Al-Imran (Le message de compassion du Prophète) 159 - 164
Al-Imran ( The Prophet’s Message Of Compassion ) 159 - 164
C'est par la miséricorde de Dieu que tu les traites avec douceur. Si tu avais été dur et au cœur endurci, ils se seraient sûrement éloignés de toi.
It is by God’s grace that you deal gently with them. Had you been harsh and hard-hearted, they would surely have broken away from you.
Pardonne-leur donc, demande pour eux le pardon et consulte-les dans les affaires. Quand tu as pris une décision, place ta confiance en Dieu. Dieu aime ceux qui placent leur confiance en Lui. (159)
Therefore, pardon them and pray for them to be forgiven and consult with them in the conduct of public affairs. When you have resolved about a course of action, put your trust in God. God loves those who put their trust in Him. (159)
Si Dieu vous secourt, nul ne pourra vous vaincre ; mais s'Il vous abandonne, qui pourra alors vous secourir en dehors de Lui ? C'est en Dieu que les croyants doivent placer leur confiance. (160)
If God helps you, none can overcome you; but if He should forsake you, then who is it that can help you besides Him? It is in God that the believers should put their trust. (160)
Il ne sied pas à un Prophète d'agir malhonnêtement, car celui qui agit malhonnêtement sera confronté à sa malhonnêteté le Jour de la Résurrection. Chacun recevra alors intégralement ce qu'il aura gagné, et nul ne sera lésé. (161)
It does not behove a Prophet to act dishonestly, for he who acts dishonestly shall be faced with his dishonesty on the Day of Resurrection. Everyone will then be paid in full what he has earned, and none shall be wronged. (161)
Celui qui recherche l'agrément de Dieu peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère de Dieu et dont la demeure est l'enfer ? Quel mauvais sort que celui-là.
Can he who strives after God’s pleasure be compared to one who has incurred God’s wrath and whose abode is hell? How evil such a goal is.
(162)
(162)
Ils ont des rangs différents aux yeux de Dieu.
They have different standings in God’s sight.
Dieu voit tout ce qu'ils font. (163)
God sees all that they do. (163)
En effet, Dieu a accordé un bienfait aux croyants lorsqu'Il leur a envoyé un messager issu d'entre eux, pour leur réciter Ses révélations, les purifier et leur enseigner le Livre et la sagesse, alors qu'auparavant ils étaient certainement dans un égarement manifeste. (164)
Indeed, God bestowed a favour on the believers when He sent them a messenger from among themselves, to recite to them His revelations, and to purify them, and teach them the book and wisdom, whereas before that they were surely in plain error. (164)
Caractéristiques distinctives de la personnalité du Prophète ﷺ
Distinctive Marks Of The Prophet’s Personality
C'est par la miséricorde de Dieu que tu te montres doux envers eux. Si tu avais été dur et au cœur endurci, ils se seraient certainement éloignés de toi. Pardonne-leur donc, demande pour eux le pardon, et consulte-les dans la conduite des affaires publiques.
It is by God’s grace that you deal gently with them. Had you been harsh and hard- hearted, they would surely have broken away from you. Therefore, pardon them and pray for them to be forgiven and consult with them in the conduct of public affairs.
Lorsque tu as pris une décision au sujet d'une ligne de conduite, place ta confiance en Dieu. Dieu aime ceux qui placent leur confiance en Lui. (Verset 159)
When you have resolved about a course of action, put your trust in God. God loves those who put their trust in Him. (Verse 159)
Au cours du commentaire de la sourate sur la bataille d'Uhud et sur les attitudes de la communauté musulmane et d'autres groupes face au déroulement des événements, avant et pendant cette bataille, quelques versets évoquent la noble personnalité de Muhammad, Messager de Dieu ﷺ, ainsi que l'importance de son statut de Prophète pour la vie de la communauté musulmane. Cela montre une grande partie de la grâce que Dieu a accordée à la communauté musulmane. Si la personnalité du Prophète ﷺ est le thème connu des versets qui suivent, certaines phrases expliquent aussi la méthode islamique d'organisation de la communauté musulmane, le fondement de cette organisation, ainsi que quelques éléments fondamentaux de la philosophie islamique et son importance pour la vie humaine en général.
