force invisible et prétendait croire au socialisme scientifique. Son attitude relevait d'un aveuglement délibéré. Autrement, qu'est-ce que cette « nature » qui aurait une volonté de s'opposer aux êtres humains ?
18 When the former Soviet Union and the Communist Bloc suffered poor harvests, Khrushchev could find no explanation other than to say, “nature is opposing us.” This came from the man who insisted on denying any unseen force and claimed to believe in scientific socialism. His attitude was one of deliberate blindness. Otherwise, what is this “nature” which has a will to oppose human beings?
19 Al-Ṭabarī, Ibn Jarīr, Jāmi` al-Bayān, Beyrouth, vol. 6, p. 34
19 Al-Ţabarī, Ibn Jarīr, jāmi` al-Bayān, Beirut, Vol. 6, p. 34