Cette sourate a un rythme à la fois majestueux et saisissant ; c'est comme la voix d'un avertisseur debout sur un lieu élevé, qui porte sa voix tandis qu'elle retentit avec une emphase pesante. Il interpelle des gens assoupis, ivres, désorientés. Ils s'approchent d'un précipice les yeux fermés et les sentiments engourdis. Alors l'avertisseur élève la voix jusqu'à la limite : « La course aux richesses vous absorbe, jusqu'à ce que vous descendiez dans vos tombes. » (Versets 1-2)
This sūrah has a rhythm that is both majestic and awe-inspiring; as if it were the voice of a warner standing on a high place, projecting his voice as it rings out in weighty emphasis. He calls out to people who are drowsy, drunken, confused. They approach a precipice with their eyes closed and their feelings numbed. So the warner increases the volume of his voice to the limit: “You are preoccupied by greed for more and more, until you go down to your graves.” (Verses 1-2)
Vous, gens égarés et confus ! Vous qui prenez plaisir et vous adonnez à la rivalité pour les richesses, les enfants et les plaisirs de cette vie, dont vous êtes certains de vous éloigner ! Vous qui êtes absorbés par ce que vous possédez, sans savoir ce qui viendra après ! Vous qui laisserez l'objet de cette rivalité, et ce dont vous tirez orgueil, pour aller vers un trou étroit où il n'y a ni rivalité ni orgueil ! Réveillez-vous et regardez autour de vous, tous autant que vous êtes ! Car en vérité, « la course aux richesses vous distrait, jusqu'à ce que vous descendiez dans les tombes. » (Versets 1-2)
You drunken and confused lot! You who take delight and indulge in rivalry for wealth, children and the pleasures of this life, from which you are sure to depart! You who are absorbed with what you have, unaware of what comes afterwards! You who will leave the object of this rivalry, and what you seek pride in, and go to a narrow hole where there is no rivalry or pride! Wake up and look around, all of you! For indeed, “you are preoccupied by greed for more and more, until you go down to your graves.” (Verses 1-2)
Avec un rythme profond et solennel, la sourate frappe alors leurs cœurs de la terreur qui les attend une fois qu'ils seront laissés dans leurs tombes : « Non ! Bientôt vous saurez. » (Verset 3) Puis elle reprend la même note, employant les mêmes mots et le même rythme ferme et effrayant : « Encore une fois, non ! Bientôt vous saurez ! » (Verset 4) Elle ajoute ensuite à la profondeur et à la gravité de cette assurance, et laisse entrevoir la perspective redoutable qui se trouve au-delà, dont ils ne reconnaissent pas la nature terrifiante dans leur ivresse et leur rivalité pour les richesses de ce monde : « Si seulement vous saviez avec certitude… » (Verset 5)
With a deep and grave rhythm the sūrah then strikes their hearts with the terror awaiting them after they are left in their graves: “Nay, in time you will come to know.” (Verse 3) Then it repeats the same note, employing the same words and the same firm and terrifying rhythm: “Again, in time you will come to know!” (Verse 4) Then it adds to the depth and awe of this assurance, and hints at the grave prospect that lies beyond, the terrifying essence of which they do not recognize in their flush of intoxication and rivalry for worldly riches: “Indeed, were you to know [the truth] with certainty...” (Verse 5)
La phrase conditionnelle n'est pas achevée dans le texte. Cela est acceptable comme forme raffinée de l'arabe. Cela ajoute au sentiment de crainte révérencielle que suscite la sourate. L'inférence ici est que, s'ils savaient ce qu'ils devraient savoir avec certitude, ils ne se livreraient pas à une telle rivalité pour un gain dérisoire. La sourate révèle ensuite le fait effrayant qui a été tenu caché : « Vous verriez certainement le feu de l'enfer. » (Verset 6)
The conditional sentence is not completed in the text. This is acceptable as a refined form of Arabic. It adds to the feeling of awe generated by the sūrah. The inference here is that had they known what they should know for certain, they would not have indulged in such rivalry for petty gain. The sūrah then discloses the fearful fact which has been withheld: “You would, most certainly, see the fire of hell.” (Verse 6)
Il souligne ensuite ce fait et renforce son impact sur les cœurs : « Vous le verrez, certes, de vos propres yeux. » (Verset 7)
It then emphasizes this fact and enhances its impact on people’s hearts: “Again, you will, most certainly, see it with your very eyes.” (Verse 7)
Enfin, il énonce la dernière affirmation, qui rend sobre celui qui est ivre, attentif celui qui est léthargique et lucide celui qui est confus, et fait trembler de crainte celui qui s'abandonne à l'aisance et au plaisir : « Ce jour-là, vous serez certainement interrogés sur les délices et les jouissances dont vous avez bénéficié. » (Verset 8) Vous serez interrogés sur tout cela : Comment l'avez-vous obtenu ? Comment en avez-vous usé ? Était-il acquis par une source licite et dépensé licitement ? Ou a-t-il été gagné illicitement et utilisé de manière coupable ? Avez-vous loué et remercié Dieu pour cela ?
