La sourate donne ensuite un aperçu des rites du pèlerinage et du petit pèlerinage (Umrah). Cela fait suite de façon tout à fait naturelle au récit précédent, qui traite des changements et des phases lunaires, ainsi que de la licéité du combat pendant les mois sacrés de l'année et aux abords de la Mosquée sacrée de La Mecque.
The sūrah then gives an outline of the rituals of the pilgrimage and the `Umrah (lesser pilgrimage). This follows quite naturally from the earlier account dealing with lunar changes and phases, and the admissibility of fighting during the sacred months of the year and in the vicinity of the Sacred Mosque in Makkah.
Accomplissez entièrement le pèlerinage et le petit pèlerinage (Umrah) uniquement pour Dieu. Si vous en êtes empêchés, faites l'offrande que vous pouvez facilement vous permettre. Ne vous rasez pas la tête tant que les offrandes n'ont pas atteint leur lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'un mal à la tête, il se rachètera par le jeûne, l'aumône ou le sacrifice. Lorsque vous serez en sécurité, celui qui profite du petit pèlerinage (Umrah) avant le pèlerinage devra faire l'offrande qu'il peut facilement se permettre ; mais celui qui n'en a pas les moyens jeûnera trois jours pendant le pèlerinage et sept jours encore à son retour chez lui, soit dix jours en tout. Tout cela s'applique à ceux dont la famille ne réside pas à proximité de la Mosquée sacrée. Craignez Dieu, et sachez bien qu'Il est sévère dans le châtiment. Le pèlerinage a lieu pendant les mois qui lui sont fixés. Celui qui entreprend le pèlerinage pendant ces mois doit, durant le pèlerinage, s'abstenir de toute impudicité, de toute conduite perverse et de toute querelle. Tout bien que vous faites, Dieu le connaît parfaitement. Pourvoyez bien à vos besoins :
Perform to their completion both the pilgrimage and the `Umrah purely for God’s sake. If you are prevented from doing so, then make whatever offering you can easily afford. Do not shave your heads until the offerings have reached their appointed destination. If any of you is ill or suffers from an ailment of the head, he shall redeem himself by fasting, or alms, or sacrifice. When you are in safety, then he who takes advantage of performing the `Umrah before the pilgrimage shall make whatever offering he can easily afford; but he who lacks the means shall fast three days during the pilgrimage and seven more days on returning home; that is, ten days in all. All this applies to those whose families are not resident in the vicinity of the Sacred Mosque. Fear God, and know well that He is severe in retribution. The pilgrimage takes place in the months appointed for it. Whoever undertakes the pilgrimage in those months shall, while on pilgrimage, abstain from lewdness, all wicked conduct and wrangling. Whatever good you do God is well aware of it. Provide well for yourselves:
La meilleure provision est la piété. Craignez-Moi donc, ô vous qui êtes doués d'intelligence. Il ne vous est fait aucun grief de chercher la faveur de votre Seigneur. Lorsque vous descendez d'`Arafāt, invoquez Dieu auprès du Mash`ar al-Ĥarām. Invoquez-Le comme Celui qui vous a guidés, alors que vous étiez auparavant certainement dans l'égarement. Puis élancez-vous là où les autres pèlerins s'élancent, et demandez pardon à Dieu. Il est Celui qui pardonne abondamment, le Très Miséricordieux. Lorsque vous avez accompli vos rites, invoquez Dieu comme vous invoquiez vos pères, voire avec une invocation encore plus intense. Il est des gens qui disent : « Seigneur, accorde-nous nos biens en ce monde ! » Ceux-là n'auront aucune part dans la vie future. Et il en est qui disent : « Seigneur, accorde-nous ce qui est bon dans ce monde et ce qui est bon dans la vie future, et préserve-nous du tourment du Feu ! » Ceux-là auront leur part de ce qu'ils auront acquis, car Dieu est prompt à rendre les comptes. Glorifiez Dieu pendant des jours déterminés. Celui qui se hâte de partir au bout de deux jours n'encourt aucun péché, et celui qui reste plus longtemps n'encourt aucun péché, à condition qu'il craigne Dieu. Craignez Dieu et sachez que vous serez tous rassemblés auprès de Lui. (Versets 196-203)
the best provision of all is to be God-fearing. Fear Me, then, you who are endowed with insight. It is no sin for you to seek the bounty of your Lord. When you surge downward from `Arafāt, remember God at al-Mash`ar al-Ĥarām. Remember Him who has given you guidance. Before this you were certainly in error. Surge onward from the place where all other pilgrims surge and pray God to forgive you. He is much forgiving, ever merciful. When you have fulfilled your sacred duties, remember God as you remember your fathers — nay with a yet keener remembrance. Some people say, Our Lord, give us abundance in this world.’ They shall have no share in the rewards of the life to come. There are others who say, ‘Our Lord, grant us what is good in this world and what is good in the lift to come and protect us from the torment of the fire.’ These shall have their portion in return for what they have earned; for God is swift in reckoning. Give glory to God during certain appointed days. Those who hasten their departure after two days incur no sin, and those who stay longer incur no sin, provided that they are truly God-fearing. Have fear of God and know well that you shall all be gathered before Him. (Verses 196-203)
La date exacte de la révélation de ces versets n'est pas connue, à l'exception d'un récit indiquant que le verset 196 fut révélé à al-Ĥudaybīyah, la sixième année après l'émigration (Hijrah), soit en 628 de notre ère. On ne peut pas non plus préciser le moment où le pèlerinage est devenu obligatoire en islam, que l'on considère que cela ait été établi par le verset 196 de cette sourate ou par le verset 97 de la sourate 3, qui dit : « Le pèlerinage à cette Maison est un devoir envers Dieu pour tous les hommes capables de l'accomplir. » Dans son livre Zād al-Ma`ād, l'imam Ibn al-Qayyim affirme que le pèlerinage fut institué la neuvième ou la dixième année de l'émigration du Prophète ﷺ à Médine. Il se fonde sur le fait que le Prophète ﷺ lui-même accomplit le pèlerinage en l'an 10 de l'hégire.
The exact date of the revelation of these verses is not known, except for one report indicating that verse 196 was revealed at al-Ĥudaybīyah during the sixth year after Hijrah, 628 CE. Nor can we be precise as to when the pilgrimage was made obligatory in Islam, whether we take that to have been established by verse 196 of this sūrah or verse 97 of Sūrah 3 which says: “Pilgrimage to this House is a duty owed to God by all people who are able to undertake it.” In his book Zād al-Ma`ād, Imām Ibn al-Qayyim says that the pilgrimage was instituted during the ninth or tenth year of the Prophet’s migration to Madinah. This is based on the fact that the Prophet himself performed the pilgrimage in 10 AH.