In the course of the sūrah’s commentary on the Battle of Uĥud and the attitudes of the Muslim community and other groups towards the way events developed both prior to and during that battle, a few verses are included about the noble personality of Muĥammad, God’s Messenger (pbuh) and the importance of his status as a Prophet to the life of the Muslim community. This demonstrates much of the grace God has bestowed on the Muslim community. While the Prophet’s personality is the known theme of the following verses, certain lines also explain the Islamic method in organising the Muslim community, the basis of this organisation, as well as some basic elements of Islamic philosophy and its importance to human life generally.
Nous pouvons apprécier le grand aspect de la grâce divine représenté par les hauts standards moraux du Prophète ﷺ et ses belles manières. Il avait un caractère facile, doux, indulgent et compatissant, qui attirait les gens et établissait de réels liens entre eux. Nous trouvons aussi dans ce court passage le principe fondamental qui régit la vie de la communauté musulmane, à savoir le gouvernement par la consultation. Nous avons ici un ordre clair de mettre en œuvre ce principe de consultation. Il est digne de remarque que cet ordre soit donné à un moment où la consultation semble avoir entraîné des conséquences amères. Au principe du gouvernement par la consultation s'ajoute celui d'une résolution ferme, celui de mettre en œuvre, sans hésitation, ce qui a été décidé après consultation. À ces deux principes s'ajoute la valeur la plus importante, celle de placer notre confiance en Dieu. Ces trois principes offrent une complémentarité conceptuelle, pratique et organisationnelle distincte. De plus, l'essence de la volonté et du destin de Dieu est expliquée ici. Toutes les affaires commencent par Lui et retournent à Lui. Sa volonté est suprême dans la conduite des événements et la détermination des résultats. Le passage met également en garde contre la trahison et la cupidité, et distingue ceux qui suivent ce qui plaît à Dieu de ceux qui encourent Sa colère. Cela fournit un critère pour évaluer les gains et les pertes. Le passage conclut en soulignant la grande faveur que Dieu a accordée à cette nation sous la forme du message transmis par le Prophète ﷺ. Comparé à cette faveur, tout le reste paraît si petit, et toutes les souffrances peuvent aisément être supportées.
Consultation : L'essence du gouvernement islamique
Consultation: The Essence Of Islamic Government
Voici un ordre distinctif : « Consulte-les sur la conduite des affaires publiques. » Ce principe, qui est fondamental pour le système islamique de gouvernement, est établi ici, même lorsque Muhammad ﷺ lui-même, le Messager de Dieu, est celui qui conduit les affaires publiques. C'est donc une affirmation catégorique qui ne laisse aucun doute à la communauté musulmane : la consultation est au cœur du gouvernement islamique. Sans elle, aucun système ne peut être véritablement islamique. La forme que prend cette consultation et la manière dont le principe est mis en œuvre peuvent être adaptées aux conditions qui prévalent dans chaque société islamique particulière. Toutes les formes et tous les mécanismes qui garantissent que la consultation est réellement, et non superficiellement, pratiquée sont acceptables pour l'Islam.
We have here a distinctive order: “Consult with them on the conduct of public affairs.” This principle, which is basic to the Islamic system of government, is established here, even when Muĥammad himself, God’s Messenger, is the one who conducts public affairs. This is, then, a definitive statement which leaves the Muslim community in no doubt that consultation is central to Islamic government. Without it, no system is truly Islamic. What form this consultation takes and how the principle is implemented are matters which can be adapted to the prevailing conditions of any particular Islamic society. Any forms and mechanisms which ensure that consultation is really, not superficially, practised are acceptable to Islam.
