Après sa libération en 1964, il a été hospitalisé pour une opération et, après sa sortie et avoir été guéri par la grâce d'Allah, il a voulu que nous passions quelque temps dans la ferme de son père. Je l'ai donc informé que rester là-bas pendant une longue période serait difficile pour moi, surtout sans une aide pour m'assister dans les tâches ménagères, la lessive et autres choses. Il m'a alors dit : « Tu devrais faire l'évocation (Dhikr) et demander pardon pendant ton travail, et tu seras récompensé, et fais preuve de patience et d'Ihtisaab (recherche de ta récompense dans l'au-delà) en étant bien envers tes proches. » J'ai donc accepté, et nous avons voyagé. Et l'un des jours suivant immédiatement notre voyage, il m'a informé qu'il prierait deux rak`ahs (unités de prière) en attendant que la nourriture soit préparée, et il priait continuellement de neuf heures du matin jusqu'à deux heures de l'après-midi. Chaque fois que j'ouvrais la porte, je le trouvais en train de prier et de pleurer. Jusqu'au jour où nous avons entendu un fracas à la porte de la maison, et avons découvert qu'il s'agissait des services de sécurité. J'ai donc ouvert la porte de sa chambre et je l'ai informé que les services de sécurité étaient là et qu'il devait terminer sa prière pour les voir. Et il a fait exactement cela. Ils ont essayé de l'emmener avec eux, mais il leur a demandé de le laisser jusqu'à ce qu'il puisse faire le ghusl. Il m'a ensuite demandé longuement un Mushaf [exemplaire du Coran], mais je n'avais que celui auquel j'avais écrit un petit message pour Ahmad [le fils] et que j'allais lui donner en cadeau. Il m'a alors promis qu'il me reviendrait même s'il devait aller sur Mars et revenir, alors je le lui ai donné.
After his release in 1964, I went into hospital for an operation, and after coming out, and being cured by Allah's bounty, he wanted us to spend some time on his father's farm. So I informed him that staying there for a long time was hard on me, especially without a helper to help me with household duties, washing and other things. So he said to me: ‘You should make dhikr and seek forgiveness during your work, and you will be rewarded, and have patience and Ihtisaab (looking to your reward in the Hereafter), in being good to your relatives.’ So I agreed, and we travelled. And on one of the days straight after our travel, he informed me that he would pray two rak`ahs, (units of prayer) until the food was prepared, and he continuously prayed from nine in the morning to two in the afternoon. Whenever I opened the door, I would find him praying and crying. Until we heard a bang at the door of the house, and found it was the security services. So I opened the door to his room, and informed him that the security services were there and that he should finish his prayer and see them. And he did just that. They tried to take him with them, but he asked them to leave him until he could make ghusl. He then asked me extensively for a Mushaf [copy of the Qur'aan], but I did not have except the one which I had written a small message to Ahmad [the son] and was going to give him as a present. So he promised me that it would return to me even if it had to go to Mars and back, so I gave it to him.
Ensuite, l'oppression du régime commença à s'intensifier dans sa dureté. Car après avoir été transférée de directrice à enseignante, puis d'une province à une autre, puis de l'enseignement ordinaire aux besoins spécifiques, durant sa première période d'emprisonnement, les services de sécurité commencèrent leur campagne pour m'emprisonner. Jusqu'à ce qu'ils finissent par obtenir ce qu'ils voulaient et que je fus emprisonnée pendant six mois à la prison d'Al-Qanaatir, que je passai dans un nazeef [saignement] constant, jusqu'à ce que je subisse une opération pour retirer mon utérus après cela. Ainsi, je n'ai assisté qu'au prononcé de la sentence. Lorsqu'il m'a vue dans mon état de faiblesse, il m'a informée qu'il n'était pas au courant de mon emprisonnement, jusqu'à ce que les chiens déchirent ses vêtements, et qu'il ait fait envoyer des vêtements de la maison, et ainsi Ahmad a donné de vieux vêtements au garde pour qu'ils ne volent pas les nouveaux vêtements. Et lorsqu'il les a vus, il a su que je n'étais pas à la maison.
Then the oppression of the regime began to increase in harshness. For after I had been transferred from a headmistress to a teacher, then from one province to another, then from normal teaching to special needs, in his first period of imprisonment, the security services started their campaign to imprison me. Until eventually, they achieved what they wanted and I was imprisoned for six months in Al-Qanaatir prison, which I spent in constant nazeef [bleeding], until I had an operation to remove my womb after that. And so, I did not attend except the sentencing. When he saw me in my weak state, he informed me that he did not know of my imprisonment, until the dogs had ripped his clothes, and he had sent for clothes from the house, and so Ahmad gave the guard old clothes so that they would not steal the new clothes. And when he saw them, he knew that I was not in the house.
Dans cette situation douloureuse, ma sœur a mis au monde une fille, et Ahmad me demandait d'avoir une sœur pour lui, et il n'arrêtait pas de bouder et de pleurer, alors j'ai dit : « Ton père doit être ici. », et quand nous sommes allés rendre visite à son père, il n'arrêtait pas de pleurer et de le tirer en disant : « Viens avec moi papa à la maison, et maman pourra avoir une sœur pour moi. Qui t'en empêche ? Lui ? », et il a désigné le garde, « N'aie pas peur de lui, je vais le frapper, et toi tu viens avec moi. », jusqu'à ce qu'il me fasse pleurer et, par la suite, fasse pleurer les gardes.
In this painful situation was when my sister bore a daughter, and Ahmad asked me to have for him a sister, and he would nag and cry, so I said: ‘Your father has to be here.’, and when we went to visit his father, he kept crying and pulling him saying: ‘Come with me father to the house, and mum can have a sister for me. Who is stopping you? Him?’ and he pointed to the guard, ‘Don't be scared of him, I will hit him, and you come with me.’, until he made me cry and subsequently made the guards cry.