À ce moment-là, les gardes ou le personnel leur lancèrent un défi : « Mais quelle sera la punition pour cet acte, si vous êtes reconnus menteurs ? » (Verset 74)
At this point, a challenge was put to them by the guards or staff: “But what shall be the punishment for this deed, if you are proved to be lying?” (Verse 74)
Voici une partie du dessein que Dieu a inspiré à Joseph de mettre en œuvre. Dans la foi de Jacob, il était d'usage qu'un voleur soit pris en otage ou en captivité, ou qu'il soit réduit en esclavage en compensation de ce qu'il avait volé. Comme les frères de Joseph étaient certains de leur innocence, ils acceptèrent que leur loi soit appliquée à celui qui se révélerait avoir volé la coupe. Leur réponse définit la sanction selon leur propre système juridique : « Celui dans le bagage duquel elle sera trouvée, celui-là sera retenu en punition. C'est ainsi que nous punissons les injustes. » (Verset 75) Un voleur est un injuste, et les injustes doivent être traités selon la loi.
Here a part of the design which God has inspired Joseph to employ is revealed. It was customary in Jacob’s faith that a thief be taken as a hostage or captive or that he be enslaved in compensation for what he had stolen. Since Joseph’s brothers were certain of their innocence, they accepted that their law should be enforced against the one who might be proved to have stolen the goblet. Their reply defined the punishment in their own legal system: “He in whose camel pack it is found shall be enslaved in punishment for it. Thus do we punish the wrongdoers.” (Verse 75) A thief is a wrongdoer and wrongdoers must be treated according to the law.
Cette conversation se déroula sous les yeux de Joseph, qui ordonna alors que leurs sacs de voyage soient fouillés. Sage comme il l'était, il commença par fouiller les sacs de ses demi-frères avant celui de son jeune frère, afin de ne susciter aucun soupçon à ce sujet : « Alors [Joseph] commença par fouiller leurs sacs, avant le sac de son frère, puis il en sortit la coupe de son frère. » (Verset 76) Le récit nous laisse imaginer le grand choc qu'éprouvèrent les fils de Jacob lorsqu'ils étaient absolument certains de leur innocence, la jurant d'une seule voix. Il ne mentionne rien de tout cela, nous laissant plutôt le soin de la méditer.
This conversation took place in front of Joseph who then ordered that their camel- packs be searched. Wise as he was, he started by searching the camel-packs of his half brothers before that of his younger brother’s, so that he did not raise any doubt about the matter: “Thereupon, [Joseph] began to search their bags before the bag of his brother, and then took out the drinking-cup from his brother’s bag.” (Verse 76) The narrative leaves us to imagine the great shock Jacob’s sons experienced when they were absolutely certain of their innocence, swearing to it in one voice. It mentions nothing of all this, leaving us instead to contemplate it.
Pendant ce temps, il commente certains objectifs qui se cachent derrière le récit, tandis que les fils de Jacob et les spectateurs reprennent leurs esprits : « C'est ainsi que Nous avons ourdi pour Joseph. » (Verset 76)
Meanwhile it comments on certain objectives behind the story while Jacob’s sons and the onlookers come to themselves: “Thus did We contrive for Joseph.” (Verse 76)
Cela signifie que c'est Dieu qui a conçu ce plan minutieux pour Joseph. « Il ne pouvait pas retenir son frère selon la loi du roi. » (Verset 76) S'il avait appliqué la loi du roi, il n'aurait pas pu retenir son frère ; il n'aurait pu que punir le voleur pour son vol. Il ne pouvait retenir son frère que parce que ses frères ont déclaré leur volonté d'appliquer leur propre loi. Tel est le stratagème que Dieu a conçu pour Joseph, en lui inspirant son fonctionnement, ou bien c'est ce que Dieu a « machiné » pour lui. Le « machiné », ou le mot arabe utilisé pour le désigner, kidnā, renvoie à un dessein subtil destiné à certaines fins, bonnes ou mauvaises selon le cas, mais il est plus souvent employé en vue de fins mauvaises. En apparence, tout ce dessein semblait malveillant, car il entraînait un malheur pour son jeune frère, et une situation embarrassante pour ses autres frères, qu'ils devraient affronter à leur retour auprès de leur père. De plus, ce serait un événement triste pour son père, bien que temporairement.