Cela ne suffit toutefois pas à étayer cette opinion. D'autres raisons ont pu conduire le Prophète ﷺ à retarder son pèlerinage jusqu'à la dixième année, d'autant plus que nous savons qu'il a délégué Abū Bakr pour diriger le pèlerinage la neuvième année.
This, however, is not sufficient evidence to support that view. There could have been other reasons that made the Prophet delay going on pilgrimage until the tenth year, especially when we know that he delegated Abū Bakr to head the pilgrimage during the ninth year.
Il est également bien établi qu'au retour de l'expédition de Tabūk, le Prophète ﷺ avait l'intention d'accomplir le pèlerinage. Il décida toutefois par la suite de ne pas le faire, car les Arabes non musulmans effectuaient encore le pèlerinage vers La Mecque, et il ne souhaitait pas se joindre à eux, notamment parce que certains d'entre eux tournaient autour de la Kaaba nus, selon leur coutume. C'est alors que la sourate 9, qui mit fin à la trêve conclue avec les Arabes polythéistes, fut révélée, et le Prophète ﷺ envoya `Alī ibn Abī Ţālib à La Mecque pour en proclamer les dispositions aux pèlerins. Il le chargea d'annoncer à Minā, lorsque tous les pèlerins seraient réunis, que : « Aucun incroyant n'entrera au paradis ; aucun idolâtre ne pourra désormais accomplir le pèlerinage ; nul ne pourra tourner autour de la Kaaba nu. Tous les traités conclus avec le Messager de Dieu ﷺ seront honorés jusqu'à leur terme. » Ainsi, le Prophète ﷺ ne se rendit à La Mecque pour le pèlerinage qu'après que la Kaaba eut été débarrassée de tous les symboles et manifestations de l'idolâtrie.
It is also well established that on his return from the campaign of Tabūk, the Prophet intended to go for pilgrimage. However, he later decided not to do so, because non-Muslim Arabs were still doing the pilgrimage to Makkah and he did not wish to join them, not least because some of them would be going round the Ka`bah naked, as was their custom. At that point Sūrah 9, which brought the truce with the polytheist Arabs to an end, was revealed and the Prophet dispatched `Alī ibn Abī Ţālib to Makkah to proclaim its provisions to the pilgrims. He charged him with the task of announcing at Mina, when all the pilgrims were gathered, that: “No unbeliever shall enter paradise; no idolater may henceforth perform the pilgrimage; no one may go round the Ka`bah naked. All treaties signed with God’s Messenger shall run their course.” Accordingly, the Prophet did not go to Makkah for pilgrimage until the Ka`bah was cleared of all symbols and manifestations of idolatry.
On pourrait citer certains textes comme preuves indiquant que le pèlerinage avait été institué en principe bien plus tôt. En effet, certains récits suggèrent que cela eut lieu alors que le Prophète se trouvait encore à La Mecque, avant l'émigration vers Médine. Mais cela ne tient pas la route. Néanmoins, les versets 26 à 37 de la sourate 22 énumèrent la plupart des rites du pèlerinage tels qu'ils furent révélés au Prophète Abraham. Il s'agit notamment de :
One could point out certain texts as evidence indicating that the pilgrimage was instituted in principle much earlier. Indeed some reports suggest that this took place when the Prophet was still in Makkah, before the migration to Madinah. But this would not hold water. Nevertheless, verses 26-37 of Sūrah 22 list most of the pilgrimage rituals as they were communicated to the Prophet Abraham. These include:
Lorsque Nous assignâmes à Abraham l'emplacement de la [Sainte] Maison, [Nous dîmes] : N'associe rien à Moi comme associé. Purifie Ma Maison pour ceux qui y feront les tournées rituelles, pour ceux qui s'y tiendront debout, et pour ceux qui s'inclineront et se prosterneront dans la prière. Proclame parmi les gens le devoir du pèlerinage. Ils viendront à toi à pied et sur toute monture amaigrie, ils viendront de chaque lointain défilé, afin d'obtenir de nombreux bienfaits qui leur seront profitables, et afin de glorifier le nom de Dieu pendant les jours fixés [pour le sacrifice], sur les bêtes de bétail qu'Il leur aura accordées. Mangez-en donc, et nourrissez le malheureux indigent. Qu'ensuite ils accomplissent les rites qui leur sont prescrits, qu'ils s'acquittent de leurs vœux, et qu'ils refassent les tournées autour de l'Antique Maison... Quiconque honore les signes sacrés institués par Dieu [témoigne] de la piété dans les cœurs. Vous en tirez profit jusqu'à un terme fixé ; et, à la fin, leur lieu de sacrifice est près de l'Antique Maison... Le sacrifice des chameaux, Nous l'avons établi pour vous comme l'un des signes sacrés institués par Dieu, et il y a en eux beaucoup de bien pour vous. Prononcez donc le nom de Dieu sur eux lorsqu'ils sont rangés pour le sacrifice ; et une fois qu'ils sont tombés sans vie sur le sol, mangez de leur chair, et nourrissez le pauvre qui se contente de son sort, ainsi que celui qui est contraint de mendier. C'est à cette fin que Nous les avons mis à votre service, afin que vous soyez reconnaissants. Ni leur chair ni leur sang n'atteignent jamais Dieu ; c'est votre piété qui L'atteint. C'est à cette fin qu'Il les a mis à votre service, afin que vous glorifiiez Dieu pour toute la guidance dont Il vous a gratifiés. Annonce la bonne nouvelle à ceux qui font le bien.
When We assigned to Abraham the site of the [Sacred] House, [We said], Do not associate anything as partner with Me. Purify My House for those who will walk around it, and those who will stand before it, and those who will bow down and prostrate themselves in prayer. Proclaim to all people the duty of pilgrimage. They will come to you on foot and on every kind of fast mount. They will come from every far- away quarter, so that they might experience much that shall be of benefit to them, and that they might extol the name of God on the days appointed [for sacrifice], over whatever heads of cattle He may have provided for them. Eat, then, of such [sacrificed cattle] and feed the unfortunate poor. Thereafter let them complete the rites prescribed for them, fulfil their vows, and again walk around the Ancient House...Anyone who honours the symbols set up by God [shows evidence of] God-consciousness in people’s hearts. You have benefit in them for a term appointed; and in the end their place of sacrifice is near the Ancient House...The sacrifice of camels We have ordained for you as one of the symbols set up by God, in which there is much good for you. Hence, extol the name of God over them when they are lined up [for sacrifice]; and after they have fallen lifeless to the ground, eat of their meat, and feed the poor who is contented with his lot, as well as the one who is forced to beg. It is to this end that We have made them subservient to your needs, so that you might have cause to be grateful. Never does their meat or their blood reach God; it is your piety that reaches Him. It is to this end that He has made them subservient to your needs, so that you might glorify God for all the guidance with which He has graced you. Give good news to those who do good.
