Telle est l'indiscutable vérité à laquelle Muhammad ﷺ les appelait à croire. Sur quel fondement reposent donc leur adoration et leurs superstitions à l'égard de prétendues divinités ? Comment peuvent-ils justifier leur culte d'al-Lat, d'al-'Uzza et de Manat ? Comment peuvent-ils prouver leurs prétentions douteuses, selon lesquelles ces divinités seraient des anges, que les anges seraient les filles de Dieu, ou qu'ils pourraient intercéder auprès de Dieu en faveur des gens ? Disposent-ils de quoi que ce soit pour étayer ces affirmations ?
Such is the irrefutable truth in which Muhammad (peace be upon him) called them to believe. What basis, then, do they have for their worship and superstitions of alleged deities? How can they justify their worship of al-Lat, al-'Uzza and Manat? How can they prove their dubious claims that these were angels, and that the angels were Gods daughters, or that they can intercede with God on people’s behalf? Do they have anything to support these claims?
Avez-vous envisagé al-Lat, al-'Uzzâ et Manât, la troisième autre ?
Have you considered al-Lat and al- (Uzzd, and Manat, the third other?
Est-ce que vous aurez le mâle et Lui la femelle ? Ce serait alors un partage injuste. Ce ne sont là que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et pour lesquels Dieu n'a donné aucune autorité. Ils ne suivent que des conjectures et les désirs de leurs âmes, alors que la bonne direction de leur Seigneur leur est déjà parvenue. L'homme aura-t-il tout ce qu'il désire, alors que la vie future comme cette vie présente appartiennent à Dieu seul ? Les anges sont nombreux dans les cieux, mais leur intercession ne servira à rien tant que Dieu n'aura pas donné la permission à qui Il veut et qu'Il agrée. Ceux qui ne croient pas en la vie future donnent aux anges des noms féminins. Pourtant, ils n'en ont aucune connaissance. Ils ne suivent que des conjectures, or la conjecture ne peut jamais tenir lieu de vérité. (Versets 19-28)
Are you to have the male and He the female? That would then be an unfair division. These are nothing but names which you have invented - you and your forefathers -for which God has given no authority. They [who disbelieve] follow nothing but surmise and the whims of their own souls, even though right guidance from their Lord has now come to them. Is man to have all that he may wish for, when both the life to come and this present life belong to God alone? Numerous are the angels in the heavens, yet their intercession will avail nothing until God has given leave to whomever He wills and with whom He is pleased. Those who do not believe in the life to come give the angels female names. Yet of this they have no knowledge. They follow nothing but surmise, but surmise can never take the place of truth. (Verses 19-28)
Al-Lat était une pierre blanche sculptée, enfermée dans un édifice recouvert de tentures, et servie par des gardiens. Autour de l'édifice s'étendait une cour que la tribu de Thaqîf, qui vivait à Ta'if, ainsi que les tribus des environs, vénéraient. Ils étaient considérés comme particulièrement honorés parmi les tribus arabes, sans toutefois surpasser les Quraych, car ils l'avaient dans leur propre cité. Il va sans dire que les Quraych avaient le plus grand honneur, celui d'avoir dans leur ville la Kaaba, bâtie par Abraham.
Al-Lat was a carved white rock, enclosed within a building covered with curtains, and with attendants serving it. Surrounding the building was a courtyard that the tribe of Thaqlf living in Ta’if, as well as tribes in the surrounding area, venerated. They were considered exceptionally honoured among Arab tribes, not however surpassing the Quraysh, for having it in their hometown. Needless to say, the Quraysh had the greater honour of having the Ka'bah, built by Abraham, in their city.
On pense que le nom al-Lat était considéré comme la forme féminine du nom arabe de Dieu, Allah.
It is thought that the name al-Lat was considered as being the feminine form of God’s Arabic name, Allah.
Al-'Uzza était un arbre autour duquel un bâtiment avait été construit, avec des tentures suspendues. Il se trouvait à Nakhlah, entre La Mecque et Ta'if. Les Quraych vénéraient particulièrement al-'Uzza. Après la bataille d'Uhud, le chef des Quraych se leva en se vantant : « Nous avons al-'Uzza, mais vous n'avez pas d'Uzza ! », et le Prophète ﷺ ordonna à ses Compagnons de répondre en disant : « Dieu est notre Maître protecteur, mais vous n'avez pas de maître pour vous protéger. » On pense que le nom d'al-'Uzza était la forme féminine du nom de Dieu, al-'Aziz, signifiant le Tout-Puissant.