This means that it was God who devised this careful plan for Joseph. “He had no right under the King’s law to detain his brother.” (Verse 76) Had he applied the King’s law, he would not have been able to detain his brother; he would have only been able to punish the thief for his theft. He only could detain his brother by the fact that his brothers declared their willingness to implement their own faith. This is the scheme God made for Joseph, inspiring him with its working, or it is what God ‘contrived’ for him. ‘Contrivance’, or the Arabic word used for it, kidnā, refers to a subtle design intended for certain ends, good or bad as may be the case, but it is more often used with bad ends in mind. On the surface, this whole design seemed wicked, as it involved a misfortune happening to his young brother, and an embarrassing situation for his other brothers which they would have to face when they returned to their father. Moreover, it would be a sad event for his father, albeit temporarily.
Par conséquent, la sourate l'appelle une machination ou un complot, en employant toute la gamme des sens de ce mot, et en faisant référence à son apparition en premier lieu. C'est là un aspect de la finesse de l'expression coranique.
Hence, the sūrah calls it a contrivance or a plot, using the whole range of meanings for the word, and referring to its appearance in the first place. This is an aspect of the subtlety of Qur’ānic expression.
« Il n’avait aucun droit, selon la loi du roi, de retenir son frère, si Dieu ne l’avait pas voulu. » (Verset 76) Sa volonté suit le cours que nous avons vu. Le verset évoque ici la haute position atteinte par Joseph : « Nous élevons en science qui Nous voulons », (Verset 76) ainsi que le grand savoir qui lui a été donné, tout en nous rappelant que la science de Dieu est parfaite et complète : « Mais au-dessus de tout détenteur de science, il y a Celui qui sait tout. » (Verset 76) Cette dernière remarque est une belle manière de remettre les choses dans leur juste perspective.
“He had no right under the King’s law to detain his brother, had God not so willed.” (Verse 76) His will takes the course we have seen. The verse refers here to the high position achieved by Joseph: “We do exalt [in knowledge] whom We will,” (Verse 76) and to the great knowledge he has been given, while reminding us that God’s knowledge is perfect and complete: “But above everyone who is endowed with knowledge there is One who knows all.” (Verse 76) This last comment is a fine way of putting things in proper perspective.
Nous devons nous arrêter un instant pour réfléchir à cette belle expression coranique : « C'est ainsi que Nous conçûmes un stratagème pour Joseph. Il n'avait pas le droit de retenir son frère selon la loi du roi. » (Verset 76) Notons d'abord que, dans le texte arabe original, le Coran emploie le mot dīn pour désigner la loi et le système du roi. C'est le mot arabe signifiant « religion ». Son emploi ici précise le sens exact de dīn dans ce contexte, qui est, comme nous venons de le dire, « la loi et le système de gouvernement du roi », lequel ne punissait pas le voleur par l'esclavage.
We need to pause a little here to reflect on this fine Qur’ānic expression: “Thus did We contrive for Joseph. He had no right under the King’s law to detain his brother.” (Verse 76) We note first that in the original Arabic text the Qur’ān uses the word dīn to refer to the King’s law and system. This is the Arabic word for ‘religion’. Its usage here defines the exact meaning of dīn in this context, which is, as we have just said, ‘the King’s law and system of government,’ which did not punish a thief with slavery.
C'était la loi de Jacob, fondée sur sa foi. Les frères de Joseph acceptèrent l'application de cette loi, et Joseph l'appliqua à leur égard lorsqu'il trouva la coupe du roi dans le bagage de son jeune frère.
That was the law of Jacob based on his faith. Joseph’s brothers accepted the implementation of this law, and Joseph applied it to them when he found the King’s drinking cup in his younger brother’s camel-pack.