Ces versets font spécifiquement référence à l'offrande d'animaux en sacrifice, à la circumambulation autour de la Kaaba (ţawāf), aux rites de l'iĥrām 1 (consécration) et à l'invocation du nom de Dieu, qui constituent tous les rites fondamentaux du pèlerinage. Les musulmans ont été interpellés par ces paroles en tant qu'héritiers d'Abraham, ce qui indique que le pèlerinage avait été institué dès une époque ancienne, dans le cadre de l'héritage d'Abraham.
These verses make specific reference to offering animals for sacrifice, walking around the Ka`bah (ţawāf), the rites of iĥrām 1 (consecration), and the invocation of God’s name, all of which constitute the basic rites of the pilgrimage. The Muslims were addressed with these words as the heirs of Abraham, indicating that the pilgrimage had been instituted at an early stage as part of the legacy of Abraham.
Le fait que les musulmans, pour diverses raisons pratiques, n'aient pas pu accomplir le pèlerinage n'est pas le sujet. Cependant, comme mentionné plus haut dans ce volume, des musulmans individuels avaient pu accomplir le pèlerinage depuis que la Kaaba avait été rétablie comme direction de la prière (Qiblah) la deuxième année du calendrier islamique.
The fact that Muslims, for various practical reasons, had not been able to perform the pilgrimage is beside the point. However, as mentioned earlier in this volume, individual Muslims had been able to perform the pilgrimage since the Ka`bah was re-instituted as the qiblah in the second year of the Islamic calendar.
Penchons-nous maintenant de plus près sur les versets relatifs au pèlerinage dans cette sourate et sur le message instructif qu'ils véhiculent.
Let us now take a closer look at the verses on pilgrimage in this sūrah and the instructive message they convey.
Accomplissez intégralement le pèlerinage et le petit pèlerinage (Umrah) purement pour Dieu. Si vous en êtes empêchés, offrez alors l'offrande que vous pouvez aisément vous permettre. Ne vous rasez pas la tête tant que les offrandes n'ont pas atteint leur lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'un mal à la tête, il se rachètera par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. Lorsque vous serez en sécurité, celui qui profite de l'accomplissement du petit pèlerinage (Umrah) avant le pèlerinage fera l'offrande qu'il peut aisément se permettre ; mais celui qui n'en a pas les moyens jeûnera trois jours pendant le pèlerinage et sept jours supplémentaires à son retour chez lui, soit dix jours en tout. Tout cela s'applique à ceux dont la famille ne réside pas à proximité de la Mosquée sacrée. Craignez Dieu, et sachez bien que Dieu est sévère dans le châtiment. (Verset 196)
Perform to their completion both the pilgrimage and the `Umrah purely for God’s sake. If you are prevented from doing so, then make whatever offering you can easily afford. Do not shave your heads until the offerings have reached their appointed destination. If any of you is ill or suffers from an ailment of the head, he shall redeem himself by fasting, or alms, or sacrifice. When you are in safety, then he who takes advantage of performing the `Umrah before the pilgrimage shall make whatever offering he can easily afford; but he who lacks the means shall fast three days during the pilgrimage and seven more days on returning home; that is, ten days in all. All this applies to those whose families are not resident in the vicinity of the Sacred Mosque. Fear God, and know well that God is severe in retribution. (Verse 196)
La première chose à remarquer dans ce verset est la précision avec laquelle il traite le sujet. Il est divisé en plusieurs instructions courtes et bien définies. Toute exception ou disposition relative à chaque règle est énoncée juste avant de passer à la suivante. Le passage se termine par une forte insistance sur la crainte de Dieu.
The first thing to notice about this verse is the precision with which it treats the subject. It is divided into a number of short, well-defined instructions. Any exceptions or provisions relating to each ruling are made immediately before moving on to the next. The passage is rounded off with a strong emphasis on God-fearing.
Le premier article souligne le fait qu'une fois que l'on a décidé d'accomplir le pèlerinage ou le petit pèlerinage (Umrah), on doit le faire pleinement et consacrer ses actes à Dieu :
The first article stresses the fact that once one has decided to perform the pilgrimage or the `Umrah, one must do so in full and dedicate one’s actions to God:
« Accomplissez entièrement le pèlerinage et le petit pèlerinage (Umrah) pour l'amour de Dieu. » Certains savants ont vu dans ce verset l'institution du pèlerinage comme devoir religieux, tandis que d'autres l'ont compris comme une simple consigne : une fois que l'on entreprend le pèlerinage, il faut en accomplir les rites jusqu'au bout. Cette seconde interprétation paraît plus juste, puisque le petit pèlerinage (Umrah) n'est pas considéré par l'ensemble des savants comme un devoir obligatoire. Néanmoins, l'ordre d'achever les rites, une fois commencés, s'applique de la même manière au pèlerinage et au petit pèlerinage (Umrah). Ce dernier comporte les mêmes rites, à l'exception de la présence à 'Arafāt, mais il se distingue en ce qu'il peut être accompli à tout moment de l'année.
“Perform to their completion both the pilgrimage and the `Umrah purely for God’s sake.” Some scholars have taken this statement as instituting the pilgrimage as a religious duty, while others have understood it to be a mere instruction that once one begins performing the pilgrimage, one should go on to complete its rites. The latter interpretation seems more accurate, since the `Umrah is not universally considered by scholars an obligatory duty. Nevertheless, the order to complete the rites, once begun, applies equally to the pilgrimage and the `Umrah. The latter involves the same rites with the exception of attending at `Arafāt, but differs in that it can be performed any time throughout the year.
L'exemption de l'accomplissement du pèlerinage ou du petit pèlerinage (Umrah) est accordée lorsqu'une personne en est empêchée, soit par un ennemi, soit par la maladie ou d'autres circonstances exceptionnelles. Ce point est universellement admis par toutes les écoles de pensée. Il en va de même lorsqu'on est empêché d'accomplir les rites. « Si vous en êtes empêchés, alors offrez ce que vous pouvez aisément offrir. » (Verset 196) Si l'empêchement est dû à la contrainte, le pèlerin offre un sacrifice selon ses moyens. Il peut alors mettre fin à son état de consécration, ou ihrām, au point qu'il a atteint, même s'il n'a accompli aucun des rites autres que son entrée en état de consécration.
Exemption from completing the pilgrimage or the `Umrah is granted when one is prevented from doing so either by an enemy or, by illness or other exceptional circumstances. This is universally accepted by all schools of thought. The same applies to the case of being prevented from completing the rites. “If you are prevented from doing so, then make whatever offering you can easily afford.” (Verse 196) If prevented by force, a pilgrim offers a sacrifice within the means at his disposal. He would then be able to terminate his state of consecration, or iĥrām, at the point he reached, even though he might not have performed any of the rituals other than going into the state of consecration.