Al-'Uzza was a tree around which a building was built and with curtains raised. It was at Nakhlah, between Makkah and Ta’if. The Quraysh in particular used to venerate al-‘Uzza. After the Battle of Uhud, the Quraysh leader stood boasting, ‘We have al-‘Uzza, but you have no (Uzza’, but the Prophet instructed his Companions to reply by saying: “God is our protecting Master, but you have no master to protect you.” It is thought that the name al-(Uzza was the feminine form of God’s name, al-Aziz, meaning the Almighty.
Manat était installée à un endroit appelé al-Mushallal, à Qadid, entre La Mecque et Médine. Les tribus de Khuza'ah, d'al-Aws et d'al-Khazraj la vénéraient à l'époque préislamique, et elles commençaient leur pèlerinage à partir de ce lieu.
Manat was stationed at a place called al-Mushallal in Qadid, between Makkah and Madlnah. The tribes of Khuza'ah, al-Aws and al-Khazraj used to venerate it in their pre-Islamic days, and used to start their pilgrimage from there.
Il existait de nombreuses autres idoles vénérées par différentes tribus, mais celles-ci étaient les trois principales. On pense que ces idoles étaient des symboles représentant des anges que les Arabes considéraient comme des femelles et qu'ils prétendaient aussi être les filles de Dieu. C'est pourquoi elles étaient à l'origine adorées. Ce qui se produit dans de tels cas, c'est que l'idée originelle se perd et que le symbole devient, pour la majorité des gens, la chose à adorer. Seule une poignée de personnes savantes continue de se souvenir de la légende originelle.
There were many other idols venerated by different tribes, but these three were the major ones. It is thought that these idols were symbols representing angels whom the Arabs considered to be female and who they also claimed to be God’s daughters. Hence, why they were originally worshipped. What happens in such cases is that the original idea is lost and the symbol becomes, for the majority of people, the thing to be worshipped. Only a handful of knowledgeable people continue to remember the original legend.
Dieu mentionne ces trois objets d'adoration, impliquant dans la question même qu'Il pose qu'adorer de tels objets est en effet une chose singulière : « Avez-vous considéré al-Lât et al-'Uzzâ, et Manât, la troisième autre ? » (versets 19-20). Cette singularité est clairement mise en évidence par le fait qu'Il commence la question par « avez-vous considéré », et par la description de Manât comme « la troisième autre ».
God mentions these three worshipped objects, implying in the very question He asks that to worship such things is indeed singular: “Have you considered al-Ldt and al- (Uzzd, and Manat, the third other?” (Verses 19-20) Such singularity is clearly highlighted in His starting the question with, ‘ have you considered, and in describing Manat as 'the third other.
Après cette question initiale, Il ajoute que leur autre prétention, selon laquelle Il aurait eu des filles alors qu'eux auraient des fils, était encore plus singulière : « Auriez-vous le mâle et Lui la femelle ? Ce serait alors un partage injuste » (versets 21-22). Cela suggère que ces objets d'adoration se rattachaient à la légende selon laquelle les anges étaient des femelles, engendrées par Dieu. Dieu est bien plus élevé que toutes ces fausses allégations.
Cela confirme ce que nous avons dit de ces Arabes : ils détestaient avoir des filles, mais n'avaient pas honte de faire des anges, dont ils ne savaient rien, des femelles, et de prétendre qu'ils étaient la progéniture de Dieu. Dieu les interroge ici sur la base de leurs propres conceptions, tournant en ridicule celles-ci ainsi que quiconque les soutient : « Auriez-vous le mâle et Lui la femelle ? » Une telle répartition que vous établissez entre vous et Dieu est des plus injustes ! L'ensemble repose sur une illusion. Elle n'a aucun fondement dans la connaissance humaine ni dans la réalité. Aucune preuve ni argument ne peut être avancé à l'appui de telles prétentions : « Ce ne sont que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et pour lesquels Dieu n'a donné aucune autorisation. »
After this initial question, He then adds that their other claim that He had daughters while they had sons was even more singular: “Are you to have the male and He the female? That would then be an unfair division” (Verses 21-22) This suggests that these worshipped objects related to the legend that the angels were females, begotten by God - far more exalted is God above all such false claims. This confirms what we have said about those Arabs: they hated that they should beget females, but were not ashamed to make the angels, about whom they knew nothing, females and to allege that they were God’s offspring. God questions them here on the basis of their own concepts, ridiculing these and whoever upholds them: “Are you to have the male and He the female?” Such a division you make between yourselves and God is most unfair! The whole thing is based on illusion. It has no basis in human knowledge or in reality. No evidence or argument can be given in support of such claims: “ These are nothing but names which you have invented-you and your forefathers -for which God has given no authority.