Ainsi, le Coran décrit un système de gouvernement et de droit comme dīn. C'est un sens que tous les gens ont oublié en ces jours d'ignorance, y compris ceux qui se disent musulmans et ceux qui suivent des systèmes non islamiques, ou jāhiliyyah (ignorance préislamique). Tous limitent la portée du dīn aux croyances et aux rites d'adoration. Ils considèrent comme adepte de la foi divine quiconque croit en l'unicité de Dieu, reconnaît la vérité transmise par Son Messager et croit aux anges de Dieu, aux livres révélés, aux messagers, au Jour du Jugement et à l'accomplissement de la volonté de Dieu, même si cette personne se soumet à la souveraineté de différents seigneurs en dehors de Dieu et la reconnaît. Le Coran définit le dīn du Roi comme son système de gouvernement et son code juridique. Il en va de même pour le dīn de Dieu, qui signifie Sa loi.
Thus the Qur’ān describes a system of government and law as dīn. It is a meaning all people have forgotten in these days of ignorance, including those who call themselves Muslims and those who follow un-Islamic systems, or jāhiliyyah. All of them limit the significance of dīn to beliefs and worship rituals. They consider anyone who believes in God’s oneness and acknowledges the truth conveyed by His Messenger and believes in God’s angels, revealed books, messengers, and in the Day of Judgement and the working of God’s will, as a follower of the divine faith. They do this even though such a person may submit to, and acknowledge, the sovereignty of different lords besides God. The Qur’ān defines the King’s dīn as his system of government and legal code. The same applies to God’s dīn, which means His law.
La signification du terme « dīn de Dieu » s’est affaiblie et réduite dans la perception des gens, au point que la plupart d’entre eux aujourd’hui le limitent aux croyances et aux rites d’adoration.
The significance of the term ‘God’s dīn’ has weakened and shrunken in people’s perception to the extent that most people today limit it to beliefs and worship rituals.
Mais tel n'était pas le cas lorsque cette dīn fut transmise par Adam et Noé jusqu'à l'époque de Muhammad ﷺ, que la paix soit sur eux tous. Elle a toujours signifié la soumission à Dieu seul, l'engagement envers Sa loi et le rejet de toute autre législation. Elle signifie également qu'Il est seul Dieu dans le ciel et Dieu sur la terre, et qu'Il est seul le Seigneur de toute l'humanité. Elle réunit ainsi la souveraineté, la loi et l'autorité de Dieu. La différence entre les croyants et les mécréants est que les premiers se soumettent à la loi de Dieu seul, tandis que ceux qui acceptent la « dīn du Roi » se soumettent au système et à la loi du Roi.
But this was not the case when this dīn was conveyed by Adam and Noah through to the days of Muĥammad (peace be upon them all). It has always meant submission to God alone, being committed to His law and rejecting any other legislation. It also signifies that He alone is God in heaven and God on earth, and that He alone is the Lord of all mankind. Thus it combines God’s sovereignty, law and authority. The difference between believers and unbelievers is that the first submit to God’s law alone, while those who accept the ‘King’s dīn’ submit to the King’s system and law.
Ou bien ils peuvent adopter un mélange des deux, se soumettant à Dieu en matière de croyance et d'adoration, et à une autre autorité en matière de systèmes et de lois. C'est un concept fondamental de la foi islamique, et il est essentiellement connu de tous.
Or they may take a mixture of the two, submitting to God in matters of belief and worship and to some other authority in matters of systems and laws. This is a basic concept of the Islamic faith and it is essentially known to all.
Certaines personnes cherchent des excuses à autrui en invoquant leur manque de compréhension de la signification du terme « dīn de Dieu », ce qui les empêche d'insister sur la mise en œuvre de la loi de Dieu, ou d'y penser. Ils affirment que leur ignorance fait qu'on ne peut pas les classer parmi les polythéistes qui associent des associés à Dieu. Pour ma part, je ne vois pas comment l'ignorance de la vérité de cette foi peut placer les gens à l'intérieur de ses limites. Croire en une certaine vérité ne vient qu'après l'avoir connue. Comment peut-on dire que des gens croient en une foi lorsqu'ils ne connaissent pas sa véritable signification ni ce qu'elle implique ?