Une telle situation survint la sixième année du calendrier islamique, lorsque les Arabes païens empêchèrent le Prophète ﷺ et ses Compagnons d'entrer à La Mecque et de visiter la Mosquée sacrée. Les musulmans avaient campé à al-Ĥudaybiyah, à environ 25
Such a situation arose in the sixth year of the Islamic calendar when the pagan Arabs prevented the Prophet and his Companions from entering Makkah and visiting the Sacred Mosque. The Muslims had camped at al-Ĥudaybiyah, about 25
kilomètres à l'ouest de La Mecque, où fut finalement signé le fameux accord de trêve entre les Quraych et les musulmans. Celui-ci stipulait que le Prophète ﷺ et ses compagnons seraient libres de revenir accomplir le petit pèlerinage (Umrah) l'année suivante. Certains récits indiquent que ce verset fut révélé à ce moment-là et que, en conséquence, le Prophète ﷺ ordonna à ses Compagnons d'accomplir leurs sacrifices à al-Ĥudaybiyah et de mettre fin à leur état de consécration, ou ihrâm. Certains d'entre eux montrèrent de la réticence, trouvant difficile de se libérer de l'ihrâm avant d'accomplir les offrandes à l'endroit approprié. Mais une fois que le Prophète ﷺ prit l'initiative et accomplit son sacrifice là-bas, les autres suivirent son exemple.
kilometres west of Makkah, where eventually the famous truce agreement was signed between the Quraysh and the Muslims. It stipulated that the Prophet and his followers would be free to return for `Umrah the following year. Some reports indicate that this verse was revealed at that time, and, accordingly, the Prophet ordered his Companions to make their sacrifices at al-Ĥudaybiyah and terminate their state of consecration, or iĥrām. Some of them showed reluctance, finding it difficult to release themselves from iĥrām before making the offerings at the appropriate place. But once the Prophet took the initiative and offered his sacrifice there, the rest followed suit.
Le verset fait référence à « toute offrande que vous pourrez aisément vous procurer ». Cela comprend des animaux tels que les chameaux, les vaches, les moutons ou les chèvres. Un pèlerin doit sacrifier ce qu'il peut aisément se permettre, et plusieurs personnes peuvent se partager un seul chameau ou une seule vache. Lors du petit pèlerinage (Umrah) d'al-Ḥudaybiyah, jusqu'à sept personnes ont partagé le sacrifice d'un seul chameau. En revanche, une personne peut choisir d'offrir un mouton ou une chèvre, ce qui suffit.
The verse refers to “whatever offering you can easily afford” This includes animals such as camels, cows, sheep, or goats. A pilgrim should sacrifice whatever he can easily afford, and several people may share in a single camel or cow. In the `Umrah of al-Ĥudaybiyah, as many as seven people shared in the sacrifice of one camel. On the other hand, one person may choose to offer a sheep or a goat, which would suffice.
La dispense sert à atténuer une difficulté telle que celle rencontrée à al-Ḥudaybiyah, ou celle qui pourrait survenir à cause d'une maladie.
The exemption serves to mitigate hardship such as that encountered at al- Ĥudaybiyah, or which might arise as a result of illness.
L'objectif essentiel d'une telle pratique religieuse est de raviver la conscience de Dieu et de se rapprocher de Lui. Si cela est perturbé par des menaces provenant d'un ennemi, une maladie invalidante ou autre, les pèlerins ne sont pas privés des récompenses qu'ils auraient reçues s'ils avaient accompli le pèlerinage ou le petit pèlerinage (Umrah). Ils sont donc invités à procéder aux offrandes comme s'ils avaient accompli les rites prévus. Cette attitude compatissante correspond bien à l'esprit de l'islam et à sa conception du but de l'adoration.
The essential aim of such a religious practice is to revive one’s awareness of God and draw closer to Him. If this is disrupted by threats from a hostile quarter, a disabling illness or the like, pilgrims are not deprived of the rewards they would have received had they completed the pilgrimage or the `Umrah. They are, therefore, instructed to proceed with making the offerings as if they had completed the intended rituals. This compassionate attitude is well in line with the spirit of Islam and its view of the purpose of worship.
Voici une autre règle concernant l'accomplissement du pèlerinage et du petit pèlerinage (Umrah).
Then follows another rule relating to the performance of pilgrimage and `Umrah:
« Ne vous rasez pas la tête tant que l'offrande n'est pas parvenue à son lieu d'immolation. » (Verset 196)
“Do not shave your heads until the offerings have reached their appointed destination.” (Verse 196)
Cela s'applique bien entendu dans des conditions normales et paisibles. Un pèlerin ne doit pas se raser la tête, ce qui précède la fin de l'état de consécration, ou iḥrām, avant d'avoir accompli ses offrandes au lieu et au moment prescrits. Cela se fait à Minā le dixième jour de Dhou-l-Ḥijja, après s'être rendu la veille dans la plaine de `Arafāt. Une fois les offrandes accomplies, le pèlerin peut se libérer de la consécration.
This, of course, applies under normal peaceful conditions. A pilgrim is not to shave his head, which precedes the termination of the state of consecration, or iĥrām, until he has made his offerings at the designated place and time. This is done at Mind on the tenth day of Dhu’l-Ĥijjah, after attendance the previous day at the plain of `Arafāt. Once the offerings are made, a pilgrim may release himself from consecration.
« Voici une autre dispense : « Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection du cuir chevelu, il doit se racheter par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. » (Verset 196) L'Islam est une religion pratique et humaine, et si des raisons de santé exigent de se raser la tête, il est permis de le faire en état d'ihrām, même avant d'avoir atteint le lieu d'offrande du sacrifice ou accompli les rites appropriés. Cette concession est toutefois compensée par une expiation fixée à un jeûne de trois jours du lever au coucher du soleil, à l'alimentation de six nécessiteux, ou à l'immolation d'un mouton dont la viande est distribuée aux pauvres. »
Here we have another exemption: “If any of you is ill or suffers from an ailment of the head, he shall redeem himself by fasting, or alms, or sacrifice.” (Verse 196) Islam is a practical and humane religion, and if there are grounds of health that would require shaving one’s head, one would be permitted to do so while in the state of iĥrām, even before the destination for offering the sacrifice is reached or the appropriate rituals are completed. The concession, however, is balanced with a compensation which has been set as a three-day fast from dawn to dusk, the feeding of six needy people, or slaughtering a sheep and giving its meat to the poor.