L'ordre décisif, « consulte-les sur la conduite des affaires publiques », est donné par Dieu au Prophète ﷺ à un moment où la consultation semble avoir produit des résultats amers. Les apparences laissaient penser que c'est à cause de la consultation que la désunion s'est glissée parmi les Musulmans lors des événements qui ont mené à la bataille d'Uḥud. Pour rappel, un groupe voulait que les Musulmans restent à Médine, où ils pourraient facilement repousser toute attaque ennemie. Un autre groupe voulait combattre les infidèles hors de la ville. La désunion qui en résulta fut clairement visible lorsque `Abdullāh ibn Ubayy ibn Salūl se retira avec pas moins d'un tiers de l'armée, alors que l'ennemi frappait aux portes de Médine. De plus, le plan adopté pour la défense de Médine ne semblait pas être le plus judicieux d'un point de vue militaire. Il était en contradiction avec ce qu'avait enseigné l'expérience passée. Les Musulmans adoptèrent cependant la stratégie inverse lors de la bataille suivante, en restant à Médine et en creusant un fossé autour de celle-ci. Ils montrèrent ainsi qu'ils avaient profité des leçons d'Uḥud.
The decisive order, “consult with them on the conduct of public affairs” is issued by God to the Prophet at a time when consultation appears to have produced bitter results. Appearances suggested that it was due to consultation that disunity crept in among the Muslims during the events leading to the Battle of Uĥud. By way of a reminder, one group wanted the Muslims to stay in Madinah, where they could easily repel any enemy attacks. Another group wanted to fight the unbelievers outside the city. The resulting disunity was clearly apparent when `Abdullāh ibn Ubayy ibn Salūl withdrew with no less than one-third of the army, when the enemy was knocking at the gates of Madinah. Moreover, the plan adopted for the defence of Madinah did not appear to be the most sound from a military point of view. It was at variance with what had been learnt from past experience. The Muslims did, however adopt the opposite strategy in the following battle, staying in Madinah and digging a moat around it. Thus, they showed that they had benefited by the lessons of Uĥud.
Quand l'aide de Dieu se retire
When God’s Help Is Withdrawn
Pour expliquer ce que signifie placer sa confiance en Dieu, la sourate affirme clairement que le pouvoir qui détermine la victoire ou la défaite appartient à Dieu. C'est auprès de Lui que le soutien doit être recherché, et c'est par Son secours que la défaite peut être évitée. Une fois que les croyants ont fait leurs préparatifs et mobilisé toutes les forces dont ils disposent, ils se tournent vers Dieu pour obtenir de l'aide, s'en remettent entièrement à Lui et reconnaissent qu'ils n'ont aucune part dans la détermination des conséquences. C'est la volonté de Dieu qui décide de l'issue : « Si Dieu vous secourt, nul ne pourra vous vaincre ; mais s'Il vous abandonne, qui pourra vous secourir après Lui ? C'est en Dieu que les croyants doivent placer leur confiance. » (Verset 160)
In order to explain what placing one’s trust in God means, the sūrah clearly states that the power which determines victory or defeat is God’s. It is from Him that support should be sought and through His help defeat is avoided. Once the believers have made their preparations and mobilised all the forces they can muster, they turn to God for help, rely fully on Him and recognise that they have no say in determining the consequences. It is God’s will that determines the outcome: “If God helps you, none can overcome you; but if He should forsake you, then who is it that can help you beside Him? It is in God that the believers should place their trust.” (Verse 160)
Le concept islamique de la vie démontre l'équilibre parfait entre l'affirmation que la volonté de Dieu est absolue dans la détermination de tous les événements et qu'elle s'exerce à travers les propres actions de l'homme. La loi divine de la nature établit une relation de cause à effet dans toutes choses, mais les causes n'initient pas les effets. La force opérante est celle de Dieu, Qui détermine les effets sur la base des causes selon Sa volonté. Il exige ensuite de l'homme qu'il travaille dur, accomplisse ses devoirs et s'acquitte de ses obligations. C'est en fonction de la mesure dans laquelle l'homme s'acquitte de sa responsabilité que Dieu détermine les résultats.
The Islamic concept of life demonstrates the perfect balance between asserting that God’s will is absolute in shaping all events and that it comes into operation through man’s own actions. The Divine law of nature establishes a cause and effect relationship in all matters, but causes do not initiate effects. The operative force is that of God, Who determines effects on the basis of causes according to His will. He then requires man to work hard, fulfil his duties, and meet his obligations. It is in relation to how far man discharges his responsibility that God determines the results.