Ils ne suivent que de simples conjectures et les caprices de leurs propres âmes, alors même que la bonne direction venue de leur Seigneur leur est déjà parvenue.11 (Verset 23) Ces noms, al-Lat, al-'Uzza, Manat, et tous les autres semblables, qui sont appelés divinités, anges, et filles de Dieu, sont faux et ne peuvent être étayés. Dieu ne vous a donné aucune preuve à l'appui de telles prétentions. Ce que Dieu n'a pas sanctionné est assurément faux et insoutenable. Cela n'a aucune valeur.
They [who disbelieve] follow nothing but surmise and the whims of their own souls, even though right guidance from their Lord has now come to them.11 (Verse 23) These names, al-Lat, al-(Uzza, Manat, and all others like them, which are called deities, angels, female and Gods daughters, are false and cannot be substantiated. God has given you no evidence in support of such claims. What God does not sanction is certainly false and insupportable. It carries no weight.
Cette adresse aux mécréants s'interrompt au milieu du verset. La sourate se détourne d'eux comme s'ils n'étaient même pas présents. En effet, elle parle d'eux à la troisième personne : « Ils ne suivent que des conjectures et les désirs de leurs âmes ». (Verset 23)
Ils manquent d'argument, de preuve et de certitude. Ils fondent leurs croyances sur la conjecture et recourent à leurs caprices pour toute preuve. Or la foi ne peut reposer ni sur la conjecture ni sur le caprice.
This address to the unbelievers ends in the middle of the verse. The surah turns away from them as if they were not even there. Indeed, it speaks of them in the third person: “ They follow nothing but surmise and the whims of their own souls]1 (Verse 23) They lack argument, fact and certainty. They base their beliefs on surmise, and turn to their whims for evidence. Faith, however, cannot be based on either surmise or whim.
La vraie foi doit reposer sur la certitude et sur des preuves irréfutables, sans référence aux caprices ni aux désirs. Les mécréants n'avaient aucune excuse pour justifier qu'ils suivent leurs caprices et leurs conjectures : « Alors même que la bonne direction de leur Seigneur leur est déjà parvenue »11 (verset 23). Lorsque le facteur déterminant est son propre caprice et son propre désir, rien ne peut être juste, et aucune direction ne sert à quoi que ce soit. Le problème n'est pas l'absence de la vérité ou des preuves qui la soutiennent ; le problème est un désir puissant qui veut certaines choses et cherche une justification à ce qu'il veut. C'est la pire situation dans laquelle l'homme puisse se trouver, car alors aucune direction n'est bénéfique et aucune preuve n'est convaincante.
True faith must be based on certainty and irrefutable evidence, without reference to whim or desire. The unbelievers had no excuse to justify their following whim and surmise: “Even though right guidance from their Lord has now come to them.11 (Verse 23) When the deciding factor is ones own whim and desire, nothing can be right, and no guidance is of any use. The problem is not the absence of truth or evidence supporting it; the problem is a powerful desire that wants certain things, seeking justification for what it wants. This is the worst situation man can find himself in, because then no guidance is of any benefit and no proof is convincing.
Ainsi, la sourate demande avec réprobation : « L'homme obtiendra-t-il tout ce qu'il désire ? » (verset 24). Tout ce que l'homme souhaite se réalisera-t-il, aura-t-il une réalité ?
Hence the surah disapprovingly asks: “Is man to have all that he may wish for]11 (Verse 24) Will everything man wishes come true, have reality?
Les choses ne sont pas ainsi. La vérité et la réalité diffèrent des vœux pieux, qui ne peuvent pas changer les faits. Le fait est que l'homme se trompe lorsqu'il suit ses propres désirs. Il est trop faible pour changer la nature des choses.
Things are not like that. Truth and reality are different from wishful thinking, which cannot change facts. The fact is that man errs when he follows his own desires. He is too weak to change the nature of things.