Cela est appuyé par ce que le Prophète Muĥammad ﷺ dit à Ka`b ibn `Ajrah lorsque celui-ci fut amené devant lui pendant le pèlerinage, après avoir souffert d'une infection grave au point que des poux rampaient sur tout son visage. Le Prophète ﷺ dit : « Je n'aurais pas pensé que tu puisses en être arrivé à un état aussi pitoyable. Peux-tu te permettre d'offrir un mouton ? » Ka`b répondit qu'il ne le pouvait pas. Le Prophète ﷺ lui dit alors : « Jeûne trois jours, ou nourris six nécessiteux, en donnant à chacun un demi-şā` de nourriture, et rase-toi la tête. » (Un şā` est une mesure arabe équivalant à quatre fois la pleine capacité des deux mains d'un homme jointes en coupe.)
This is supported by what the Prophet Muĥammad said to Ka`b ibn `Ajrah when the latter was brought to him during the pilgrimage, having suffered a severe infection so that lice were crawling all over his face. The Prophet said: “I would not have thought you could have reached such a dire state. Can you afford a sheep?” Ka`b said he could not. The Prophet said to him: “Fast for three days, or feed six needy people, giving each half a şā` of food, and shave your head.” (One şā` is an Arabian measure equivalent to four times the fill of a man’s hands cupped together.)
La sourate donne une autre règle relative au pèlerinage et au petit pèlerinage (Umrah) : « Et lorsque vous êtes en sécurité, celui qui profite de la Umrah avant le pèlerinage devra faire l'offrande qu'il peut aisément se permettre. » (Verset 196) Le sacrifice est exigé de ceux qui sont en mesure d'accomplir les rites des deux actes d'adoration. Examinons la question plus en détail.
The sūrah gives another ruling relating to the pilgrimage and the `Umrah: “When you are in safety, then he who takes advantage of performing the `Umrah before the pilgrimage shall make whatever offering he can easily afford.” (Verse 196) The sacrifice is required of those who are able to complete the rituals of both duties. Let us look at the matter in more detail.
Une forme de tamattu`, à laquelle ce verset fait référence sous l'expression « profiter de l'accomplissement des deux devoirs du pèlerinage et de la `Umrah », consiste à accomplir la `Umrah séparément, avant le pèlerinage proprement dit. Pour cela, on se met en route pour la `Umrah, on entre en iḥrām au lieu fixé, on accomplit les rites de la `Umrah, qui comprennent le ṭawāf autour de la Kaaba et le sa`y entre Ṣafā et Marwah, puis on se rase la tête ou on se coupe les cheveux pour sortir de l'état de consécration. On attend ensuite le moment du pèlerinage pour entrer de nouveau en iḥrām, c'est-à-dire en état de consécration, pour le pèlerinage. Cela n'est valable que si la `Umrah est accomplie pendant les mois réservés au pèlerinage : Shawwāl, Dhu’l-Qa`dah et les dix premiers jours de Dhu’l-Ḥijjah.
One form of tamattu`, which is referred to in this verse as ‘taking advantage of performing both duties of pilgrimage and `Umrah, involves the performance of the `Umrah separately, prior to performing the pilgrimage. To do this, one sets off for `Umrah, goes into iĥrām at the appointed location, performs the rites of `Umrah, which include ţawāf around the Ka`bah and sa`ī between Şafā and Marwah, and shaving one’s head or trimming one’s hair to release oneself from consecration. One then waits for the time of the pilgrimage to re-enter into iĥrām, or consecration, for the pilgrimage. This is valid only if the `Umrah is offered within the appointed months of pilgrimage: Shawwāl, Dhu’l-Qa’dah and the first ten days of Dhu’l-Ĥijjah.
Une autre forme de tamattu` consiste à entrer en iḥrām, au lieu prescrit, avec l'intention de combiner le petit pèlerinage (Umrah) et le grand pèlerinage. À l'arrivée à La Mecque, la Umrah est accomplie, après quoi le pèlerin maintient son iḥrām jusqu'à ce qu'il ait accompli le reste des rites du pèlerinage au moment voulu.
Another form of tamattu` is when one goes into iĥrām, at the appointed location, with the intention of combining both `Umrah and pilgrimage. On arrival in Makkah, the `Umrah is performed, after which the pilgrim maintains his iĥrām until he has performed the rest of the rites of the pilgrimage at the proper time.
Dans les deux cas, les pèlerins sont tenus d'offrir les sacrifices qu'ils peuvent se permettre et qui sont disponibles. Des animaux tels que les chameaux, les vaches, les moutons et les chèvres peuvent être offerts à cette fin.
In both cases, pilgrims are required to make such offerings as they can afford and are available. Animals such as camels, cows, sheep and goats can be offered for this purpose.
Ceux qui n'en ont pas les moyens doivent accomplir une obligation de remplacement. « Celui qui n'en a pas les moyens jeûnera trois jours pendant le pèlerinage et sept jours à son retour chez lui ; soit dix jours au total. » (Verset 196) Il est recommandé de jeûner pendant les trois jours précédant la présence à 'Arafāt, le neuvième jour de Dhu'l-Ḥijjah. Les sept autres jours de jeûne s'accomplissent après l'arrivée au retour chez soi, soit dix jours au total, comme le Coran le précise clairement.
Those who lack the means need to fulfil an alternative requirement. “He who lacks the means shall fast three days during the pilgrimage and seven more days on returning home; that is, ten days in all.” (Verse 196) It is recommended that fasting should be undertaken over the three days before attendance at `Arafāt on the ninth day of Dhu’l-Ĥijjah. The other seven days of fasting are undertaken following one’s arrival back home, a total of ten days in all, as the Qur’ān clearly points out.
L'idée ici, semble-t-il, est de garder le cœur et l'esprit des pèlerins attachés à Dieu pendant l'intervalle entre le petit pèlerinage (Umrah) et le grand pèlerinage. L'exigence d'un sacrifice ou d'un jeûne vise peut-être à maintenir le sentiment de proximité avec Dieu durant la période qui sépare le petit pèlerinage (Umrah) du grand pèlerinage. Ainsi, la levée des restrictions de la consécration, ou iḥrām, après l'accomplissement du petit pèlerinage (Umrah) n'éloignerait pas les gens de l'atmosphère hautement spirituelle que génère le grand pèlerinage.
The idea here apparently is to keep the pilgrims’ hearts and minds attached to God during the interval between the `Umrah and the pilgrimage. The requirement of sacrifice or fasting perhaps aims to maintain the feeling of being closer to God in the period between the `Umrah and pilgrimage. Thus, lifting the restrictions of consecration, or iĥrām, after performing the `Umrah would not lead people away from the highly spiritual atmosphere that the pilgrimage generates.
