Cette sourate dépeint une scène réelle des premiers temps du message islamique, mais cette même scène se répète dans tous les milieux et toutes les sociétés. Elle montre une personne vile et méprisable, à qui sont accordées des richesses et qui s'en sert pour tyranniser les autres, jusqu'à commencer à se sentir presque insupportable. Il pense que la richesse est la valeur suprême de la vie, devant laquelle toutes les autres valeurs et tous les critères s'effondrent. Il estime que, puisqu'il possède des richesses, il contrôle le destin des autres sans avoir à rendre compte de ses propres actes. Il imagine que son argent et sa fortune sont un dieu, capable de tout sans exception, même de résister à la mort, de le rendre immortel et d'arrêter le jugement de Dieu et Sa rétribution.
This sūrah portrays a real scene from the early days of the Islamic message, yet the same scene is repeated in every environment and society. It shows a vile, mean person who is given wealth and who uses it to tyrannize others, until he begins to feel himself almost unbearable. He thinks that wealth is the supreme value in life, before which all other values and standards come toppling down. He feels that since he possesses wealth, he controls other people’s destiny without being accountable for his own deeds. He imagines that his money and his wealth is a god, capable of everything without exception, even of resisting death, making him immortal and stopping God’s judgement and His retribution.
Égaré par la puissance de la richesse, il la compte et prend plaisir à la compter encore et encore. Une vanité perverse se déchaîne en lui, le poussant à se moquer de la position et de la dignité des autres, à les railler et à les calomnier. Il critique les gens de vive voix, les tourne en dérision par ses gestes, soit en imitant leurs mouvements et leurs voix, soit en ridiculisant leur apparence et leurs traits, par des paroles et des grimaces, par la raillerie et la calomnie.
Deluded as he is by the power of wealth, he counts it and takes pleasure in counting it again and again. A wicked vanity is let loose within him driving him to mock other people’s positions and dignity, to taunt and slander them. He criticizes others verbally, mocks them with his gestures, either by imitating their movements and voices or by ridiculing their looks and features, by words and mimicry, by taunt and slander.
C'est une image vile et avilie d'un homme dépourvu d'idéaux humains et de générosité, dépouillé de foi. L'Islam méprise ce type de personne, dont les caractéristiques sont diamétralement opposées à ses propres exigences morales élevées. L'Islam interdit formellement la moquerie et la raillerie envers autrui, de même que la recherche délibérée des défauts d'autrui. Mais, dans ce cas, le Coran décrit ces actes comme sordides et laids, et adresse un avertissement sévère à quiconque s'y livre. Cela suggère que la sourate fait référence à un cas réel de quelques incroyants qui soumettaient le Prophète ﷺ et les croyants à leurs railleries et à leurs calomnies. La réponse à ces actes prend la forme d'une interdiction ferme et d'un avertissement redoutable. Certains récits désignent nommément les calomniateurs visés ici, mais ceux-ci ne sont pas authentiques ; nous ne les examinerons donc pas et nous nous contenterons d'observations générales.
It is a vile and debased picture of someone devoid of human ideals and generosity and stripped of faith. Islam despises this type of person whose characteristics are diametrically opposed to its own high standards of morality. Islam emphatically forbids mockery and ridicule of other people as well as deliberate fault-finding. But in this case the Qur’ān describes these actions as sordid and ugly, delivering a stern warning to anyone who indulges in them. This suggests that the sūrah is referring to an actual case of some unbelievers subjecting the Prophet and the believers to their taunts and slander. The reply to these actions comes in the form of a strong prohibition and awesome warning. There are some reports which name specific individuals as being the slanderers meant here, but these are not authentic, so we will not discuss them, but instead content ourselves with general observations.
L'avertissement prend la forme d'un tableau de l'au-delà, dépeignant les souffrances morales et physiques qui s'y trouvent, et dessinant une image de l'enfer à la fois tangible et éloquente. Il veille à mettre en relation le crime avec le châtiment infligé et avec l'effet qu'il produit sur le coupable. D'un côté, il y a l'image du calomniateur railleur et médisant, qui moque et tourne en ridicule les autres tout en amassant des richesses, croyant s'assurer ainsi l'immortalité. Cette image d'un calomniateur cynique qui cherche le pouvoir par la richesse est opposée à celle de la personne méprisée et ignorée, jetée dans un instrument broyeur qui détruit tout ce qui se trouve sur son passage. Celui-ci réduit bientôt sa structure et son orgueil en miettes.