Finally, it puts the last statement which makes the drunkard sober, the lethargic conscious, the confused attentive and the self-indulgent tremble and feel apprehension at his indulgence in comfort and pleasure: “Then on that day you will certainly be questioned about your joys and comforts.” (Verse 8) You will be questioned concerning all this: How did you get it? How did you dispense with it? Was it obtained from a lawful source and dispensed with lawfully? Or was it gained unlawfully and used in a sinful manner? Have you praised and thanked God for it?
As-tu acquitté le droit des pauvres ? En as-tu dépensé une part pour d'autres ? Ou t'es-tu réservé l'intégralité pour toi-même ? « Vous serez interrogés » sur votre rivalité dans la collecte et l'accumulation des richesses, et sur ce dont vous tirez orgueil. C'est un fardeau que, dans votre préoccupation et votre jouissance, vous considérez à la légère. Mais au-delà de celui-ci se trouvent de lourdes responsabilités.
Have you given the poor their due? Have you spent some of it on others? Or monopolized it all for your selves? “You will be questioned” about your rivalry in gathering and amassing wealth and about what you take pride in. It is a burden which you, in your preoccupation and enjoyment, think little of. But beyond it lie heavy responsibilities.
Il s'agit d'une sourate qui s'exprime d'elle-même. Elle laisse son empreinte en nous par son sens et son rythme. Elle occupe le cœur, le charge du souci de l'au-delà, et le détourne des futilités de cette vie d'ici-bas et de ses préoccupations mesquines.
This is a self-expressing sūrah. It leaves its impact on us by its meaning and rhythm. It leaves the heart occupied, burdened with the problem of the hereafter, inattentive to the trivialities of this worldly life and its petty concerns.
Elle dépeint la vie de ce monde comme un clin d'œil éphémère dans la longue étendue de l'existence :
It portrays the life of this world as a fleeting wink in the long span of existence:
« Vous êtes absorbés par la course à toujours plus, jusqu'à descendre dans vos tombes. » (Versets 1-2) Le clin d'œil de cette vie est passé et sa petite feuille est tournée. Ensuite, le temps s'étire et les fardeaux deviennent plus lourds. Le style de la sourate présente cette déduction, réalisant une harmonie entre la réalité effective et sa manière d'être exprimée.
“You are preoccupied by greed for more and more, until you go down to your graves.” (Verses 1-2) The wink of this life is over and its small leaf is turned. Thereafter time stretches on and the burdens become heavier. The style of the sūrah presents this inference, achieving harmony between the actual reality and its manner of expression.
Chaque fois que nous lisons cette sourate impressionnante et majestueuse, nous sentons son rythme s'élever dans l'espace au début et descendre vers le niveau le plus profond au terme. Nous sentons le poids de ce clin d'œil qu'est la vie peser sur nos épaules tandis que nous avançons péniblement sur la route. Alors nous commençons à nous interroger sur nos actes les plus petits et les plus insignifiants.
Whenever we read this awe-inspiring and majestic sūrah, we feel its rhythm travelling upwards in space at the beginning and downwards to the deep, deep level at the end. We feel the burden of this wink of a life on our shoulders as we walk heavily along the road. Then we start questioning ourselves about the smallest and most trivial of our deeds.