Puisque ceux qui vivent à proximité de la Mosquée sacrée ne sont tenus d'accomplir que le pèlerinage (Hajj), et non le petit pèlerinage (Umrah), ils ne peuvent pas avoir l'option du tamattu'. Ils n'ont pas d'offrande à sacrifier et, par conséquent, la règle du jeûne de dix jours à la place ne leur est pas applicable non plus : « Ceci s'applique à ceux dont les familles ne résident pas à proximité de la Mosquée sacrée. » (Verset 196)
Since those who live close to the Sacred Mosque are required to perform the pilgrimage only, and not the `Umrah, they cannot have the option of tamattu`. They have no sacrifice to offer and, consequently, the ruling of fasting ten days instead does not apply to them, either: “This applies to those whose families are not resident in the vicinity of the Sacred Mosque.” (Verse 196)
À ce stade, la sourate attire l'attention sur un aspect vital et fondamental de la relation de l'homme avec Dieu. Elle exhorte : « Craignez Dieu, et sachez bien qu'Il est redoutable en matière de châtiment. » (Verset 196) L'observance adéquate de ces prescriptions exige un sentiment constant de crainte de Dieu et une conscience de la puissance redoutable de Son châtiment. De par sa nature même, l'ihrām suscite un vif sentiment de conscience de Dieu et un désir ardent de ne pas encourir Son déplaisir, sentiment qui doit être maintenu avec la même vigueur et la même sincérité pendant la période où les pèlerins sont libérés des restrictions de l'ihrām. Les pèlerins sont appelés à rester vigilants et maîtres d'eux-mêmes tout au long de la période entière.
At this juncture the sūrah draws attention to a vital and fundamental aspect of man’s relationship with God. It exhorts: “Fear God, and know well that He is severe in retribution.” (Verse 196) The requirement for proper observance of these rulings would be an ever-present sense of God-fearing, and an appreciation of the awesome power of His retribution. By its very nature, iĥrām invokes a high sense of awareness” of God and an eagerness not to incur His displeasure, which must be maintained, with equal vigour and sincerity, during the interval when the pilgrims are relieved from the restrictions of iĥrām. Pilgrims are expected to remain vigilant and self-controlled throughout the whole period.
La sourate poursuit en donnant d'autres détails sur les rites du pèlerinage. Elle définit la période de l'année pendant laquelle il est valable et explique plus en détail les valeurs qui doivent être respectées lors de son accomplissement. Comme le passage précédent, elle se clôt par une exhortation à craindre Dieu en tout temps.
The sūrah proceeds to give further details of the pilgrimage rituals. It defines the time of the year in which it is valid and explains further the values to be observed in its performance. Like the preceding passage, it closes with an exhortation to fear God at all times.
« Le pèlerinage a lieu pendant des mois déterminés. Quiconque entreprend le pèlerinage durant ces mois doit, pendant son pèlerinage, s'abstenir de toute obscénité, de toute conduite perverse et de toute dispute. Quelque bien que vous fassiez, Dieu le connaît parfaitement. Munissez-vous de provisions : la meilleure provision est la piété. Craignez-Moi donc, vous qui êtes doués d'intelligence. » (Verset 197)
“The pilgrimage takes place in the months appointed for it. Whoever undertakes the pilgrimage in those months shall, while on pilgrimage, abstain from lewdness, all wicked conduct and wrangling. Whatever good you do God is well aware of it. Provide well for yourselves: the best provision of all is to be God-fearing. Fear Me, then, you who are endowed with insight.” (Verse 197)
Le texte indique clairement que le pèlerinage ne peut être accompli que pendant une période déterminée de l'année, qui s'étend sur les mois de Shawwāl, de Dhu'l-Qa'dah et les dix premiers jours de Dhu'l-Ĥijjah, les trois derniers mois de l'année lunaire islamique. En conséquence, c'est l'avis de l'école chafiite, attribué aux savants réputés Ibn `Abbās, Jābir, `Aţā', Ţāwūs et Mujāhid, selon lequel l'iĥrām en vue du pèlerinage n'est valable que lorsqu'il est entrepris pendant cette période déterminée, appelée « mois du pèlerinage ». Cependant, Mālik, Abū Ĥanīfah et Aĥmad ibn Ĥanbal, ainsi qu'Ibrāhīm al-Nakha`ī, al-Thawrī et al-Layth ibn Sa`d, estiment que l'iĥrām en vue du pèlerinage est valable toute l'année. Ils limitent toutefois l'accomplissement effectif des rites du pèlerinage à la période de l'année spécifiée dans la sourate.
The text is clear that pilgrimage may be undertaken only within a specified period of the year, which extends over the months of Shawwāl, Dhu’l-Qa’dah and the first ten days of Dhu’l-Ĥijjah, the last three months in the Islamic lunar year. Accordingly — and this is the view held by the Shāfi`ī school of thought and attributed to the reputable scholars Ibn `Abbās, Jābir, `Aţā’, Ţāwūs and Mujāhid— iĥrām for the purpose of pilgrimage is valid only when undertaken during this specified period, known as the “pilgrimage months”. However, Mālik, Abū Ĥanīfah and Aĥmad ibn Ĥanbal, as well as Ibrāhīm al-Nakha`ī, al-Thawrī and al-Layth ibn Sa`d, hold that iĥrām for pilgrimage is valid all the year round. Nevertheless, they restrict the actual performance of the pilgrimage rituals to the period of the year specified in the sūrah.
La première opinion semble refléter plus fidèlement le sens du texte coranique.
The former view appears to reflect more closely the meaning of the Qur’ānic text.
Une fois qu'un engagement à accomplir le pèlerinage est pris, en entrant en état d'iḥrām pendant les mois du pèlerinage, le candidat au pèlerinage « doit s'abstenir de la luxure, de toute conduite perverse et des disputes ». Il s'agit d'un appel à l'abstinence totale de tous les intérêts, préoccupations et comportements qui sont en contradiction avec l'esprit de dévotion totale et d'obéissance à Dieu qui doit prévaloir pendant le pèlerinage, ou qui en détournent. Cela implique de s'élever au-dessus des poursuites mondaines, de se consacrer entièrement à Dieu seul et de chercher à acquérir l'humilité nécessaire lorsqu'on se comporte dans Sa Mosquée sacrée. Revêtir les vêtements non cousus de l'iḥrām est le signe que le pèlerin a abandonné tout ce qui se rapporte à la position ou aux possessions mondaines, y compris les vêtements ordinaires.
Once a commitment is made to perform the pilgrimage, by entering into the state of iĥrām during the pilgrimage months, the would-be pilgrim “must abstain from lewdness, all wicked conduct and wrangling.” This is a call for total abstinence from all interests, preoccupations and behaviour that are in conflict with, or distract from, the spirit of total devotion and obedience to God which should prevail during pilgrimage. It entails rising above worldly pursuits, total devotion to God alone, and seeking to acquire the necessary humility when conducting oneself at His Sacred Mosque. Donning the unsewn garments of iĥrām is the signal that the pilgrim has discarded all that relates to worldly position or possession, including ordinary clothes.
