Al-Masad (Les Flammes du feu)
Al-Masad (Fire Flames)
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
In the Name of God, the Lord of Grace, the Ever Merciful.
Périssent les mains d'Abou Lahab, et qu'il périsse ! (1)
Doomed are the hands of Abū Lahab; doomed is he. (1)
Ni ses richesses ni ce qu'il a acquis ne lui serviront à rien.
His wealth and his gains shall avail him nothing.
(2)
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Il devra subir un feu ardent, (3)
He shall have to endure a flaming fire, (3)
et sa femme, la porteuse de bois de chauffage, (4)
and his wife, the carrier of firewood, (4)
Elle aura autour du cou une corde de fibres de palmier.
shall have a rope of palm fibre round her neck.
(5)
(5)
Contexte
Background
Abū Lahab, dont le vrai nom était `Abd al-‘Uzzā ibn `Abd al-Muţţalib, était l'oncle du Prophète ﷺ. Il avait reçu ce surnom en raison de l'éclat radieux de son visage.
Abū Lahab, whose real name was `Abd al-‘Uzzā ibn `Abd alMuţţalib, was the Prophet’s uncle. He was so nicknamed because of the radiant look on his face.
Avec sa femme, Abū Lahab fut l'un des adversaires les plus hostiles au Messager de Dieu ﷺ et aux idées qu'il propageait.
Together with his wife, Abū Lahab was one of the most hostile opponents of God’s Messenger and the ideas he propagated.
Ibn Isĥāq rapporte le récit suivant de Rabī`ah ibn `Abbād al-Daylī : « Lorsque j'étais jeune, j'ai une fois assisté, avec mon père, à la prédication de l'Islam par le Messager de Dieu ﷺ auprès des tribus arabes, disant : “Ô fils de... (en appelant leurs tribus respectives), je suis le Messager de Dieu ﷺ envoyé pour vous ordonner de vous soumettre à Lui, de L'adorer seul, sans invoquer rien d'autre à côté de Lui, et de croire en moi et de me protéger jusqu'à ce que j'accomplisse ce que Dieu m'a confié.” Derrière lui se trouvait un homme au regard louche et au visage lumineux, qui disait, une fois qu'il avait fini : “Ô fils de... Cet homme veut que vous abandonniez al-Lāt et al-`Uzzā [deux idoles importantes adorées par les Arabes païens] et vos alliés parmi les djinns, les enfants de Mālik ibn Aqmas, et que vous les remplaciez par ces innovations et ces absurdités qu'il a inventées. N'écoutez pas, et ne suivez pas ce qu'il prêche.” J'ai demandé à mon père qui était cet homme, et il m'a dit que c'était Abū Lahab, l'oncle du Prophète ﷺ. » [Rapporté par Aĥmad et al-Ţabarānī.] Ce n'est là qu'un exemple de l'intimidation et de l'hostilité d'Abū Lahab envers le Prophète ﷺ et son message. Sa femme, Arwā bint Ĥarb ibn Umayyah, sœur d'Abū Sufyān, l'a soutenu sans relâche dans sa campagne virulente et implacable.
Ibn Isĥāq related the following report by Rabī`ah ibn `Abbād al-Daylī: “When I was young I once watched, with my father, God’s Messenger preaching Islam to the Arab tribes, saying ‘O sons of... (calling their respective tribal names), I am God’s Messenger sent to order you to submit to, and worship Him alone, invoking nothing else beside Him, and to believe in me and protect me until I carry out what God has entrusted to me.’ A cross-eyed, bright-faced man was behind him, who used to say, after he had finished, ‘O sons of... This man wants you to forsake al-Lāt and al-`Uzzā [two prominent idols worshipped by the pagan Arabs] and your allies of the jinn, the children of Mālik ibn Aqmas and to substitute for them these innovations and nonsense he has come up with. Do not listen to him, nor follow what he preaches.’ I asked my father who that man was and he told me that it was Abū Lahab, the Prophet’s uncle.” [Related by Aĥmad and al-Ţabarānī.] This is but one incident of Abū Lahab’s intimidation and ill- will towards the Prophet and his message. His wife, Arwā bint Ĥarb ibn Umayyah, Abū Sufyān’s sister, gave him unfailing support in his virulent, relentless campaign.
La Dernière Parole
The Final Word
Cette sourate fut révélée en riposte à la campagne hostile d'Abou Lahab et de sa femme. Dieu s'est chargé de prononcer le dernier mot au nom de Son Messager ﷺ.
This sūrah was revealed as a counterattack against Abū Lahab’s and his wife’s hostile campaign. God took it upon Himself to say the final word on behalf of His Messenger.
« Périssent les mains d'Abū Lahab, et périsse-t-il ! » (Verset 1) Le terme arabe tabba, rendu ici par « périr », signifie aussi échec et rupture. Il est employé deux fois, dans deux sens différents. Il est d'abord utilisé comme une invocation, tandis que dans la seconde occurrence il implique que cette invocation a déjà été exaucée. Ainsi, en un seul court verset, une action se réalise qui tire le rideau sur une scène de bataille. Ce qui suit n'est qu'une description de ce qui s'est passé, avec la remarque que « sa richesse et ce qu'il a acquis ne lui serviront de rien ». (Verset 2) Il ne peut échapper à rien. Il est vaincu, défait et condamné.
“Doomed are the hands of Abū Lahab; doomed is he.” (Verse 1) The Arabic term, tabba, rendered here as ‘doomed’ also signifies failure and cutting off. The term is used twice in two different senses. It is used first as a prayer, while in the second instance it implies that the prayer has been already answered. So, in one short verse, an action is realized which draws the curtains upon a battle scene. What later follows is merely a description of what took place with the remark that “his wealth and his gains shall avail him nothing.” (Verse 2) He can have no escape. He is defeated, vanquished and damned.
Telle fut sa destinée en ce monde, mais dans l'au-delà « il devra endurer un feu flamboyant ». (Verset 3) Le feu est décrit comme ayant des flammes afin de souligner qu'il est ardent et dévorant.
This was his fate in this world, but in the hereafter “he shall have to endure a flaming fire.” (Verse 3) The fire is described as having flames in order to emphasize that it is raging.
« Et sa femme, la porteuse de bois », y résidera avec lui, ayant « une corde de fibres de palmier » autour du cou, avec laquelle, pour ainsi dire, elle est traînée en enfer, ou dont elle se servait pour attacher des fagots de bois, selon que l'on adopte une interprétation littérale ou métaphorique du texte.
“And his wife, the carrier of firewood,” will reside there with him having “a rope of palm-fibre round her neck,” with which, as it were, she is being dragged into hell, or which she used for fastening wood bundles together, according to whether a literal or metaphorical interpretation of the text is adopted.
Le langage de cette sourate réalise une remarquable harmonie entre le sujet traité et l'atmosphère qui l'entoure. Abū Lahab sera plongé dans un feu dont le nom, lahab, désigne en arabe les flammes ; et sa femme, qui porte le bois, un combustible, subira le même feu, une corde de fibres de palmier autour du cou. L'Enfer, avec ses lahab, ses flammes ardentes, sera la demeure d'Abū Lahab. En même temps, sa femme, qui ramasse les épines et les bois tranchants, matériaux capables d'attiser considérablement le brasier, les jette sur le chemin du Prophète ﷺ. Ainsi, elle sera, en temps voulu, traînée en Enfer, une corde nouée autour du cou, liée comme un fagot de bois.