Cela signifie que les résultats et les conséquences dépendent toujours de la volonté de Dieu, car c'est Lui seul qui les fait advenir quand et comme Il le veut. Un équilibre s'établit ainsi entre la conception fondamentale du musulman et ses actes. Il travaille de toutes ses forces, tout en sachant que les résultats de ses actes dépendent de la volonté de Dieu. Pour lui, il n'y a aucune fatalité dans la relation de cause à effet, car il ne prétend pas que ce que Dieu fait soit inévitable.
Une grande faveur accordée aux croyants
A Great Favour Done To Believers
Dans le cadre du désir de prendre part au butin de guerre, qui fut la cause directe de la défaite d'Ouhoud, et de la malhonnêteté en général, la sourate souligne les valeurs qui doivent retenir l'attention du croyant : « Celui qui recherche l'agrément de Dieu peut-il être comparé à celui qui a encouru la colère de Dieu et dont la demeure est l'enfer ? Quelle triste destination ! » (Verset 162)
Within the framework of keenness to have a share in the spoils of war, which was the direct cause of the defeat at Uĥud, and dishonesty in general, the sūrah underlines the proper values, on which a believer’s attention must be focused: “Can he who strives after God’s pleasure be compared to one who has incurred God’s wrath and whose abode is hell? How evil such a goal is.” (Verse 162)
Il ne fait aucun doute que l’agrément de Dieu est la récompense à convoiter, et que l’obtenir détermine si nos efforts sont profitables ou s’achèvent dans une perte totale. Le fossé est grand entre celui qui poursuit l’agrément de Dieu jusqu’à l’obtenir et celui qui finit par encourir le déplaisir de Dieu, ce qui le conduit en enfer. Les deux ont des rangs très différents auprès de Dieu : « Ils ont des rangs différents auprès de Dieu. » (Verset 163) Chacun gagne effectivement sa position, ce qui signifie qu’il n’y a ni favoritisme ni injustice envers personne : « Dieu voit tout ce qu’ils font. » (Verset 163)
There is no doubt that God’s pleasure is the prize to be coveted, and the winning of which determines whether one’s efforts are profitable or end in utter loss. The gulf is great between the one who pursues God’s pleasure until he wins it and the one who ends up incurring God’s displeasure, which leads him to hell. The two have greatly different standings with God: “They have different standings in God’s sight.” (Verse 163) Each actually earns his position, which means that there is no favouritism and none is wronged: “God sees all that they do.” (Verse 163)
Cette partie de la sourate se conclut par une référence à la personnalité du Messager de Dieu, à son message, et au fait qu'il représente une grande faveur accordée par Dieu aux croyants : « Dieu a certes comblé de Ses bienfaits les croyants lorsqu'Il leur a envoyé un messager issu d'eux-mêmes, pour leur réciter Ses versets, les purifier, et leur enseigner le Livre et la sagesse, alors qu'auparavant ils étaient certainement dans un égarement manifeste. » (Verset 164)
This part of the sūrah concludes with a reference back to the personality of God’s Messenger, his message, and the fact that it represents a great favour bestowed by God on the believers: “Indeed, God bestowed a favour on the believers when He sent them a messenger from among themselves, to recite to them His revelations, and to purify them, and teach them the book and wisdom, whereas before that they were surely in plain error.” (Verse 164)
La Purification d'une Communauté Modèle
The Purification Of A Model Community
Le rôle du Messager est aussi de « les purifier ». Cette purification touche leurs cœurs, influe sur leurs demeures, leur honneur et leur culte, et caractérise leur vie, leur communauté et leurs systèmes sociaux. Il les débarrasse de toutes les traces du polythéisme, du culte des idoles et de la superstition, ainsi que de tout ce qui s'y rattache : les rites, les habitudes et les traditions indignes de l'homme. La vie humaine est ainsi purgée de toutes les traces de l'ignorance et de ses effets sur les valeurs, les principes et les traditions sociales.