Ayant souligné ce qu'il faut éviter, la sourate transmet l'assurance suivante : « Quelque bien que vous fassiez, Dieu en est parfaitement informé. » (Verset 197) Ce serait là la plus grande incitation pour le croyant à accomplir davantage de bonnes actions, et à voir dieu témoigner davantage de sa dévotion, ce qui est en soi une source de contentement et de récompense.
Having pointed out what should be avoided, the sūrah conveys the reassurance that “Whatever good you do, God is well aware of it.” (Verse 197) This would be the greatest incentive for the believer to perform more good deeds, and to have God witness more of his devotion, which is in itself a source of contentment and recompense.
Dieu appelle ensuite les pèlerins à se pourvoir, tant sur le plan physique que spirituel, en vue de l'expérience exigeante et éprouvante du pèlerinage.
God then calls on the pilgrims to provide for themselves, physically and spiritually, in preparation for the challenging and demanding experience of pilgrimage.
Il a été rapporté qu'un groupe de pèlerins yéménites se mit en route pour le pèlerinage sans emporter aucune provision pour le voyage, affirmant que, puisqu'ils avaient l'intention de visiter la Maison sacrée de Dieu, Il pourvoirait certainement à leurs besoins. Cela contredit directement l'enseignement islamique selon lequel, si l'on doit s'en remettre à Dieu et placer sa confiance en Lui, il faut aussi rechercher les moyens pratiques nécessaires et prendre toutes les mesures pour veiller sur soi-même. De plus, une telle attitude frise l'irrévérence envers Dieu : sous-entendre que Dieu serait tenu de pourvoir à leurs besoins relève d'une arrogance condescendante.
It has been reported that a group of Yemeni pilgrims set off for pilgrimage without carrying any provisions for the journey, claiming that, since they were intending to visit God’s Sacred House, He would surely provide for them. This conflicts directly with Islamic teaching that while one should rely on God and put one’s trust in Him, one should also seek the necessary practical means and take all measures to look after oneself. Furthermore, such an attitude smacks of impertinence towards God; the implication that God is obliged to provide is one of condescending arrogance.
Ainsi, l'exhortation est formelle : « Munissez-vous de provisions, car la meilleure des provisions est la piété. Craignez-Moi donc, ô vous qui êtes doués d'intelligence. » (Verset 197) La crainte de Dieu est une véritable source de subsistance, tant matérielle que spirituelle. Elle procure à l'esprit et au corps de l'homme force, raffinement, et soutien physique et moral.
Hence the emphatic exhortation: “Provide well for yourselves: the best provision of all is to be God-fearing. Fear Me, then, you who are endowed with insight.” (Verse 197) The fear of God is a real source of both material and spiritual sustenance. It provides the human mind and body with strength, refinement and physical and moral support.
Ceux qui possèdent la perspicacité et la compréhension seraient les premiers à apprécier cette directive et à en tirer profit grâce à la providence divine.
Those with insight and understanding would be the first to appreciate this directive and benefit from divine provision.
La sourate présente d'autres règles du pèlerinage. Elle explique qu'il est permis aux pèlerins de faire du commerce ou de travailler pendant la période du pèlerinage. Elle développe également davantage les rites.
The sūrah outlines more pilgrimage rules. It explains that it is permitted for pilgrims to engage in trade or employment during the pilgrimage period. It also adds further elaboration of rituals.
« Il n'est pas de faute à ce que vous recherchiez la grâce de votre Seigneur. Lorsque vous vous précipitez depuis ʿArafāt, invoquez Dieu auprès du Mash'ar al-Ḥarām [le lieu sacré de Muzdalifah]. »
“It is no sin for you to seek the bounty of your Lord. When you surge downward from `Arafāt, remember God at al-Mash`ar al-Ĥarām [the sacred landmark of Muzdalifah].
Rappelez-vous Celui qui vous a guidés. Auparavant, vous étiez certainement dans l'égarement.
Remember Him who has given you guidance. Before this, you were certainly in error.
Poussez-vous en avant depuis le lieu d'où tous les autres pèlerins se poussent en avant, et demandez à Dieu de vous pardonner. Dieu est Celui qui pardonne abondamment, le Très Miséricordieux.
Surge onwards from the place where all other pilgrims surge and pray God to forgive you. God is much-Forgiving, ever-Merciful” (Verses 198-199)
Al-Bukhārī rapporte qu'Ibn Abbās a dit que ce verset a été révélé parce que les gens éprouvaient de la gêne à faire du commerce pendant le pèlerinage, comme ils le faisaient à l'époque préislamique dans des marchés tels que ‘Ukāẓ, Mijannah et Dhu’l-Majāz. Abū Dāwūd rapporte également qu'Ibn Abbās a dit que ce verset a été révélé parce que les gens évitaient de commercer pendant la saison du pèlerinage, car ils la considéraient comme un temps d'adoration et de dévotion.
Al-Bukhārī reports that Ibn Abbās said that this verse was revealed because people used to feel uneasy about conducting trade during the pilgrimage as they did in pre-Islamic days in such markets as `Ukāż, Mijannah and Dhu’l-Majāz. Abū Dāwūd also quotes Ibn Abbās as saying that the verse was revealed because people used to avoid trading during the pilgrimage season, as they considered it a time for worship and devotion.
Abū Umāmah al-Taymī a demandé à Abdullāh ibn `Umar : « Pendant le pèlerinage, nous proposons des services de transport contre rémunération. Notre pèlerinage est-il valide ? » Ibn `Umar a répondu : « N'effectuez-vous pas le ţawāf autour de la Kaaba, n'accomplissez-vous pas de bonnes œuvres, ne lancez-vous pas les pierres et ne vous rasez-vous pas la tête ? » Lorsque Abū Umāmah a répondu qu'ils faisaient toutes ces choses, Ibn `Umar a dit : « Lorsque le Prophète ﷺ a été interrogé sur la même question, il n'a donné aucune réponse jusqu'à ce que l'ange Gabriel lui transmette le verset qui dit : "Il n'y a aucun péché pour vous à rechercher la grâce de votre Seigneur." »
Abū Şāliĥ, un serviteur de `Umar, le second Calife, aurait demandé à celui-ci si les gens avaient coutume de faire du commerce pendant la saison du pèlerinage. `Umar a répondu : « Certainement ! Les gens n'avaient pas d'autre moyen de gagner leur vie ! »
Cette réticence à faire du commerce et des affaires pendant la saison du pèlerinage n'est qu'un aspect de la nouvelle sensibilité et de la nouvelle conscience que l'Islam a apportées aux esprits, leur donnant une attitude nouvelle à l'égard de leur mode de vie préislamique. Les musulmans cherchaient à connaître le point de vue de l'Islam, ou attendaient des instructions, avant d'accomplir certains actes ou d'adopter certaines manières de se comporter, comme cela a été expliqué précédemment à propos du rite de la sa`ī entre les deux collines de Şafā et de Marwah.