The warning comes in the form of a picture of the hereafter portraying the mental and physical suffering there and drawing an image of hell which is both palpable and telling. It takes care to relate the crime to the punishment inflicted and to its effect on the culprit. On the one side there is the image of the taunting, slandering backbiter who mocks and ridicules others while he gathers wealth thinking that he is guaranteed immortality in this way. This image of a cynical calumniator seeking power through wealth is contrasted with the slighted, ignored person flung into a crushing instrument which destroys all that comes in its way. It soon crushes his structure and his pride.
L'instrument qui écrase est « le feu de Dieu attisé ». (Verset 6) Le fait qu'il soit identifié comme le feu de Dieu suggère qu'il s'agit d'un feu exceptionnel, d'une sorte inconnue, plein de terreur.
The crushing instrument is “God’s own kindled fire.” (Verse 6) Its identification as the fire of God suggests that it is an exceptional, unfamiliar sort of fire, full of terror.
Ce feu « s'élève » au-dessus de la personne qui se moque et tourne en dérision les autres. Pour compléter l'image de la personne dédaignée, ignorée et écrasée, le feu se referme sur elle de toutes parts et l'enferme. Nul ne peut la sauver, et nul ne s'enquiert d'elle. À l'intérieur, elle est attachée à une colonne, comme on attache les animaux, sans aucun égard.
This fire ‘rises’ over the person who mocks and ridicules others. To complete the image of the slighted, ignored and crushed person, the fire closes in on him from all directions and locks him in. None can save him and none asks about him. Inside he is tied to a column, as animals are tied, without respect.
Le ton du vocabulaire employé dans cette sourate est très fort : « Il ne cesse de le compter encore et encore ; que non ! Il sera certes jeté dans l'écrasant ; qu'est-ce qui te fera savoir ce qu'est l'écrasant ? » Par de telles expressions, la vigueur est exprimée avec insistance : « Il sera certes jeté dans l'écrasant. »
The tone of the vocabulary used in this sūrah is very strong ‘Keeps counting it again and again; by no means! He will indeed be flung; rises, towering.’ By such expressions, forcefulness is emphatically conveyed: “He will indeed be flung into the crushing one.
Plût à Dieu que tu saches ce qu'est celle qui écrase ! C'est le feu allumé de Dieu.
Would that you know what the crushing one is! It is God’s own kindled fire.” (Verses 4-6)
D'abord vient la généralisation et l'expression énigmatique, puis l'exclamation qui suggère une grande horreur, et enfin la réponse claire : toutes sont des formes d'expression véhémente. Le style véhicule aussi des avertissements : « Malheur à... ; Il sera jeté dans... ; Celle qui écrase... ; le feu de Dieu allumé, qui s'élèvera au-dessus des cœurs des gens, il se refermera sur eux ; en colonnes élevées. » Dans tout cela règne une sorte d'harmonie entre l'imagerie, les sentiments et les actes du « diffamateur, calomniateur et médisant ». Au moment de sa révélation, le Coran suivait les événements auxquels le message islamique faisait face, tout en le guidant sur sa voie. Le Coran est l'arme infaillible qui détruit la ruse des conspirateurs, ébranle le cœur des ennemis, et remplit les croyants de courage et de détermination à persévérer. En effet, nous reconnaissons deux faits importants dans la sollicitude de Dieu ici, alors qu'Il dénonce ce type de gens misérables : premièrement, on nous montre la laideur de la décadence morale et la façon dont les gens sont ainsi rendus abjects. Deuxièmement, nous comprenons qu'Il défend les croyants, préserve leurs âmes contre les insultes de leurs ennemis, leur montre que Dieu connaît et déteste ce qui leur est infligé, et qu'Il châtiera les injustes. Cela suffit à élever leurs âmes et à leur faire sentir que leur position est bien au-dessus des desseins pervers des autres.
First comes the generalization and cryptic expression, then the exclamation suggesting great horror, and then the clear answer — all are forms of forceful expression. The style also conveys warnings: ‘Woe to...; He will be flung into...; The crushing one...; God’s kindled fire; which will rise over people’s hearts, it will close in upon them; in towering columns.’ In all this there is a kind of harmony between imagery and feelings and the actions of the ‘taunting, slandering backbiter.’ At the time of its revelation, the Qur’ān followed up the incidents faced by the Islamic message whilst also leading it along its way. The Qur’ān is the infallible weapon which destroys the cunning of conspirators, shakes the hearts of enemies, and fills the believers with courage and determination to persevere. Indeed we recognize two significant facts in God’s care here as He denounces this sordid type of people: firstly, we are shown the ugliness of moral decline and how people are rendered so abject. Secondly, we realize that He defends the believers, preserves their souls against their enemies’ insults, shows them that God knows and hates what is inflicted on them, and that He will punish the wrongdoers. This is enough to elevate their souls and to make them feel their position high above the wicked designs of others.