The role of the Messenger is also “to purify them”. This purification touches their hearts, affects their homes, honour and worship, and characterises their lives, community and social systems. He purges them of all traces of polytheism, idol worship, and superstition and all that is associated with these, of rituals, habits and traditions which are unworthy of man. Human life is thus purged of all traces of ignorance and its effects on values, principles and social traditions.
Chaque communauté ignorante, y compris les Arabes de cette époque, abritait ses propres maux. Ces maux furent mis en lumière par Ja'far ibn Abī Ţālib, cousin du Prophète ﷺ, lorsqu'il s'adressa au Négus, souverain d'Abyssinie. Un certain nombre de musulmans avaient cherché refuge en Abyssinie, mais les Quraych envoyèrent une délégation qui demanda au souverain de les extrader. Celui-ci fit venir les réfugiés musulmans pour qu'ils exposent leur cause. Leur porte-parole, Ja'far, fit sa déclaration dans les termes suivants :
Every type of ignorant community, including the Arabs at that time, entertained its own evil aspects. These evils were highlighted by Ja`far ibn Abī Ţālib, a cousin of the Prophet, when he addressed Negus, the ruler of Abyssinia. A number of Muslims had sought refuge in Abyssinia, but the Quraysh sent a delegation which requested its ruler to extradite them. He called in the Muslim refugees to put their case. Their spokesman, Ja`far, made his statement in the following terms:
« Nous étions un peuple ignorant, qui adorait des idoles, mangeait des charognes, commettait toutes sortes d’indécences graves, rompait les liens de parenté, se montrait dur envers ses voisins, et où les forts usurpaient les droits des faibles. Nous sommes restés dans cet état jusqu’à ce que Dieu nous envoie un Messager issu de nous-mêmes, connu de nous pour la bonne position de sa famille, sa véracité, son honnêteté et son intégrité. Il nous a appelés à adorer Dieu seul, à ne Lui associer aucun associé, et à abandonner ce que nous et nos ancêtres adorions à côté de Lui, à savoir des pierres et des statues. Il nous a ordonné d’être véridiques dans nos paroles, honnêtes, bienveillants envers nos proches et nos voisins, et de nous abstenir du péché et de tuer les uns les autres. Il nous a interdit toute forme d’indécence, le faux témoignage, de dévorer le bien des orphelins et d’accuser de adultère des femmes chastes. Il nous a enjoint d’adorer Dieu seul, de ne Lui associer aucun associé, d’accomplir la Prière, de donner l’aumône obligatoire (Zakah) et de jeûner. » Un autre aspect des coutumes perverses qui prévalaient dans l’Arabie préislamique est décrit par `Ā’ishah, épouse du Prophète ﷺ, lorsqu’elle rapporte les relations entre les sexes. Ce récit figure dans le Ṣaḥīḥ d’Al-Bukhārī, le recueil le plus authentique des hadiths du Prophète ﷺ : « Il existait quatre types de relations entre hommes et femmes à l’époque de l’ignorance. Le premier était semblable aux unions matrimoniales d’aujourd’hui : un homme demandait en mariage la fille d’un autre homme, ou une jeune fille placée sous sa tutelle. Il lui versait une dot et l’épousait. Le deuxième type consistait pour un homme à dire à sa femme, après la fin de ses règles : “Va trouver untel ... [il nomme un certain homme] et deviens enceinte de lui.” Lui-même cessait alors d’avoir des rapports avec elle jusqu’à ce qu’il soit manifeste qu’elle était enceinte de l’homme qu’il avait nommé. Lorsqu’elle était alourdie par l’enfant, son mari pouvait à nouveau avoir des rapports avec elle s’il le désirait. Il recourait à cette méthode par désir d’avoir un fils de sang supérieur. » Une troisième forme consistait en ce que plusieurs hommes, moins de dix, partageaient la même femme, chacun d'eux ayant des rapports avec elle. Si elle tombait enceinte et donnait naissance à un enfant, elle leur envoyait un message les invitant à venir chez elle quelques jours après l'accouchement. Aucun d'entre eux ne pouvait se soustraire à