Abū Umāmah al-Taymī asked Abdullāh ibn `Umar: “While on pilgrimage we offer transport services for hire. Is our pilgrimage valid?” Ibn `Umar said, “Do you not make ţawāf around the Ka`bah, do good deeds, throw the stones, and shave your heads?” When Abū Umāmah replied that they did all those things, Ibn `Umar said, “When the Prophet was asked the same question, he gave no answer until the angel Gabriel conveyed to him the verse which states: “It is no sin for you to seek the bounty of your Lord.” Abū Şāliĥ, an attendant of `Umar, the second Caliph, is reported to have asked him whether people used to conduct trade during the pilgrimage season. `Umar replied, “Indeed! People had no other way of earning a living!” This reluctance to conduct trade and business during the pilgrimage season is but one aspect of the new sensitivity and awareness that Islam had brought to people’s minds, giving them a new attitude towards their pre-Islamic way of life. Muslims would seek to know the view of Islam, or await instructions, before performing certain actions or adopting certain modes of behaviour, as explained earlier with reference to the ritual of sa`ī between the two hills of Şafā and Marwah.
Ainsi, le commerce et l'activité commerciale, y compris la location et le bail, sont permis pendant le pèlerinage. En effet, le Coran décrit de telles activités comme un moyen de rechercher « la faveur de votre Seigneur ». Ainsi, quiconque cherche à gagner un revenu par le commerce et les affaires pendant le pèlerinage doit sentir qu'il ne recherche que la faveur de Dieu et que tout ce qu'il reçoit lui est donné par Dieu. Ce ne sont pas ses seuls efforts qui lui procurent ses gains. C'est Dieu, le donateur généreux, qui nous accorde tout ce que nous possédons. Une fois que le pèlerin en a pris conscience, il réalisera que, même lorsqu'il commerce, il se trouve dans un état de dévotion envers Dieu, qui ne viole ni ne souille en aucune manière son accomplissement des devoirs du pèlerinage. Une fois ce principe établi dans les cœurs et les esprits des croyants, l'Islam leur accorde une entière liberté de poursuivre leurs intérêts, chacun d'entre eux pouvant en lui-même être considéré comme un acte d'adoration valide.
Thus, trading and commercial activity, including letting and leasing, are permitted during pilgrimage. In fact, the Qur’ān describes such activities as a means of seeking “the bounty of your Lord”. Thus, anyone who seeks to earn some income through trade and business in pilgrimage should feel that he only seeks God’s bounty and that whatever he receives is given to him by God. It is not his own efforts that give him his earnings. It is God, the generous giver who gives us all we have. Once this is appreciated by the pilgrim, he will realize that even as he is trading, he is in a state of devotion to God which in no way violates or defiles his observance of the pilgrimage duties. Once this principle is established in believers’ hearts and minds, Islam allows them total freedom to pursue their interests, every one of which would in itself be considered a valid act of worship.
Ce n'est donc pas un hasard si un verset traitant des rites du pèlerinage comprend également des instructions sur la recherche de gains par le commerce et les activités commerciales.
It is not by chance, therefore, that a verse dealing with the rituals of pilgrimage should also include instructions on earning through trade and commercial activities.
« Lorsque vous descendez en flot de ʿArafāt, souvenez-vous de Dieu au Mashʿar al-Ḥarām. »
“When you surge downward from `Arafāt, remember God at al-Mash`ar al-Ĥarām.
Rappelez-vous Celui qui vous a guidés. Auparavant, vous étiez certainement dans l'égarement » (verset 198). Se trouver à 'Arafāt est le devoir central du pèlerinage. Il est rapporté de manière authentique, par 'Abd al-Raḥmān al-Daylamī, que le Prophète ﷺ a dit : « Le pèlerinage, c'est la présence à 'Arafāt. » [Il a répété cela trois fois.] Celui qui arrive à 'Arafāt avant l'aube [le dixième jour de Dhu’l-Ḥijjah] aura accompli ce devoir. Les jours de Minā sont au nombre de trois ; celui qui repart après seulement deux jours ne commet aucun péché, pas plus que celui qui reste plus longtemps. »
Le moment prévu pour la présence à 'Arafāt commence à midi le jour de 'Arafāt, le neuvième jour du mois lunaire musulman de Dhu’l-Ḥijjah, et prend fin à l'aube du lendemain matin, le jour du Sacrifice. Aḥmad ibn Ḥanbal est toutefois d'avis que ce moment commence à l'aube, et non à midi, le jour de 'Arafāt. Il se fonde sur le récit de 'Urwah al-Ṭā’ī, qui se rendit auprès du Prophète ﷺ alors que celui-ci se rendait à la prière à Muzdalifah, et lui expliqua qu'ayant voyagé de très loin, lui-même et sa chamelle étaient à bout de forces ; qu'il avait fait de son mieux pour se tenir sur chaque colline qu'il avait traversée, et qu'il voulait savoir si son pèlerinage restait valide. Le Prophète ﷺ répondit : « Quiconque a prié avec nous aujourd'hui et demeure avec nous jusqu'à notre départ, après avoir été présent à 'Arafāt à un moment quelconque, de nuit ou de jour, a accompli le pèlerinage et rempli ses obligations. »
Remember Him who has given you guidance. Before this you were certainly in error.” (Verse 198) Attendance at `Arafāt is the central duty of the pilgrimage. It is authentically reported on the authority of `Abd al-Raĥmān al-Daylamī that the Prophet Muĥammad said: “The pilgrimage is attendance at `Arafāt. [He repeated this three times.] He who arrives at `Arafāt before the break of dawn [on the tenth day of Dhu’l-Ĥijjah] will have fulfilled this duty. The days of Minā are three; those who depart after only two days incur no sin, nor do those who stay longer.” The scheduled time for attendance at `Arafāt begins at noon on the Day of `Arafāt, the ninth day of the Muslim lunar month of Dhu’l-Ĥijjah, and ends at the break of dawn the following morning, the Day of Sacrifice. Aĥmad ibn Ĥanbal, however, is of the opinion that the time begins at the break of day, rather than at noon, on the Day of `Arafāt. This is based on the report by `Urwah al-Ţā’ī that he had gone up to the Prophet, as he was going to prayer at Muzdalifah, and explained to him that having come from a long way away both he and his camel were on the point of exhaustion, and that he had done his best to stand at every hill he had passed, and wanted to know whether his pilgrimage would still be valid. The Prophet replied: “Anyone who has joined us in the prayer today and stands with us until we move on, having already been present in `Arafāt at any time, night or day, has completed the pilgrimage and fulfilled his obligations.”