Some people try to find excuses for people on the grounds of their lack of understanding of the significance of the term ‘God’s dīn’, which prevents them from insisting on, or thinking about, the implementation of God’s law. They say that their ignorance means that they cannot be classified as polytheists associating partners with God. For myself, I cannot see how people’s ignorance of the truth of this faith puts them within its boundaries. To believe in a certain truth comes only after knowing it. How can people be said to believe in a faith when they do not know its true significance or what it means?
Leur ignorance peut les dispenser de toute responsabilité au Jour du Jugement, ou elle peut réduire leur châtiment, ou elle peut rejeter la faute de leur échec sur ceux qui ne leur ont pas enseigné le sens véritable de cette religion de l'Islam alors qu'ils en étaient pleinement conscients. Mais c'est une affaire que Dieu tranchera comme Il le veut. La discussion sur la récompense et le châtiment dans l'au-delà est généralement vaine. Elle ne concerne pas les défenseurs de l'Islam dans cette vie. Ce qui nous importe, c'est de dire que les croyances des gens aujourd'hui ne sont pas exactement la même chose que la foi de Dieu, qui signifie, selon les déclarations coraniques claires, la loi et le système qu'Il a révélés. Quiconque se soumet à ceux-ci appartient à la foi, ou dīn, de Dieu, et quiconque se soumet au système et au code juridique du Roi appartient au dīn du Roi. Il ne peut y avoir de débat à ce sujet. Ceux qui ignorent la véritable signification de cette foi ne peuvent pas en être croyants, car leur ignorance englobe son sens fondamental. Logiquement, une personne qui ne connaît pas le sens fondamental d'une foi ne peut pas en être croyante.
Their ignorance may exempt people from accountability on the Day of Judgement, or it may reduce their punishment, or it may put the blame for their failure on those who did not teach them the true meaning of this faith of Islam when they were fully aware of it. But this is a matter that God will decide as He pleases. Argument about reward and punishment in the hereafter is generally futile. It is of no concern to the advocates of Islam in this life. What concerns us is to say that people’s beliefs today are not exactly the same as God’s faith which signifies, according to clear Qur’ānic statements, the law and system He has revealed. Whoever submits to these belongs to God’s faith, or dīn, and whoever submits to the King’s system and legal code belongs to the King’s dīn. There can be no argument over this. Those who are unaware of the true significance of this faith cannot be believers in it, because their ignorance includes its basic meaning. Logically, a person who does not know the basic meaning of a faith cannot be a believer in it.
Il est en effet bien préférable qu'au lieu de chercher des excuses à de telles personnes, nous essayions de leur expliquer clairement ce que signifie la foi, ou dīn. Elles seront alors en mesure d'accepter ou de rejeter celle-ci, en pleine connaissance des conséquences de leur réponse.
It is indeed much better that instead of trying to find excuses for such people, we should try to make clear to them what faith, or dīn signifies. They will then be in a position to either accept or reject it, fully aware of the implications of their response.
Cela est en effet préférable, tant pour nous que pour les gens eux-mêmes. C'est préférable pour nous, car cela nous décharge de la responsabilité des voies erronées que suivent les gens par suite de leur ignorance de la véritable nature et de la portée de la dīn, ignorance qui résulte de l'absence de foi en elle. Faire comprendre aux gens la portée de leur attitude, leur montrer qu'ils suivent en effet la dīn du Roi plutôt que la foi de Dieu, est aussi préférable pour eux, car cela peut les ébranler au point qu'ils décident d'abandonner leurs voies erronées et de suivre l'islam. C'est précisément ce que faisaient les messagers de Dieu, et c'est ce que doivent faire les défenseurs de la foi divine dans toutes les communautés et à toutes les époques, lorsqu'ils se trouvent face à un état de ignorance préislamique (Jahiliyyah).
This is indeed better for us and for the people themselves. It is better for us because it relieves us of the responsibility for the erroneous ways which people follow as a result of their ignorance of the true nature and significance of dīn, which results from lack of belief in it. Making the significance of their attitude clear to people, showing them that they are indeed following the King’s dīn rather than God’s faith, is also better for them as it may shake them to the extent that they decide to abandon their erroneous ways and follow Islam. That was indeed what God’s messengers did, and it is what the advocates of the divine faith should do in all communities and at all times when they confront a state of jāhiliyyah.