cette rencontre. Elle leur disait : « Vous savez ce qui s'est passé entre nous. Maintenant que j'ai donné naissance à un enfant, cet enfant est le fils de ... » Elle choisissait pour père celui qu'elle désirait. Il ne pouvait pas renier cet enfant. La quatrième forme était celle de la prostitution. Un nombre quelconque d'hommes pouvait fréquenter une femme qui ne refusait personne parmi ceux qui venaient à elle. Les prostituées plaçaient une sorte de drapeau sur leurs portes, pour indiquer qu'elles accueillaient tout homme. Si une telle prostituée donnait naissance à un enfant, on rassemblait de l'argent pour elle et l'on faisait venir un physiognomoniste pour déterminer le père de cet enfant. L'enfant était alors nommé d'après l'homme qui ne refusait pas de le reconnaître. Cet état de choses avilissant et dégradant n'appelle aucun commentaire. Il suffit d'imaginer un homme envoyant sa femme auprès d'un autre homme pour qu'elle conçoive de lui, de la même manière qu'il envoie sa chamelle, sa jument ou tout autre animal pour un bon élevage. Il suffit d'imaginer plusieurs hommes, moins de dix, ayant des rapports avec la même femme, puis la laissant choisir l'un d'eux pour père de son enfant. Quant à la prostitution, elle est la même partout. Dans ce cas particulier, cependant, l'enfant né d'une prostituée est nommé d'après un adultère déterminé. Celui-ci n'y trouve aucune honte et ne renie pas l'enfant. Si ce n'était l'Islam et ses principes purificateurs, les Arabes auraient continué à vivre dans une telle fange.
Idolâtrie et dignité humaine
Idolatry And Human Dignity
Tous les systèmes fondés sur l'ignorance de Dieu ont leurs maux et leurs pratiques dégradantes.
All systems based on ignorance of God have their evils and debased practices.
Peut-être le plus marquant parmi ceux-ci dans l'Arabie préislamique était le culte des idoles, tel que le décrit Nadwī :
Perhaps the most prominent among these in pre-Islamic Arabia was idol-worship as described by Nadwī:
La croyance en une Providence souveraine s'était fortement affaiblie parmi eux (les Arabes de l'époque préislamique). Elle n'était le fait que d'une petite élite, tandis que la religion de la grande masse était une idolâtrie grossière. Les idoles qui avaient été à l'origine introduites comme simples supports de dévotion avaient été élevées au rang de divinités. Un hommage était encore rendu à un Dieu unique et transcendant, mais seulement de bouche ; dans leurs cœurs, une foule de divinités étaient intronisées, dont ils cherchaient à obtenir la bienveillance et à détourner le courroux.
The belief in an overruling Providence had grown very feeble among them (the Arabs of pre-Islamic days). It was confined to a select few, while the religion of the great mass of them was gross idolatry. The idols that had originally been introduced to serve as devotional media had become elevated to the status of divinity. Homage was still paid to one transcendent God, but only verbally; in their hearts a host of deities were enthroned, whose goodwill they sought to propitiate, and displeasure avert.
Chaque tribu, chaque cité et chaque localité avait son propre dieu. Al-Kalbī a affirmé que chaque foyer de La Mecque possédait sa propre idole. Lorsqu'un Mecquois partait en voyage, son dernier geste à la maison était d'invoquer la bénédiction de la divinité familiale, et la première chose qu'il faisait à son retour était de lui rendre hommage.
Each tribe, city, and locality had its own god. Al-Kalbī has stated that every household in Makkah had its own idol. When a Makkan started on a journey, his last act at home would be to invoke the blessings of the family deity, and the first thing he did on his return was to pay reverence to it.
Les gens rivalisaient autrefois pour collectionner des idoles et édifier des temples pour elles. Ceux qui n'avaient les moyens ni de l'un ni de l'autre plantaient une dalle de pierre devant la Kaaba et accomplissaient autour d'elle le rite de la circumambulation.