Tout ce qui existe dans cette vie comme dans la vie future appartient à Dieu, qui accomplit ce qu'Il veut dans les deux mondes : « À Dieu appartiennent la vie future comme la vie présente. »11 (Verset 25)
Everything in this life and the next belongs to God who accomplishes whatever He wills in both worlds: “Both the life to come and this present life belong to God alone.11 (Verse 25)
Nous notons ici que la vie future est mentionnée en premier, avant la vie présente, afin de préserver la rime. Toutefois, cela donne une connotation voulue, signifiant que la vie future est plus importante. Ceci est habituel dans le Coran, où le sens s'accorde bien avec le rythme et la rime, sans qu'aucun de ces aspects ne l'emporte sur l'autre. Il en va de même pour tout ce qu'Allah a créé dans l'univers, où la beauté se maintient en harmonie avec l'accomplissement de la fonction.
We note here that the life to come is mentioned first, ahead of the present life, in order to maintain the rhyme. However, this gives an intended connotation, signifying that the life to come is more important. This is normal in the Quran, where the meaning fits well with the beat and the rhyme, allowing neither aspect to overshadow the other. This applies to everything of Gods making throughout the universe, where beauty is maintained in harmony with the fulfilment of the function.
Puisque tout appartient à Dieu, dans ce monde comme dans la vie future, rien ne peut fonder les conjectures des incroyants selon lesquelles leurs fausses divinités pourraient intercéder auprès de Dieu en leur faveur. Ils disaient :
Since everything belongs to God in both this world and the life to come, there can be no basis for the unbelievers conjectures that their false deities can intercede with God on their behalf. They used to say:
« Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent de Dieu » (39 : 3). Une telle conjecture est sans fondement. Aucun des anges du ciel ne peut intercéder auprès de Dieu, sauf lorsque Dieu leur en accorde la permission : « Combien sont nombreux les anges dans les cieux, dont l'intercession ne servira à rien, jusqu'à ce que Dieu ait donné la permission à qui Il veut et qu'Il agrée. » (Verset 26)
“ We worship them for no reason other than that they would bring us nearer to God” (39: 3) Such conjecture is baseless. None of the angels in heaven can intercede with God except when God grants them permission to do so: “Numerous are the angels in the heavens, yet their intercession will avail nothing until God has given leave to whomever He wills and with whom He is pleased." (Verse 26)
Ayant été démontrées fausses dans les versets précédents, leurs prétentions s'effondrent désormais. Toute fausseté et tout doute sont désormais écartés de la foi. Tout ce qui existe en ce monde et dans l'au-delà appartient à Dieu. Les caprices et les désirs ne peuvent pas changer la réalité. L'intercession ne peut être acceptée que par la permission de Dieu.
Having been proved in the previous verses to be false, their claims now fall apart. All fallacy and doubt is now removed from faith. Everything in this world and the following one belongs to God. Whims and desires cannot change reality. Intercession can only be accepted by God’s leave.
Le jugement final Lui appartient à Lui seul.
The final judgement is His alone.
À la fin de cette section, une ultime réflexion est consacrée aux fausses conceptions des incroyants au sujet des anges, qui se révèlent dénuées de fondement : « Ceux qui ne croient pas à la vie future donnent aux anges des noms de femmes. Pourtant, ils n'en ont aucune connaissance. Ils ne suivent que de simples conjectures, et la conjecture ne peut jamais tenir lieu de vérité » (versets 27-28).
Ce commentaire final fait implicitement référence au lien entre al-Lat, al-'Uzza et Manat, et à la légende qui fait des anges des êtres féminins, prétendant de surcroît qu'ils sont les filles de Dieu. Toute cette légende est entièrement dépourvue de fondement. Les incroyants n'avaient aucun moyen d'apprendre quoi que ce soit de vrai sur la nature des anges.
At the end of this section, a final discussion is given of the unbelievers’ false concepts about the angels, showing them to be baseless: “ Those who do not believe in the life to come give the angels female names. Yet of this they have no knowledge. They follow nothing but surmise, but surmise can never take the place of truth" (Verses 27-28) This final comment implicitly refers to the link between al-Lat, al-'Uzza and Manat and the legend that makes angels female and that further alleges that they belong to God. This whole legend lacks all foundation. The unbelievers had no means whatsoever to learn anything true about the nature of the angels.
Quant à l'affirmation selon laquelle les anges seraient la progéniture de Dieu, c'est une erreur, ancrée dans leur conjecture erronée, qui ne saurait jamais se substituer à la vérité.
As for the angels being God’s offspring, this is a fallacy, ingrained in their false surmise, which can never be a substitute for the truth.