People used to vie with one another in collecting idols and constructing temples for them. Those who could afford neither planted a slab of stone in front of the Ka`bah and performed the ritual of circumambulation around it.
4 Abu’l-Ĥasan `Alī Nadwī, Islam and the World, Lucknow, 1973, pp. 30-1. (L'auteur a fait référence au Mādhā Khasira al-`Ālam bi Inĥiţāt al-Muslimīn de Cheikh Nadwī, tandis que l'ouvrage que nous citons est une traduction anglaise abrégée de l'ouvrage susmentionné — Traducteurs).
4 Abu’l-Ĥasan `Alī Nadwī, Islam and the World, Lucknow, 1973, pp. 30-1. (The author has referred to Shaykh Nadwī’s Mādhā Khasira al-`Ālam bi Inĥiţāt al-Muslimīn, while the work cited by us is an abridged English translation of the above — Translators).
5 Ibid., p. 29-30.
5 Ibid., pp. 29-30.
6 Ibid., p. 31-2.
6 Ibid., pp. 31-2.
Nationalisme et identité islamique
Nationalism And Islamic Identity
« Et pour leur enseigner le Livre et la sagesse. » Ceux auxquels s'adresse ce verset étaient illettrés au sens le plus complet du terme. Non seulement ils ne lisaient ni n'écrivaient, mais leur illettrisme était aussi intellectuel. Selon les critères internationaux du savoir, ils accusaient du retard dans tous les domaines. Leurs préoccupations n'étaient pas de celles qui encouragent ou accroissent le savoir. Lorsqu'ils reçurent ce message, ils connurent une grande transformation qui les poussa à le transmettre au reste du monde. Il les dota d'une grande sagesse. Ils devinrent les porte-étendards d'une philosophie intellectuelle et sociale destinée à sauver l'humanité des profondeurs de l'ignorance dans lesquelles elle avait sombré. Cette même doctrine est sur le point de jouer à nouveau son rôle, si Dieu le veut, pour sauver une nouvelle fois l'humanité de son ignorance contemporaine, une ignorance qui partage avec ses formes passées les mêmes caractéristiques morales et sociales, car elle se fixe les mêmes buts et objectifs pour la vie humaine, malgré les grands progrès matériels de la science et de l'industrie et l'aisance que ces progrès ont engendrée.
“And to teach them the book and wisdom.” Those addressed by this verse were illiterate in every sense of the word. Not only did they not read and write, but their illiteracy was intellectual as well. According to international standards of knowledge, they lagged behind in every field. Their preoccupations were not of the sort which encouraged or increased knowledge. When they received this message, they experienced a great transformation which made them pass it on to the rest of the world. It endowed them with great wisdom. They became the standard-bearers of an intellectual and social philosophy which was destined to save humanity from the depths of ignorance into which it had sunk. The same doctrine is about to play its role again, God willing, to save humanity anew from its contemporary ignorance, an ignorance which shares with past forms the same moral and social characteristics, as it sets the same goals and objectives for human life, despite the great material advances of science and industry and the affluence such advances have brought about.
« Alors qu'auparavant ils étaient assurément dans un égarement manifeste. » Ils étaient certainement dans l'erreur en ce qui concerne les conceptions et les croyances, les buts et les objectifs, les habitudes et les pratiques, les systèmes et les critères, ainsi que les valeurs morales et sociales. Les Arabes, à qui ce verset s'adressait pour la première fois, se souvenaient sans aucun doute de ce qu'avait été leur vie et mesuraient pleinement la transformation totale qu'avait opérée l'islam. Ils reconnaissaient que, sans l'islam, ils n'auraient jamais atteint les hauts standards auxquels l'islam les avait élevés. Une telle transformation est absolument unique dans l'histoire de l'humanité. Ils reconnaissaient que c'est grâce à l'islam qu'ils étaient passés directement du stade tribal, avec toutes ses préoccupations mesquines et son étroitesse d'esprit, pour devenir non seulement une nation au sens plein du terme, mais une nation destinée à guider l'humanité et à lui fixer ses idéaux et ses systèmes.